Stefano Maderno
Apollon et Marsyas, Italie, après 1622
Terre cuite
H. 63,5 cm ; L. 30 cm ; P. 28 cm
H. 24 3/4 in ; W. 11 3/4 in ; D. 11 in
H. 24 3/4 in ; W. 11 3/4 in ; D. 11 in
Plus d'images
La composition représente le supplice de Marsyas, attaché à un tronc d'arbre, tandis qu'Apollon se tient à ses côtés. La longue silhouette nue du satyre, le bras relevé et lié...
La composition représente le supplice de Marsyas, attaché à un tronc d'arbre, tandis qu'Apollon se tient à ses côtés. La longue silhouette nue du satyre, le bras relevé et lié au-dessus de la tête, ainsi que le traitement de la musculature donnent à la scène une forte verticalité, organisée autour du tronc qui en constitue l'axe central. Seule version connue de ce sujet dans l'œuvre de Stefano Maderno, cette terre cuite témoigne de son intérêt pour la mythologie et pour la réinterprétation des modèles de la sculpture antique.
La figure de Marsyas s'inscrit en effet dans une tradition iconographique ancienne. Sa pose reprend le type hellénistique du Marsyas supplicié, notamment connu par l'exemplaire des musées du Capitole (Marsyas écorché, copie romaine d'après un original grec du IIe siècle av. J.-C., marbre pavonazzetto), auquel Maderno associe ici la présence d'Apollon. Le choix même d'une terre cuite rouge pourrait faire écho au porphyre, matériau employé dans l'Antiquité et fréquemment associé aux représentations de Marsyas. D'autres références à la statuaire antique apparaissent dans la composition : le corps et l'attitude de Marsyas évoquent également le Laocoon du Vatican, tandis que la coiffure d'Apollon rappelle celle de l'Apollon du Belvédère. Cette dernière trouve par ailleurs un écho dans l'Apollon et Daphné du Bernin, exécuté à partir de 1622 (Rome, Galleria Borghese). Inconnue en 1966, l'œuvre ne figure pas dans le catalogue de Cellini, mais son attribution à Maderno a depuis été retenue dans la littérature récente. Nous pouvons la rapprocher étroitement des bozzetti en terre cuite autrefois conservés à Venise dans la collection Farsetti et aujourd'hui à l'Ermitage. Il relève notamment des similitudes avec la figure d'Anthée dans Hercule et Anthée, en particulier dans le traitement très dessiné des mèches de cheveux.
État de conservation : petites restaurations au niveau des mains droites de Marsyas et d'Apollon ; réparation de la craquelure au niveau de la base entre l'arc et le pied gauche d'Apollon.
Stefano Maderno (1576-1636)
Stefano Maderno, originaire de la région de Côme, fut l'un des principaux sculpteurs actifs à Rome au tournant des XVIe et XVIIe siècles. Formé au contact de la sculpture antique, qu'il étudia et restaura, il développa un langage à la croisée de l'héritage maniériste, de l'observation des modèles classiques et des nouvelles recherches naturalistes du début du XVIIe siècle. Sa renommée est notamment liée à la Sainte Cécile de Santa Cecilia in Trastevere, exécutée autour de 1600. Parallèlement à ses commandes monumentales, Maderno réalisa de nombreux modèles et petites sculptures en terre cuite, dans lesquels il aborda aussi bien des sujets religieux que mythologiques.
La figure de Marsyas s'inscrit en effet dans une tradition iconographique ancienne. Sa pose reprend le type hellénistique du Marsyas supplicié, notamment connu par l'exemplaire des musées du Capitole (Marsyas écorché, copie romaine d'après un original grec du IIe siècle av. J.-C., marbre pavonazzetto), auquel Maderno associe ici la présence d'Apollon. Le choix même d'une terre cuite rouge pourrait faire écho au porphyre, matériau employé dans l'Antiquité et fréquemment associé aux représentations de Marsyas. D'autres références à la statuaire antique apparaissent dans la composition : le corps et l'attitude de Marsyas évoquent également le Laocoon du Vatican, tandis que la coiffure d'Apollon rappelle celle de l'Apollon du Belvédère. Cette dernière trouve par ailleurs un écho dans l'Apollon et Daphné du Bernin, exécuté à partir de 1622 (Rome, Galleria Borghese). Inconnue en 1966, l'œuvre ne figure pas dans le catalogue de Cellini, mais son attribution à Maderno a depuis été retenue dans la littérature récente. Nous pouvons la rapprocher étroitement des bozzetti en terre cuite autrefois conservés à Venise dans la collection Farsetti et aujourd'hui à l'Ermitage. Il relève notamment des similitudes avec la figure d'Anthée dans Hercule et Anthée, en particulier dans le traitement très dessiné des mèches de cheveux.
État de conservation : petites restaurations au niveau des mains droites de Marsyas et d'Apollon ; réparation de la craquelure au niveau de la base entre l'arc et le pied gauche d'Apollon.
Stefano Maderno (1576-1636)
Stefano Maderno, originaire de la région de Côme, fut l'un des principaux sculpteurs actifs à Rome au tournant des XVIe et XVIIe siècles. Formé au contact de la sculpture antique, qu'il étudia et restaura, il développa un langage à la croisée de l'héritage maniériste, de l'observation des modèles classiques et des nouvelles recherches naturalistes du début du XVIIe siècle. Sa renommée est notamment liée à la Sainte Cécile de Santa Cecilia in Trastevere, exécutée autour de 1600. Parallèlement à ses commandes monumentales, Maderno réalisa de nombreux modèles et petites sculptures en terre cuite, dans lesquels il aborda aussi bien des sujets religieux que mythologiques.
