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Enrico Castellani, Superficie bianca, 1979
Enrico Castellani, Superficie bianca, 1979

Enrico Castellani

Superficie bianca, 1979
Acrylique sur toile en relief
100 x 150 cm
39 3/8 x 59 in
Demande d'information
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Figure fondamentale de l'avant-garde européenne de l'après-guerre, Enrico Castellani appartient à cette génération d'artistes italiens qui, à la fin des années 1950, entreprend de redéfinir radicalement la nature même de...
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Figure fondamentale de l'avant-garde européenne de l'après-guerre, Enrico Castellani appartient à cette génération d'artistes italiens qui, à la fin des années 1950, entreprend de redéfinir radicalement la nature même de la peinture.

Formé à l'architecture en Belgique, Castellani développe une conception de l'œuvre fondée sur la structure, le rythme et l'espace. À Milan, il découvre les recherches de Lucio Fontana, dont les perforations et les incisions de la toile remettent en question les limites traditionnelles du tableau.

En 1959, il fonde avec Piero Manzoni la galerie Azimut et la revue Azimuth, qui deviennent rapidement des foyers essentiels de l'avant-garde européenne. Leur ambition commune est de dépasser la peinture informelle et l'expression subjective pour inventer un langage artistique entièrement nouveau.

Tandis que Manzoni explore la neutralité de la matière à travers ses Achromes, Castellani entreprend de transformer physiquement la surface de la toile.

Ses premières Superfici, réalisées dès 1959, inaugurent un procédé qui deviendra sa signature : une toile monochrome tendue sur un système de clous disposés selon une organisation rigoureuse, créant une alternance de reliefs et de dépressions.

La lumière devient ainsi le véritable sujet de la peinture. Selon l'éclairage et les déplacements du spectateur, les ombres se déplacent, les volumes apparaissent ou s'effacent, transformant une structure immobile en une expérience visuelle constamment renouvelée.

Cette recherche s'inscrit dans les préoccupations du mouvement ZERO, notamment celles de Heinz Mack, Otto Piene et Günther Uecker, qui cherchent à substituer à la composition traditionnelle une exploration de la lumière, de l'espace et de la perception.

Réalisée en 1979, Superficie bianca témoigne de la pleine maturité de ce langage. Vingt ans après ses premières expérimentations, Castellani maîtrise parfaitement les possibilités plastiques de la toile en relief.

La composition repose sur une succession de tensions régulières qui créent une topographie subtile, presque architecturale. Le blanc, loin de constituer une absence de couleur, permet à la lumière de révéler chaque variation de la surface.

L'œuvre possède cette qualité paradoxale propre aux plus belles réalisations de Castellani : une extrême rigueur géométrique associée à une impression de mouvement et de vibration.

À la différence de Fontana, qui ouvre physiquement la toile vers l'espace situé derrière elle, Castellani fait surgir cet espace de l'intérieur même du tableau. Sa peinture devient un bas-relief dont la matérialité n'existe pleinement que dans sa rencontre avec la lumière.

L'importance historique de cette démarche est reconnue très tôt aux États-Unis. Dans son essai fondateur Specific Objects (1965), Donald Judd évoque les œuvres de Castellani comme des surfaces constituées de champs réguliers d'éléments en bas-relief. Il reconnaît ainsi dans ses recherches l'une des voies annonciatrices du minimalisme américain.

Présentée dans deux expositions personnelles dès 1979, puis à Lecco en 1980, cette Superficie bianca appartient à une période où Castellani poursuit, avec une remarquable constance, une recherche qui a profondément modifié les frontières entre peinture, sculpture et architecture.

Authentification : certificat photographique d'authenticité délivré par l'Archivio Castellani, Milan. Œuvre enregistrée sous le numéro 79-024.

Principales expositions institutionnelles de l'artiste
1962 — Nul 62, Stedelijk Museum, Amsterdam.
1964 — Group Zero, Institute of Contemporary Art, Philadelphie.
1964 et 1966 — Biennale de Venise.
1965 — The Responsive Eye, Museum of Modern Art, New York.
1965 — Nul 65, Stedelijk Museum, Amsterdam.
1968 — documenta 4, Cassel.
1981 — Identité italienne, Centre Georges Pompidou, Paris.
2001 — Rétrospective, Fondazione Prada, Milan.
2002 — Enrico Castellani, Kettle's Yard, Cambridge.
2014–2015 — ZERO: Countdown to Tomorrow, Solomon R. Guggenheim Museum, New York.

Collections institutionnelles
Les œuvres de Castellani figurent notamment dans les collections du Museum of Modern Art de New York, du Solomon R. Guggenheim Museum, de la Peggy Guggenheim Collection à Venise et du Centre Pompidou à Paris.
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Provenance

Borromini Arte Contemporanea, Piémont Collection particulière, acquise dans les années 1990 Sotheby's, Milan, 25 novembre 2008, lot 104 Collection particulière, Londres

Expositions

1979 — Enrico Castellani, Galleria Arte al Borgo, Palerme, 4–26 mai. 1979 — Enrico Castellani, Galleria Emilio Mazzoli, Modène, 19 juillet – 15 septembre. 1980 — Enrico Castellani, Galleria Giuli, Lecco.

Literature

Enrico Castellani. Catalogo ragionato, tome II, Opere 1955–2005, Archivio Castellani / Skira, Milan, 2012, n° 484, p. 452, reproduit en noir et blanc.
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