La Galerie

Fondée dans les années 1950 par Jacques Perrin, la Galerie Perrin cultive depuis plus d’un demi-siècle une certaine idée du goût français. Installée au 98, rue du Faubourg Saint-Honoré, à quelques pas du palais de l’Élysée, la maison s’est imposée, de Paris à Monte-Carlo et de Maastricht à New York, comme l’une des grandes adresses du mobilier et des arts décoratifs du XVIIIe siècle.

Jacques Perrin, l’exigence du chef-d’œuvre

« Le célèbre Jacques », écrivait encore la presse italienne en 2005. Jacques Perrin a bâti la réputation de la galerie sur une exigence sans concession : celle de la qualité muséale. Présente à la Biennale des antiquaires depuis sa création au Grand Palais en 1962, la maison y a montré des pièces d’exception. On y a vu une commode en laque de Criaerd, dont la forme et les bronzes répondent à ceux d’une commode du même ébéniste conservée dans la chambre du Dauphin à Versailles, et un secrétaire estampillé Jean-François Leleu, qui aurait servi à Napoléon dans son cabinet de travail des Tuileries. On y a vu aussi des chambres du XVIIIe siècle entièrement recomposées et, en 2004, une chambre sous tente évoquant les campagnes napoléoniennes, autour d’un lit de campagne d’époque Directoire.

Jacques Perrin
Jacques Perrin

Figure respectée de la profession, Jacques Perrin fait partie en 1975, avec Maurice Segoura et l’Italien Mario Bellini, des antiquaires qui répondent à l’invitation de la princesse Grace pour créer la Biennale des antiquaires de Monte-Carlo, dont il assurera la présidence. À Paris, il présidera le comité de la Biennale au sein du Syndicat national des antiquaires, convaincu que ce rendez-vous permet à Paris de tenir son rang de première capitale de l’art. Le marché pouvait changer, aimait-il rappeler ; les règles du métier et l’exigence d’excellence, elles, demeurent.

Les photographies d’archives réunies ici, où l’on voit Jacques Perrin aux côtés de Jacques Chirac, témoignent du rayonnement de la maison dans ces années-là.

Jacques Perrin et Jacques Chirac
Jacques Perrin et Jacques Chirac
Jacques Perrin et Jacques Chirac
Jacques Perrin et Jacques Chirac
Jacques Perrin et Jacques Chirac
Jacques Perrin et Jacques Chirac
Jacques Perrin et Jacques Chirac
Jacques Perrin et Jacques Chirac

Philippe Perrin, la transmission

Au début des années 2000, Jacques Perrin transmet progressivement la galerie à son fils Philippe. Spécialiste du mobilier ancien, Philippe Perrin conduit la maison sur les grandes foires internationales, tout en élargissant son regard : TEFAF à Maastricht et à New York, la BRAFA à Bruxelles, Masterpiece et Frieze Masters à Londres, The Winter Show à New York, Fine Arts Paris & La Biennale. « Le mobilier ancien haut de gamme se fait de plus en plus rare », observait-il en 2022 dans Les Echos. Depuis, la galerie fait une place croissante à la peinture et à la sculpture, à l’image du portrait du comte de Beaujolais par Victor-Amédée Faure, qui appartint à Valéry Giscard d’Estaing.

Au fil des décennies, la galerie a contribué à enrichir les collections du musée du Louvre, du château de Versailles, du Mobilier national et du musée de Marly, comme celles du Metropolitan Museum of Art et du J. Paul Getty Museum.

Aujourd’hui

Philippe Perrin poursuit aujourd’hui cette histoire aux côtés de Gabriel Perrin, troisième génération de la famille. Dans les salons du Faubourg Saint-Honoré, la galerie réunit tableaux et dessins anciens, sculptures, mobilier, objets d’art et céramiques. Elle fait volontiers dialoguer le goût français avec l’art italien d’après-guerre et la création contemporaine. Les expositions « Éloge de la sculpture, 1600-1900 » et « Dalpayrat, du symbolisme à l’Art nouveau » en témoignent, comme « L’Œil Nomade » et « The Nomadic Eye II », imaginées avec Valérie Cueto. Chez les Perrin, l’œil se fait nomade, mais l’exigence demeure.

La galerie vous accueille du lundi au samedi, de 10 h à 19 h, et le dimanche sur rendez-vous. N’hésitez pas à nous contacter.

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