Louis Moreau
Mobilier de salon comprenant une paire de canapés et une paire de fauteuils, Paris, vers 1780-1790
Acajou et placage d'acajou
Fauteuils : H. 88,2 cm ; L. 60 cm ; P. 50 cm – Canapés : H. 93,2 cm ; L. 113,5 cm ; P. 56 cm
Armchairs: H. 34 3/4 in ; W. 23 5/8 in ; D. 19 5/8 in – Settees: H. 36 3/4 in ; W. 44 5/8 in ; D. 22 in
Armchairs: H. 34 3/4 in ; W. 23 5/8 in ; D. 19 5/8 in – Settees: H. 36 3/4 in ; W. 44 5/8 in ; D. 22 in
Chaque siège présente une ceinture rectiligne et repose sur quatre pieds fuselés, six pour les canapés, aux extrémités rythmées de bandeaux unis en acajou, les pieds postérieurs légèrement placés en...
Chaque siège présente une ceinture rectiligne et repose sur quatre pieds fuselés, six pour les canapés, aux extrémités rythmées de bandeaux unis en acajou, les pieds postérieurs légèrement placés en oblique. L'assise, cannée ainsi que le dossier, est ponctuée aux angles de dés de raccordement ornés de pastilles à double mouluration. Canapés et fauteuils sont chacun munis d'accotoirs légèrement courbes reposant sur des consoles d'accotoir en coup de fouet, dont la courbure accentuée et la sobriété contribuent sans conteste à l'élégance du dessin d'ensemble.
Cet ensemble est directement inspiré de la célèbre suite de trente-six fauteuils que le marquis de Marigny commanda à l'ébéniste Pierre Garnier pour la salle à manger de son hôtel particulier, place des Victoires, et qui furent livrés entre 1778 et 1781. En raison des règlements des corporations d'artisans, rares sont les sièges fabriqués par des maîtres ébénistes au XVIIIe siècle. Quelques ébénistes de renom se sont toutefois essayés à cet exercice de style : Riesener, Canabas, Cosson, ou encore Stockel et Garnier. Le prestige des commanditaires semble avoir pu favoriser une dérogation aux règles des corporations. Ce modèle illustre parfaitement l'anglomanie telle qu'elle s'applique au mobilier français dans les années 1770. Il témoigne du goût de l'époque pour les sièges en acajou massif de premier choix et de la recherche d'une « noble simplicité ». L'économie des formes et la pureté des lignes sont admirables sur les sièges de notre mobilier.
Louis Moreau (vers 1740-1802)
À la suite de la faillite de l'ébéniste Denis Genty en 1762 (maître en 1754), Louis Moreau racheta sa boutique à l'enseigne « À la descente des Tuileries » de la rue de l'Échelle-Saint-Honoré, à Paris, qu'il rebaptisa « À la Petite Boule Blanche ». Louis Moreau accéda à la maîtrise le 27 septembre 1764. Son œuvre se caractérise par des placages d'acajou, des décors floraux marquetés ainsi que des ornementations de bronzes dorés et ciselés. Son talent lui apporta rapidement une clientèle de renom, ce qui ne l'empêcha pas de déposer le bilan le 21 juin 1768. Parmi ses débiteurs figuraient le comte d'Egmont et de Modène, le marquis de Montpezat, le comte de Montbarrey, etc.
Dès 1771, on le retrouve aux affaires, mais comme marchand cette fois. À cette date, il acheta à son confrère Charles Topino des meubles plaqués en bois de rose et d'amarante et lui vendit en contrepartie des bois d'ébénisterie. Il associe rapidement ses qualités d'ébéniste à celles de marchand, faisant notamment travailler des artisans de renom tels que les ébénistes Jacques Bircklé, Pierre-Antoine Foullet, Léonard Boudin, Charles Topino, Jean-François Oeben et Jacques-Laurent Cosson, dont il dressa l'inventaire de l'atelier après la mort de sa femme en 1782, ainsi que les fondeurs Guinard et Cottin. Il travaille également pour la Cour qui, par l'intermédiaire de l'administration des Menus Plaisirs, lui passe de nombreuses commandes. De style Louis XV, Transition et Louis XVI, ses fabrications sont très variées, comme en témoigne une étiquette retrouvée sur l'un de ses meubles : « fait et tient Magasin : Secrétaires, Armoires, Commodes, Bibliothèques, Bureaux à cylindre, Tables à jouer, Tables anglaises d'acajou et tout ce qui concerne la Menuiserie et l'Ébénisterie de Paris ». Impliqué assez tôt dans la politique, Louis Moreau sera déporté vers l'île d'Anjouan, où il mourut en 1802. Sa femme puis son fils Louis reprirent son magasin, qu'ils conservèrent jusqu'à la fin de l'Empire.
Ses meubles sont notamment conservés au musée Carnavalet à Paris et au Metropolitan Museum of Art à New York.
Cet ensemble est directement inspiré de la célèbre suite de trente-six fauteuils que le marquis de Marigny commanda à l'ébéniste Pierre Garnier pour la salle à manger de son hôtel particulier, place des Victoires, et qui furent livrés entre 1778 et 1781. En raison des règlements des corporations d'artisans, rares sont les sièges fabriqués par des maîtres ébénistes au XVIIIe siècle. Quelques ébénistes de renom se sont toutefois essayés à cet exercice de style : Riesener, Canabas, Cosson, ou encore Stockel et Garnier. Le prestige des commanditaires semble avoir pu favoriser une dérogation aux règles des corporations. Ce modèle illustre parfaitement l'anglomanie telle qu'elle s'applique au mobilier français dans les années 1770. Il témoigne du goût de l'époque pour les sièges en acajou massif de premier choix et de la recherche d'une « noble simplicité ». L'économie des formes et la pureté des lignes sont admirables sur les sièges de notre mobilier.
Louis Moreau (vers 1740-1802)
À la suite de la faillite de l'ébéniste Denis Genty en 1762 (maître en 1754), Louis Moreau racheta sa boutique à l'enseigne « À la descente des Tuileries » de la rue de l'Échelle-Saint-Honoré, à Paris, qu'il rebaptisa « À la Petite Boule Blanche ». Louis Moreau accéda à la maîtrise le 27 septembre 1764. Son œuvre se caractérise par des placages d'acajou, des décors floraux marquetés ainsi que des ornementations de bronzes dorés et ciselés. Son talent lui apporta rapidement une clientèle de renom, ce qui ne l'empêcha pas de déposer le bilan le 21 juin 1768. Parmi ses débiteurs figuraient le comte d'Egmont et de Modène, le marquis de Montpezat, le comte de Montbarrey, etc.
Dès 1771, on le retrouve aux affaires, mais comme marchand cette fois. À cette date, il acheta à son confrère Charles Topino des meubles plaqués en bois de rose et d'amarante et lui vendit en contrepartie des bois d'ébénisterie. Il associe rapidement ses qualités d'ébéniste à celles de marchand, faisant notamment travailler des artisans de renom tels que les ébénistes Jacques Bircklé, Pierre-Antoine Foullet, Léonard Boudin, Charles Topino, Jean-François Oeben et Jacques-Laurent Cosson, dont il dressa l'inventaire de l'atelier après la mort de sa femme en 1782, ainsi que les fondeurs Guinard et Cottin. Il travaille également pour la Cour qui, par l'intermédiaire de l'administration des Menus Plaisirs, lui passe de nombreuses commandes. De style Louis XV, Transition et Louis XVI, ses fabrications sont très variées, comme en témoigne une étiquette retrouvée sur l'un de ses meubles : « fait et tient Magasin : Secrétaires, Armoires, Commodes, Bibliothèques, Bureaux à cylindre, Tables à jouer, Tables anglaises d'acajou et tout ce qui concerne la Menuiserie et l'Ébénisterie de Paris ». Impliqué assez tôt dans la politique, Louis Moreau sera déporté vers l'île d'Anjouan, où il mourut en 1802. Sa femme puis son fils Louis reprirent son magasin, qu'ils conservèrent jusqu'à la fin de l'Empire.
Ses meubles sont notamment conservés au musée Carnavalet à Paris et au Metropolitan Museum of Art à New York.
