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Jean-Germain Drouais, Académie d'homme à l'antique, circa 1785

Jean-Germain Drouais

Académie d'homme à l'antique, circa 1785
huile sur toile
25 5/8 x 32 1/4 in
65 x 82 cm
Demande d'information
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Considéré comme le plus talentueux des élèves de Jacques-Louis David (1748 – 1825), Jean-Germain Drouais aurait très certainement marqué davantage l’histoire de la peinture, s’il n’avait pas été emporté prématurément par une fièvre cérébrale à l’âge de vingt-quatre ans. D’abord élève de son père : François-Hubert Drouais (1727 – 1775), puis après un passage par l’atelier de Nicolas Guy Brenet (1728-1792), Drouais fait partie de la première génération d’artistes à rejoindre l’atelier de David, à l’instar d’Anne-Louis Girodet-Trioson ou de Jean-Baptiste Wicar. Unis par une admiration mutuelle, David voit en Drouais le plus prometteur de ses élèves, c’est donc logiquement qu’il le choisit pour l’assister dans la réalisation de l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre : Le Serment des Horaces (fig.1). Fig.1 : Jacques-Louis David (1748 – 1825), Le Serment des Horaces, Paris, Musée du Louvre. Drouais se présente par deux fois au concours du Prix de Rome. En 1783, avec pour sujet Jésus Christ ressuscite le fils de la veuve Naïm (fig.2), mais insatisfait de sa composition et incapable d’attendre les résultats du concours, il aurait fait appel à l’avis extérieur de David, contre le règlement, et s’est donc vu exclu. Cette année-là aucun prix ne sera décerné. Il se représente l’année suivante, en 1784, et reçoit le premier prix avec Louis Gauffier. Son œuvre, La Cananéenne aux pieds de Jésus-Christ (fig.3) est acclamée ; le Comte d’Angiviller écrira même à Louis-Jean-François Lagrenée ; alors directeur de l’académie à Rome ; « […] Vous apprendrez sûrement avec plaisir que cette année a donné deux premiers prix de peinture, dont l’un surtout de la plus grande force, par le Sr Drouais […] »1. Arrivé au Palais Mancini, Drouais travaille sans relâche et ne s’autorise aucune distraction. Cet acharnement aura raison de sa santé. Il s’éteint en 1788 à Rome, à l’âge de vingt-quatre ans, laissant ses maîtres et compagnons de l’académie dans le plus grand désarroi. Claude Michallon (1752 – 1799) sera chargé de la stèle funéraire qui aura pour sujet : Les Arts réunis écrivant le nom de Drouais sur son tombeau. Bouleversé par la disparition soudaine de son élève, David écrit : « Je pris le parti de l'accompagner, autant par attachement pour mon art que pour sa personne ; je ne pouvais plus me passer de lui ; je profitais moi-même à lui donner des leçons, et les questions qu'il me faisait seront des leçons pour la vie : j’ai perdu mon émulation »2. Fig.2 : Jean-Germain Drouais, Jésus Christ ressuscite le fils de la veuve Naïm, Le Mans, Musée de Tessé. Fig.3 : Jean-Germain Drouais, La Cananéenne aux pieds de Jésus Christ, Paris, Musée du Louvre. * * * Notre tableau, d’une remarquable qualité, reprend un certain nombre d’éléments apparaissant dans les œuvres attribuées avec certitude à Drouais. Le choix de la composition, avec le personnage assis de trois quart sous une grotte, et qui laisse entrevoir une échappée paysagère ; rappelle évidemment son dernier tableau : Philoctète sur l’Ile de Lemnos, conservé à Orléans (fig.4) ; mais bien plus que cette ouverture vers le lointain, que de nombreux peintres néoclassiques reprendront, c’est la nature même du paysage qui interpelle, avec notamment ce ciel crépusculaire et ces branchages à contre-jour que l’on retrouve dans La Cananéenne du Louvre (cf.Fig.3). Au-delà de la composition dans son ensemble, un grand nombre de détails viennent étayer l’attribution à Jean-Germains Drouais. L’anatomie très spécifique du modèle, avec un mollet proéminent, un écartement très singulier des orteils ; récurrent chez Drouais ; les trop nombreux plis des drapés (critique que lui avait par ailleurs formulée les maitres de l’académie3 concernant son Soldat romain blessé, Musée du Louvre fig.5), la position du bras droit que l’on retrouve dans son étude de gladiateur de Rouen (fig.6), la manière fort peu naturaliste de cacher le sexe du modèle (cf. fig.5 et 6) et enfin le balluchon qui est identique dans Le retour du fils prodigue de l’église Saint Roch (fig.7). Fig.4 Philoctète sur l’Ile de Lemnos, Orléans, Musée des Beaux-Arts. Fig. 5 Le soldat romain blessé, Paris, Musée du Louvre. Fig.6 Etude de Gladiateur, Rouen Fig. 7 Le retour du fils prodigue, Paris, Eglise Saint-Roch. Le sujet est cependant resté un relatif mystère. Le spectateur aurait pu y voir une deuxième version d’un Philoctète, peut-être un Berger Pâris, ou encore un épisode de la vie d’Ulysse accompagné de son chien Argos, cependant aucun de ces sujets ne concordent parfaitement d’un point de vue iconographique. Malgré le goût de l’époque pour les sujets complexes de l’histoire antique, il faut vraisemblablement n’y voir « qu’une » académie d’homme. On sait qu’après la période de laxisme sous la direction de Natoire, l’académie va rétablir des règles strictes notamment en ce qui concerne les envois d’académies et les exercices de modèle vivant. Une lettre du 23 août 1786 envoyée au Comte d’Angiviller par Lagrénée, alors directeur de la Villa Mancini, nous informe d’un envoi de Drouais outrepassant les instructions qui lui sont données : « Monsieur Le Comte – J’aurai l’honneur de vous envoyer, quelques semaines après l’exposition des ouvrages des pensionnaires à la Saint_louis : […] 3° Un grand tableau du Sr Drouais, qui lui tiendra lieu de l’académie qu’il doit envoyer ; mais qui fait le plus fait le moins, car son tableau est superbe […] ». Plus qu’une académie peinte, l’artiste inclut un splendide paysage, et un chien parfaitement maitrisé, ainsi Drouais affirmerait-il sa supériorité dans tous les genres picturaux, faisant d’un simple exercice, le moyen d’expression de tous ses talents ? - Correspondances des directeurs de l’académie de France à Rome. – Correspondances de Jacques-Louis David. – Procès-verbaux de l’académie, contre rendu des ouvrages envoyés par les pensionnaires de l’académie de France à Rome.
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Considered to be the most talented of Jacques-Louis David's students (1748 - 1825), Jean-Germain Drouais would most certainly have had a greater impact on the history of painting, if he had not been prematurely carried away by a cerebral fever at the age of twenty-four. Pupil of his father: François-Hubert Drouais (1727 - 1775), then after a passage through the studio of Nicolas Guy Brenet (1728-1792), Drouais is part of the first generation of artists to join the David's workshop, like Anne-Louis Girodet-Trioson or Jean-Baptiste Wicar. United by mutual admiration, David sees Drouais as the most promising of his students, so it is logical that he chooses him as an assistant in the realization of one of his greatest masterpieces: Oath of the Horatii (fig. 1). Fig.1 : Jacques-Louis David (1748 – 1825), Oath of the Horatii, Musée du Louvre, Paris. Drouais appeared twice in the Prix de Rome competition. In 1783, on the subject of Jesus Christ resurrects the son of the widow Naïm (fig. 2), but dissatisfied with his composition and unable to await the results of the competition, he would have appealed to David's external opinion, against the regulation, and was therefore excluded. No prize will be awarded that year. He came back to the competition the following year, in 1784, and received the first prize with Louis Gauffier. His work, The Canaanite at the Feet of Jesus Christ (fig. 3), is acclaimed; the Count of Angiviller will even write to Louis-Jean-François Lagrenée; then director of the academy in Rome; "[...] You will surely learn with pleasure that this year has given two first painting prizes, including one especially of the greatest force, by Sr Drouais [...]" .1 Arrived at the Mancini Palace, Drouais works tirelessly and allows himself no distraction. This determination will take his health away. He died in 1788 in Rome, at the age of twenty-four, leaving his masters and companions of the academy in great dismay. Claude Michallon (1752 - 1799) will be in charge of the funerary stele which will have for subject: The united Arts writing the name of Drouais on his tomb. Fig.2 : Jean-Germain Drouais, Jesus Christ resurrects the son of the widow Naïm, Musée de Tessé, Le Mans. Fig.3 : Jean-Germain Drouais, The Canaanite at the Feet of Jesus Christ, Musée du Louvre, Paris. Upset by the sudden disappearance of his pupil, David writes: “I decided to accompany him, as much by attachment for my art as for his person; I could no longer do without him; I benefited myself from giving him lessons, and the questions he asked me will be lessons for life: I lost my emulation. "2 * * * Our painting, of remarkable quality, takes up a certain number of elements appearing in the works attributed with certainty to Drouais. The choice of the composition, with the character seated three quarters under a cave, and which suggests a landscape opening; obviously recalls his last painting: Philoctetes on the Island of Lemnos, preserved in Orleans (fig. 4); but much more than this opening towards the distance, which many neoclassical painters will represent, it is the very nature of the landscape which striking us, with in particular this twilight sky and these backlit branches that we find in The Canaanite of the Louvre (cf.Fig.3). Fig.4 Philoctetes on the Island of Lemnos, Orléans, Musée des Beaux-Arts. Beyond the structure of the composition, a large number of details support the attribution to Jean-Germains Drouais. The very specific anatomy of the model, with a prominent calf, a very singular spacing between the toes; recurrent in Drouais’s work; the too many folds of the drapes (criticism that the masters of the academy3 had also made to him concerning his Wounded Roman Soldier, Louvre Museum, fig.5), the position of the right arm found in his Gladiator study de Rouen (fig. 6), the hardly naturalistic way of hiding the sex of the model (cf. fig. 5 and 6) and finally the bundle which is identical in The Return of the Prodigal Son of the Church of Saint Roch (fig. 7). Fig. 5 The Wounded Roman Soldier, Musée du Louvre, Paris. Fig.6 Gladiator study, Rouen Fig. 7 The return of the Prodigal son, Eglise Saint-Roch, Paris The subject, however, remained a relative mystery. The spectator could have seen there a second version of a Philoctetes, perhaps a Berger Pâris, or even an episode of the life of Ulysses accompanied by his dog Argos, however none of these subjects fit perfectly from an iconographical point of view. Despite the contemporary taste for complex subjects of ancient history, it is likely to see "only" an academic study. We know that after the lax period under the leadership of Natoire, the academy will re-establish strict rules, particularly regarding academy studies and the live model exercice. A letter of August 23, 1786 sent to the Count of Angiviller by Lagrénée, then director of the Villa Mancini, informs us of a dispatch from Drouais going beyond the instructions given to him: "Monsieur Le Comte - I will have the honor to send you, a few weeks after the exhibition of the residents at La Saint_louis: […] 3 ° A large painting by Sr Drouais, which can be consider as the academy he has to send; but who does the most does the least, because his picture is superb […]. » More than a painted academy, the artist includes a splendid landscape, and a perfectly mastered dog, thus Drouais would affirm his superiority in all pictorial genres, making from a simple exercise, the expression of all his talents? - Correspondances des directeurs de l’académie de France à Rome. – Correspondances de Jacques-Louis David. – Procès-verbaux de l’académie, contre rendu des ouvrages envoyés par les pensionnaires de l’académie de France à Rome.
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