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Pierre-Adrien Dalpayrat, Masque d’homme souriant, vers 1890-1900

Pierre-Adrien Dalpayrat

Masque d’homme souriant, vers 1890-1900
grès émaillé
22.5 x 18 cm.
8 7/8 x 7 1/8 in.
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D’une grande expressivité, notre masque représente un visage masculin âgé, le crâne dégarni, un large sourire dévoile ses dents et fait plisser ses yeux et ses joues. Les traits et la grande expressivité du personnage sont rehaussés par un émail aux tons ocres, marrons et verts. À l'instar des peintres et sculpteurs symbolistes, Dalpayrat utilise l'homme, l'animal et la nature dans ses compositions. Il se distinguent de nombre de ses collègues par sa volonté de conférer à un simple vase un sens, un symbole, une idée métaphysique comme en témoignent les vases et vide-poche ornés d’animaux, de motifs végétaux. Dalpayrat est ainsi fasciné par les formes organiques, l’effet du temps sur les êtres et les choses vivants. Ces conséquences physiques deviennent sa préoccupation esthétique, qu'il s'agisse de la forme comme de la surface des objets qu'il conçoit. Il s'agit de sublimer les fruits de la nature, de montrer leur beauté intrinsèque en les figeant sous une glaçure sang-de-bœuf clairsemée de tâches jaunes, bleues, ou d'un gris anthracite. La glaçure, recouvrant la forme, avec ses coulures, ses accidents, ses contrastes, est ici au service de l’expressivité du visage. Tout comme Carriès, Dalpayrat s’intéresse à « l’inquiétante étrangeté » que représente les masques à la fois de l’art médiéval gothique, du théatre japonais ou de la Commedia del Arte mais aussi des sculpteurs épris de physiognomonie, comme Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783), qui ont étudié tant les grimaces du visage humain que ses analogies avec le monde animal. Mais c’est surtout en 1889, lorsqu’il installe son propre atelier à Bourg la Reine et commence à collaborer avec le sculpteur Alphonse Voisin-Delacroix (1857-1893), que Dalpayrat aborde une production tout à fait originale (fig.2, 3 et 4). Ensemble, ils exploitent un bestiaire proche du néo-gothisme. Leur première exposition en décembre 1892 à la Galerie Georges Petit (1856-1920) est saluée par l'enthousiasme du public et se prolongea par l'Exposition universelle de Chicago en 1893, puis un second contrat prévoyant une exclusivité réciproque pour une période de douze années qui s'arrêta par la mort de Voisin Delacroix à la suite d'une pleurésie le 2 avril 1893. Les masques, ou figures, constituent également pour Dalpayrat un nouveau champ commercial, ouvert lorsqu’il s’associe ensuite à Adèle Lesbros. Ainsi en 1894, lors de sa première grande exposition à la Galerie Georges Petit, la Revue des Arts Décoratifs remarque la diversification de la production. Dans Le Monde artiste, Pierre Sandoz loue les travaux des deux associés qui « ont créé de toutes pièces un style moderne et d'une personnalité rare ». Il remarque entre autres des « masques qui ont l'apparence de bronzes patinés merveilleusement » ou une « adorable tête d'enfant à l'expression si douce, si vraiment innocente, émergent d'entre un fouillis d'étoffes savamment rendues ». « Cette fois, M. Dalpayrat, plus sûr de ses moyens, n'a pas hésité à demander à la sculpture son aide et sa collaboration. » Le Musée national de la Céramique à Sèvres fait l'acquisition d'une de ces têtes, probablement à la suite de cette exposition. L’année suivante, il présentera un masque représentant une tête de Kabyle. Masques et têtes d'enfants constituent des sujets que Jean Carriès et les céramistes qui gravitent autour de lui, ont également beaucoup employé à la même période. Fig. 2 : Voisin-Dalpayrat, Commedia del arte Fig. 2 : Voisin-Dalpayrat, Commedia del arte Grès émaillé, collection particulière Grès émaillé, collection particulière Fig. 3 : Voisin-Dalpayrat, Vase avec un visage, 1892-93 grès émaillé, Metropolitan Museum Pierre-Adrien Dalpayrat, Mascaron, grès émaillé gris à patine verte, 21 x 19 x 7,7 cm, signé en creux au dos, cachet à la grenade éclatée, Musée de Reims. Pierre-Adrien Dalpayrat, Masque souriant, grès émaillé, Musée Dalpayrat, Bourg la Reine Pierre-Adrien Dalpayrat nait le 14 avril 1844 à Limoges. Il fréquente à partir de 1859 l'école de dessin, puis l'école pratique de peinture sur porcelaine de Limoges. Cette formation acquise, il entre à la faïencerie Jules Vieillard et Cie à Bordeaux, ville où il épouse Marie Tallerie le 17 mai 1866. En 1873, il quitte cette fabrique pour rentrer à Limoges où il est embauché chez Léon Sazerat (1831-1891). En 1874, il reprend la route et travaille aux faïenceries Ashwin à Valentine. Un an après, il entre à la faïencerie Fouquet à Toulouse. Sa fille Julie naquit dans cette ville en 1878. Il quitte cette faïencerie en 1876 ou en 1878 pour prendre la direction de la fabrique de François Blanc à Monaco. En 1885, il accompagne Léopold Magnat et sa femme. Ils quittent François Blanc et vont s'installer à Menton.Après le tremblement de terre de 1887 qui détruit leur atelier, il retourne chez Léon Sazerat à Limoges. En 1889, il ouvre sa propre faïencerie à Bourg-la-Reine. Il s'installe d'abord aux nos 5 et 7 Grande-Rue (actuels nos 31 et 33 avenue du Général-Leclerc), où se trouve également la fabrique de Jules Edouard et d'Ernest-Louis Carron1, puis ils annexeront le no 9. Il semble qu'il ait également demeuré au no 22 Grande-Rue pour déménager en 1895 au no 19. Vers 1889, il utilise le four de Jean-Charles Auboin (1731-1809) et de ses fils, autres faïenciers célèbres de Bourg-la-Reine, également installés aux nos 31 et 33, et qui travaillent avec Pardoux, autre céramiste de Bourg-la-Reine, célèbre pour ses grès flambés jaspés. Il emploie son épouse, Marie Tallerse, et leurs enfants Albert, Adolphe, Hippolyte et Paul. Il acquiert une maîtrise du travail du grès et donne son nom au « rouge Dalpayrat ». Cette nuance fit sa renommée internationale. Il l'obtient en utilisant l'oxyde de cuivre et en maîtrisant l’atmosphère, la durée de cuisson, ainsi que la température pour obtenir des effets inédits d'une teinte rouge sang de bœuf. En 1892, il signe un premier contrat de collaboration avec le sculpteur Alphonse Voisin-Delacroix (1857-1893) et un second prévoyant une exclusivité réciproque pour une durée de douze ans. Il remporte un grand succès lors de l'exposition de ses œuvres à la galerie Georges Petit. En 1893, il fait la connaissance de la suédoise Agnès de Frumerie (1896-1937) avec qui il va collaborer quelque temps, mais les différences de caractère vont mettre un terme rapide à cette collaboration. Cette même année, il participe à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago. La collaboration avec Voisin-Delacroix va cesser brusquement à la suite de la mort du sculpteur, le 2 avril 1893. Il s'associe alors jusqu'en 1901 à Adèle Lesbros, qui lui apporte un soutien financier. Également collaborateur de Jean Coulon à partir de 1894, il connaît un beau succès avec ses grès flammés estampillés « à la Grenade ». Malgré cela, son entreprise connaît des difficultés financières récurrentes, ce qui l'oblige à orienter sa production vers des faïences plus classiques. Le 16 avril 1898, il marie sa fille, Julie à Paul Martial Dalpayrat, un cousin miroitier, à la mairie de Bourg-la-Reine. Il reçoit une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1900, ainsi que les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. Il s'adjoint la collaboration de deux grands orfèvres, les joailliers parisiens Ernest Cardeilhac et Keller avec qui il va produire des pièces montées en bronze doré. Malgré cela, l'entreprise connaît toujours des difficultés et doit fermer en 1906. Pierre-Adrien Dalpayrat se retire alors dans sa ville natale où il meurt le 10 août 1910.
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Highly expressive, our mask depicts an elderly male face with a bald head and a broad smile revealing his teeth and causing his eyes and cheeks to crinkle. The character's features and expressiveness are enhanced by ochre, brown, and green enamel. Like the Symbolist painters and sculptors, Dalpayrat uses humans, animals, and nature in his compositions. He stands out from many of his colleagues in his desire to give a simple vase meaning, symbolism, and a metaphysical idea, as evidenced by his vases and trinket dishes decorated with animals and plant motifs. Dalpayrat was fascinated by organic forms and the effect of time on living beings and things. These physical consequences became his aesthetic preoccupation, whether in terms of the form or the surface of the objects he designed. The aim is to sublimate the fruits of nature, to show their intrinsic beauty by freezing them under a blood-red glaze dotted with yellow, blue, or anthracite gray spots. The glaze, covering the form with its drips, accidents, and contrasts, serves to enhance the expressiveness of the face. Like Carriès, Dalpayrat was interested in the “uncanny strangeness” represented by masks in medieval Gothic art, Japanese theater, and the Commedia dell'Arte, as well as by sculptors fascinated by physiognomy, such as Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783), who studied both the grimaces of the human face and its analogies with the animal world. But it was above all in 1889, when he set up his own studio in Bourg la Reine and began collaborating with the sculptor Alphonse Voisin-Delacroix (1857-1893), that Dalpayrat embarked on a wholly original body of work (figs. 2, 3, and 4). Together, they drew on a bestiary reminiscent of neo-Gothicism. Their first exhibition in December 1892 at the Galerie Georges Petit (1856-1920) was enthusiastically received by the public and was followed by the World's Fair in Chicago in 1893, followed by a second contract providing for mutual exclusivity for a period of twelve years, which ended with the death of Voisin Delacroix from pleurisy on April 2, 1893. Masks, or figures, also represented a new commercial field for Dalpayrat, which opened up when he subsequently joined forces with Adèle Lesbros. Thus, in 1894, during his first major exhibition at the Galerie Georges Petit, the Revue des Arts Décoratifs noted the diversification of his production. In Le Monde artiste, Pierre Sandoz praised the work of the two partners, who “created from scratch a modern style with a rare personality.” Among other things, he noted “masks that look like beautifully patinated bronzes” and an “adorable child's head with such a gentle, truly innocent expression, emerging from a jumble of skillfully rendered fabrics.” "This time, Mr. Dalpayrat, more confident in his abilities, did not hesitate to ask the sculptor for his help and collaboration. The National Ceramics Museum in Sèvres acquired one of these heads, probably as a result of this exhibition. The following year, he presented a mask representing a Kabyle head. Masks and children's heads were subjects that Jean Carriès and the ceramists who gravitated around him also used extensively during the same period. Fig. 2 : Voisin-Dalpayrat, Commedia del arte Fig. 2 : Voisin-Dalpayrat, Commedia del arte Glazed stoneware, private collection Glazed stoneware, private collection Fig. 3 : Voisin-Dalpayrat, Vase with a face, 1892-93 glazed stoneware, Metropolitan Museum of Art Pierre-Adrien Dalpayrat, Mascaron, glazed stoneware, signed in intaglio on the reverse, stamped with a burst pomegranate, Musée de Reims. Pierre-Adrien Dalpayrat, Smiling mask, glazed stoneware, Musée Dalpayrat, Bourg la Reine Pierre-Adrien Dalpayrat was born on April 14, 1844, in Limoges. From 1859, he attended the drawing school, then the practical school of porcelain painting in Limoges. After completing his training, he joined the Jules Vieillard et Cie earthenware factory in Bordeaux, where he married Marie Tallerie on May 17, 1866. In 1873, he left the factory to return to Limoges, where he was hired by Léon Sazerat (1831-1891). In 1874, he hit the road again, working at the Ashwin earthenware factory in Valentine. A year later, he joined the Fouquet earthenware factory in Toulouse. His daughter Julie was born there in 1878. He left Fouquet in 1876 or 1878 to manage François Blanc's factory in Monaco. In 1885, he accompanied Léopold Magnat and his wife. They left François Blanc and moved to Menton. After the earthquake of 1887 destroyed their workshop, he returned to Léon Sazerat in Limoges. In 1889, he opened his own earthenware factory in Bourg-la-Reine. He first set up shop at nos. 5 and 7 Grande-Rue (now nos. 31 and 33 avenue du Général-Leclerc), where Jules Edouard and Ernest-Louis Carron's1 factory was also located, before moving to no. 9. It seems that he also lived at no. 22 Grande-Rue, before moving to no. 19 in 1895. Around 1889, he used the kiln of Jean-Charles Auboin (1731-1809) and his sons, other famous Bourg-la-Reine earthenware makers, also located at nos. 31 and 33, who worked with Pardoux, another Bourg-la-Reine ceramist, famous for his flamed, mottled stoneware. He employs his wife, Marie Tallerse, and their children Albert, Adolphe, Hippolyte and Paul. He mastered stoneware and gave his name to “Dalpayrat red”. This shade made him internationally famous. He obtained it by using copper oxide and mastering the atmosphere, firing time and temperature to obtain unprecedented ox-blood red effects. In 1892, he signed a first collaboration contract with the sculptor Alphonse Voisin-Delacroix (1857-1893), and a second providing for mutual exclusivity for twelve years. His exhibition at the Galerie Georges Petit was a great success. In 1893, he met the Swedish artist Agnès de Frumerie (1896-1937), with whom he collaborated for some time, but their differences of character soon put an end to the collaboration. That same year, he took part in the 1893 Exposition Universelle in Chicago. The collaboration with Voisin-Delacroix ended abruptly following the sculptor's death on April 2, 1893. Adrien Dalpayrat was a member of the jury at the Progrès exhibition in Paris in 1893, at the Book exhibition in 1894, at the Labor exhibition in 1895, won a gold medal at the Marseille industrial exhibition in 1893, an honorary diploma at the Friends of Decorative Arts exhibition in Nantes in 1896 and at the Ceramics and Fire Arts exhibition in Paris the following year. The ceramist thus played a full part in the revival of the arts that was taking place in Europe and the wider Western world. His pieces were exhibited not only in France, but also in Brussels at the annual “La Libre Esthétique” exhibition in 1895, in Liège the same year, in St. Petersburg in 1896 and in Moscow in 1897. He benefited from a growing network of dealers, including Siegfried Bing (1838-1905), who opened the gallery L'Art nouveau in December 1895 on rue de Provence in Paris. After the death of Voisin-Delacroix, he went into partnership with Adèle Lesbros, who provided him with financial support until 1901. Also collaborating with Jean Coulon from 1894, he enjoyed great success with his flamed stoneware stamped “à la Grenade”. Despite this, his company experienced recurring financial difficulties, forcing him to shift production to more classical earthenware. He was awarded a gold medal at the 1900 Exposition Universelle, as well as the insignia of Chevalier de la Légion d'Honneur. He enlisted the help of two great goldsmiths, the Parisian jewelers Ernest Cardeilhac and Keller, with whom he produced pieces mounted in gilded bronze. Despite this, the company continued to experience difficulties and was forced to close in 1906. Pierre-Adrien Dalpayrat retired to his hometown, where he died on August 10, 1910.
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Provenance

collection privée
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