Jean-Charles Geslin
L'église de San Caio à Rome (démolie en 1881), 1845
Huile sur toile marouflée sur carton
30.5 x 25.5 cm
12 x 10 in
12 x 10 in
Jean-Charles Geslin entre à l'École des Beaux-Arts en 1830, à quinze ans. Après des débuts en architecture, il rejoint l'atelier du peintre François-Édouard Picot et développe un intérêt marqué pour...
Jean-Charles Geslin entre à l'École des Beaux-Arts en 1830, à quinze ans. Après des débuts en architecture, il rejoint l'atelier du peintre François-Édouard Picot et développe un intérêt marqué pour l'archéologie. Il expose une Vue intérieure de la basilique de Saint-Denis au Salon de 1841, puis part en Italie où il passe trois ans à peindre des paysages de Rome, de Naples et de Pompéi, en se concentrant sur les sites antiques. Son séjour en Italie, entre 1843 et 1846, influence durablement son œuvre, notamment par son étude des collections du Musée Bourbon de Naples. Grâce à sa double formation en peinture et en architecture, il reçoit plusieurs commandes officielles. Sous le Second Empire, il se tourne principalement vers l'archéologie et contribue à la collection Campana du Louvre.
Notre tableau représente l'église San Caio à Rome, démolie en 1881 pour faire place à la construction du Ministère de la Guerre. Cette scène, parfois appelée « vicolo sterrato » (ruelle non pavée), témoigne d'une Rome disparue, d'une ville transformée par la modernité et le développement urbain.
On y voit trois personnages pittoresques : une religieuse, un berger et une ciociara, habitante des campagnes du Latium, incarnant le peuple romain d'autrefois. À travers eux se raconte la vie quotidienne d'une époque où Rome était encore majoritairement peuplée par le clergé, les artisans, et les derniers représentants d'une noblesse en déclin.
La rue figurée dans le tableau correspond à l'actuelle montée de San Nicola da Tolentino, qui longe aujourd'hui le flanc est du palais Barberini. C'est précisément dans cette rue que se trouvait autrefois l'Apollon des Barberini, visible ici dans sa position d'origine, et désormais conservé dans les jardins du palais.
Ce témoignage visuel est bien plus qu'un simple souvenir architectural : il capture une atmosphère, une identité romaine aujourd'hui révolue.
L'église fut construite en 1631 à l'initiative du pape Urbain VIII, à la demande de quelques nobles originaires de Dalmatie, fervents dévots de saint Caïus, pape du IIIe siècle. Ces nobles s'étaient rendus à Rome dans l'espoir de retrouver les vestiges de l'antique Titulus Gai, l'un des premiers titres ecclésiastiques de la ville. Le nouvel édifice sacré fut érigé adossé à des structures datant du IIIe siècle, identifiées par certains chercheurs comme les restes de ce très ancien titre chrétien.
Notre tableau représente l'église San Caio à Rome, démolie en 1881 pour faire place à la construction du Ministère de la Guerre. Cette scène, parfois appelée « vicolo sterrato » (ruelle non pavée), témoigne d'une Rome disparue, d'une ville transformée par la modernité et le développement urbain.
On y voit trois personnages pittoresques : une religieuse, un berger et une ciociara, habitante des campagnes du Latium, incarnant le peuple romain d'autrefois. À travers eux se raconte la vie quotidienne d'une époque où Rome était encore majoritairement peuplée par le clergé, les artisans, et les derniers représentants d'une noblesse en déclin.
La rue figurée dans le tableau correspond à l'actuelle montée de San Nicola da Tolentino, qui longe aujourd'hui le flanc est du palais Barberini. C'est précisément dans cette rue que se trouvait autrefois l'Apollon des Barberini, visible ici dans sa position d'origine, et désormais conservé dans les jardins du palais.
Ce témoignage visuel est bien plus qu'un simple souvenir architectural : il capture une atmosphère, une identité romaine aujourd'hui révolue.
L'église fut construite en 1631 à l'initiative du pape Urbain VIII, à la demande de quelques nobles originaires de Dalmatie, fervents dévots de saint Caïus, pape du IIIe siècle. Ces nobles s'étaient rendus à Rome dans l'espoir de retrouver les vestiges de l'antique Titulus Gai, l'un des premiers titres ecclésiastiques de la ville. Le nouvel édifice sacré fut érigé adossé à des structures datant du IIIe siècle, identifiées par certains chercheurs comme les restes de ce très ancien titre chrétien.
