D'après Pierre Chareau
Miroir éclairant « MG 311 », Paris, vers 1929 ; réédition des années 1960 par Écart International
Fer forgé patiné, métal chromé, ivoirine et miroir
H. 83 cm ; L. 33 cm
H. 32 5/8 in ; W. 13 in
H. 32 5/8 in ; W. 13 in
Parmi les créations les plus emblématiques de Pierre Chareau, ce miroir réglable résume avec une remarquable économie de moyens l'essence même de son œuvre. Architecte autant que designer, Chareau demeure...
Parmi les créations les plus emblématiques de Pierre Chareau, ce miroir réglable résume avec une remarquable économie de moyens l'essence même de son œuvre. Architecte autant que designer, Chareau demeure une figure impossible à enfermer dans une catégorie unique. Son travail se situe au croisement de l'architecture, de l'ébénisterie, de la ferronnerie et de l'ingénierie, où chaque objet devient un véritable dispositif plutôt qu'un simple meuble.
L'association de matériaux industriels, ici le fer et la tôle, avec un détail précieux tel que la poignée en ivoirine est caractéristique de son vocabulaire. Cette confrontation entre l'univers de l'atelier, de la mécanique et celui des matériaux raffinés constitue l'une des signatures de son œuvre. Chareau ne cherche jamais l'ornement gratuit : la beauté naît de la fonction, de la précision constructive et de la qualité des matériaux, dont les contrastes deviennent eux-mêmes un langage plastique.
Le miroir lui-même est pensé comme un objet mobile. Grâce à son système de coulissement vertical, il s'adapte à son utilisateur plutôt que d'imposer une position fixe. Cette idée de transformation permanente traverse toute l'œuvre de Chareau. Dans la Maison de Verre (Paris, 1932) comme dans son mobilier, les cloisons pivotent, les panneaux glissent, les escaliers disparaissent, les luminaires s'orientent : l'architecture devient un organisme capable d'évoluer avec les gestes quotidiens. Plus qu'un objet fonctionnel, ce miroir illustre cette volonté de multiplier les usages et les possibilités d'un espace, faisant de la mobilité un véritable principe esthétique. Une version de ce modèle figurait dans l'appartement de M. Fahri (Paris, 1932), témoignant de la diffusion de cette création parmi les intérieurs les plus raffinés de son époque.
Pierre Chareau (1883-1950)
Pierre Chareau naît à Bordeaux en 1883 et se forme à l'École des Beaux-Arts avant d'entamer une carrière de créateur de mobilier et de décorateur. Dans les années 1920, il développe un langage profondément personnel, associant bois précieux, métal, verre et dispositifs mécaniques innovants. Son chef-d'œuvre demeure la Maison de Verre (1928-1932), réalisée à Paris avec Bernard Bijvoet et le ferronnier Louis Dalbet, aujourd'hui considérée comme l'un des monuments fondateurs de l'architecture moderne. Contraint à l'exil pendant la Seconde Guerre mondiale en raison de ses origines juives, il s'installe à New York où il poursuit une activité plus discrète jusqu'à sa mort en 1950. Son œuvre, relativement peu abondante, est aujourd'hui considérée comme l'une des plus originales du design et de l'architecture du XXe siècle, précisément parce qu'elle réussit à concilier l'invention technique, la poésie des matériaux et une conception profondément moderne de l'habitat.
L'association de matériaux industriels, ici le fer et la tôle, avec un détail précieux tel que la poignée en ivoirine est caractéristique de son vocabulaire. Cette confrontation entre l'univers de l'atelier, de la mécanique et celui des matériaux raffinés constitue l'une des signatures de son œuvre. Chareau ne cherche jamais l'ornement gratuit : la beauté naît de la fonction, de la précision constructive et de la qualité des matériaux, dont les contrastes deviennent eux-mêmes un langage plastique.
Le miroir lui-même est pensé comme un objet mobile. Grâce à son système de coulissement vertical, il s'adapte à son utilisateur plutôt que d'imposer une position fixe. Cette idée de transformation permanente traverse toute l'œuvre de Chareau. Dans la Maison de Verre (Paris, 1932) comme dans son mobilier, les cloisons pivotent, les panneaux glissent, les escaliers disparaissent, les luminaires s'orientent : l'architecture devient un organisme capable d'évoluer avec les gestes quotidiens. Plus qu'un objet fonctionnel, ce miroir illustre cette volonté de multiplier les usages et les possibilités d'un espace, faisant de la mobilité un véritable principe esthétique. Une version de ce modèle figurait dans l'appartement de M. Fahri (Paris, 1932), témoignant de la diffusion de cette création parmi les intérieurs les plus raffinés de son époque.
Pierre Chareau (1883-1950)
Pierre Chareau naît à Bordeaux en 1883 et se forme à l'École des Beaux-Arts avant d'entamer une carrière de créateur de mobilier et de décorateur. Dans les années 1920, il développe un langage profondément personnel, associant bois précieux, métal, verre et dispositifs mécaniques innovants. Son chef-d'œuvre demeure la Maison de Verre (1928-1932), réalisée à Paris avec Bernard Bijvoet et le ferronnier Louis Dalbet, aujourd'hui considérée comme l'un des monuments fondateurs de l'architecture moderne. Contraint à l'exil pendant la Seconde Guerre mondiale en raison de ses origines juives, il s'installe à New York où il poursuit une activité plus discrète jusqu'à sa mort en 1950. Son œuvre, relativement peu abondante, est aujourd'hui considérée comme l'une des plus originales du design et de l'architecture du XXe siècle, précisément parce qu'elle réussit à concilier l'invention technique, la poésie des matériaux et une conception profondément moderne de l'habitat.
