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Jean Louis Ducis, La captivité du Tasse, 1814

Jean Louis Ducis

La captivité du Tasse, 1814
huile sur toile d'origine
31 7/8 x 24 3/8 in
81 x 62 cm
Demande d'information
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Fils d’un marchand de faïence, Louis Ducis naquit le 14 juillet 1775. On sait assez peu de choses de sa jeunesse sinon qu’il fit ses études à Compiègne et qu’il voulut très vite poursuivre une carrière artistique. Réquisitionné à l’âge de 18 ans et incorporé dans l’armée Républicaine, il fut contraint de prendre part aux guerres de Vendée. Louis Ducis était le neveu de Jean François Ducis qui bénéficiait en cette fin de siècle d’une réelle renommée, due tant à ses propres œuvres qu’au mérite d’avoir le premier, fait représenter les drames shakespeariens en France. Il connaissait le peintre Louis David, relation qui lui permit de faire rentrer son neveu dans l’atelier du peintre à partir de 1795 et jusqu’en 1800. L’élève se lia dans l’atelier de David, a ceux qui composent la partie aristocratique, sensible aux vestiges gothiques rassemblés par Alexandre Lenoir au musée des monuments français. Le témoignage de Delescluze bien postérieur laisse entendre que Ducis était un élève apprécié du maitre qui lui aurait conseillé : « Il faut traiter des sujets humbles, simples, familiers même, si la nature nous a fait naitre pour cela. » Ses relations lui permirent ainsi de rencontrer Bonaparte. Il se vit alors proposer de participer à l’expédition d’Egypte, ce qu’il déclinera car à son avis « l’art souffrait du contact des armes ». En 1804, il expose son premier tableau au Salon, en 1809, il obtient une médaille de première classe pour Dibutate et Orphée. En 1810, il épousa Anne-Euphrosine Talma, sœur du célébrissime tragédien, que Ducis portraitura à plusieurs reprises. Un an plus tard il entreprit un voyage en Italie qui le mena à Naples puis à Rome ou il aurait parcouru les lieux illustrés par le Tasse. Ami intime du peintre Granet, il s’illustre tout au long de sa carrière à la fois pour ses portraits, dont ceux de la famille impériale, et pour la peinture d’Histoire qu’il expose jusqu’au Salon de 1838. Une peinture d’histoire désignant des sujets qui n’appartiennent véritablement ni à la peinture d’histoire ni à la seule scène de genre. Cet art qualifié plus tard de « style troubadour » affecte un gout prononcé pour le Moyen-Age aux temps modernes et s’attache avant tout à la reconstitution d’un décor et au pittoresque des costumes. Ce mouvement, préludant au romantisme connut un immense succès. Tout au long du XIXème siècle, les peintres trouvent leurs sujets dans des épisodes romanesques et sentimentaux, tels que l’existence du Tasse - Torquato Tasso de son vrai nom, poète né à Sorrente en 1544 et mort à Rome en 1595. Nimbé de la légende de l’homme de génie accablé par sa propre grandeur. Cette légende veut que le Tasse ait été passionnément épris de la sœur de Duc de Ferrare, Léonore d’Este, et que ce fut cet amour qui eut causé sa ruine. *** La vie du Tasse, célèbre poète dont l'œuvre la plus fameuse est La Jérusaléem délivrée, suscita beaucoup d'intérêt auprès des artistes. Parmi les nombreux artistes inspirés à la fois par la Jérusalem délivrée et Aminta, on compte le Tintoret, les Carracci, Guercino, Pietro Cortona, Domenichino, Cigoli, Van Dyck, Poussin, Claude Lorrain, Tiepolo, Boucher ou Fragonard. On compte également et surtout les artistes du début du XIXe siècle. C'est la dimension dramatique de la vie du Tasse qui intéressa les Romantiques. Il incarnait pour eux l'artiste incompris, le génie persécuté par les médiocres et injustement accusé de folie. Le poème de Lord Byron The Lament of Tasso date de 1817, la pièce de Goethe Torquato Tasso fut traduite en français dès 1823. En 1819, Menjaud exposa Le Tasse couronné. Le peintre lyonnais Fleury-Richard présentait un Montaigne visitant le Tasse à l'hôpital au salon de 1822 (Musée des Beaux-Arts de Lyon) (Fig.2). Eugène Delacroix peignit deux tableaux sur le sujet du Tasse dans la maison des fous, l'un exposé au salon de 1824 (collection particulière) (Fig.3), l'autre daté de 1839 (collection Oskar Reinhart, Winterthur). C'est d'ailleurs la version de 1839 qui inspira le poème de Baudelaire Le poète au cachot... publié en 1844. Ducis fut l'un des premiers à peindre des tableaux sur la vie du Tasse. Notre tableau s’inscrit dans un ensemble troubadour mettant en scène certains des épisodes les plus romanesques de la vie du poète italien le Torquato Tasso : -Le Tasse et sa sœur, montré au salon de 1812 (conservée au château d’Arenenberg) (Fig.4) - Le Tasse lisant ses vers à la princesse Léonore d’Este l’épisode d’Olindre et Sophronie. Au salon de 1814, acheté par l'impératrice Joséphine (conservé au château d'Arenenberg) (Fig.5) -Le Tasse en captivité, au salon de 1814 également (notre tableau (Fig.6) dont on connait une gravure esquissée par Normand dans le livret du Salon de 1814 (Fig.1) -La mort du Tasse, au salon de 1819 (Blois, Musée des Beaux-Arts) (Fig.7) Fig.1 : Le Tasse en captivité, au salon de 1814, gravure de C.Normand publiée dans le livret du Salon de 1814. Fig.4 : Louis Ducis : Le Tasse et sa sœur Fig.5 : Louis Ducis : Le Tasse lisant ses vers à montré au salon de 1812 la princesse Léonore d’Este l’épisode d’Olindre (conservé au château d'Arenenberg) et Sophronie. au salon de 1814, (conservé au château d'Arenenberg) Fig.6 : Louis Ducis : Le Tasse en captivité, Fig.7 : Louis Ducis : La mort du Tasse, au salon de 1814 (notre tableau) au salon de 1819 (Blois, Musée des Beaux-Arts) Notre tableau illustre l’épisode au cours duquel le Tasse jugé fou et reclus à l’hospice Sainte - Anne de Ferrare, reçut la visite de Montaigne en 1581, visite qu'il relatera dans ses Essais : « J’eus plus de despit que de compassion de le veoir à Ferrare en si piteux estat survivant à soy mesme, mescognoissant et soy et ses ouvrages, lesquels sans son sceu et toutefois à sa veue on a mis en lumière incorrigez et informes. ». « Le désordre de ma barbe et de mes cheveux » écrivait Le Tasse, « le défaut de vêtements et l’horrible malpropreté qui m’environne ne sont qu’une partie de mes maux, la solitude, mon ennuie naturelle, la solitude, que j’ai en horreur, aggrave le poids de mes souffrances et rend ma situation affreuse. » Le Salon de 1814 révèle d’autres sujets troubadours, tel le tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres : Don Pedro de Tolède baisant l'épée d'Henri IV (cette version est disparue mais une autre version est conservée au Château de Pau) (Fig. :8). Mais aussi le tableau du Baron Gros, Charles Quint reçu par François Ier à l'abbaye de Saint-Denis en 1540 (Conservé au Musée du Louvre) (Fig. : 9) En 1822, Louis Ducis reprit la composition du Le Tasse lisant ses vers à la princesse Léonore d’Este l’épisode d’Olindre et Sophronie, pour incarner « La Poésie », dans une série consacrée aux « Arts sous l’Empire de L’amour » : Van Dyck symbolisait « La Peinture », Propertia de Rossi « La Sculpture », tandis que Marie Stuart et David Rizzio joue de « La Musique ». Le peintre fit une réplique réduite de cette série pour être présentées dans un même cadre, pour la Duchesse de Berry (Musée des Beaux-Arts de Montréal).
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The son of a porcelain merchant, Louis Ducis was born on July 14, 1775. Little is known about his youth, except that he studied at Compiègne and wanted to pursue an artistic career very soon. Requested at the age of 18 and incorporated into the Republican army, he was forced to take part in the Vendée wars. Louis Ducis was the nephew of Jean François Ducis, who at the end of the century enjoyed a real renown, due both to his own works and to the merit of being the first to have the Shakespearian dramas represented in France. He knew the painter Louis David, a relationship that allowed him to bring his nephew back into the painter's studio from 1795 until 1800. The pupil bound himself in the studio of David, to those who compose the part aristocratic, sensitive to the Gothic remains collected by Alexandre Lenoir at the museum of French monuments. The testimony of Delescluze much later suggests that Ducis was a student appreciated by the teacher who would have advised him: "We must treat subjects humble, simple, familiar even if nature has made us born for it. " His relations enabled him to meet Bonaparte. He was then offered to participate in the Egyptian expedition, which he declined because in his opinion "art suffered from the contact of arms". In 1804, he exhibited his first painting at the Salon, in 1809 he won a first-class medal for Dibutate and Orpheus. In 1810, he married Anne-Euphrosine Talma, sister of the famous tragedian, whom Ducis portrayed several times. A year later he undertook a trip to Italy which took him to Naples and then to Rome where he would have traveled the places illustrated by the Cup. Intimate friend of the painter Granet, he is illustrated throughout his career both for his portraits, including those of the imperial family, and for the painting of history that he exhibited until the Salon of 1838. A painting history of subjects that do not really belong to history painting or to the genre scene alone. This art, later known as the "troubadour style", has a strong taste for the Middle Ages in modern times and focuses on the reconstruction of a setting and the picturesque costumes. This movement, a prelude to romanticism, was a huge success. Throughout the nineteenth century, painters found their subjects in romantic and sentimental episodes, such as the existence of the Tasso - Torquato Tasso of his real name, poet born in Sorrento in 1544 and died in Rome in 1595. This legend has it that the Tasse was passionately in love with the sister of Duke of Ferrara, Leonore d'Este, and that it was this love which had caused its ruin. *** The life of the Tasso, famous poet whose most famous work is The delivered Jerusalem, aroused much interest among artists. Among the many artists inspired by both The delivered Jerusalem and Aminta are Tintoretto, Carracci, Guercino, Pietro Cortona, Domenichino, Cigoli, Van Dyck, Poussin, Claude Lorrain, Tiepolo, Boucher and Fragonard. There are also and especially the artists of the early nineteenth century. It is the dramatic dimension of the life of the Cup that interested the Romantics. He incarnated for them the misunderstood artist, the genius persecuted by the mediocre and unjustly accused of madness. Lord Byron's poem The Lament of Tasso dates from 1817. Goethe Torquato Tasso's play was translated into French in 1823. In 1819, Menjaud exhibited The crowned Tasso. The painter Lyonnais Fleury-Richard presented a Montaigne visiting the Tasso in hospital at the Salon of 1822 (Museum of Fine Arts Lyon) (Fig.2). Eugène Delacroix painted two paintings on the subject of the Tasso in the House of Fools, one exhibited at the Salon of 1824 (private collection) (Fig.3), the other dated 1839 (Oskar Reinhart collection, Winterthur). It is besides the version of 1839 which inspired the poem of Baudelaire The poet in the dungeon ... published in 1844. Ducis was one of the first to paint paintings on the life of the Tasso. Our painting is part of a troubadour ensemble featuring some of the most romantic episodes in the life of the Italian poet Torquato Tasso: -The Tasso and his sister, shown at the Salon of 1812 (kept at Arenenberg Castle) (Fig.4) - The Tasso reading his verses to Princess Leonore d'Este the episode of Olindre and Sophronie. in the Salon of 1814, bought by Empress Josephine (kept at Arenenberg Castle) (Fig.5) -The Tasso in captivity, in the salon of 1814 also (our painting, Fig.6) of which we know an etching sketched by Normand in the booklet of the Salon of 1814 (Fig.1) -The death of the Tasso, in the Salon of 1819 (Blois, Museum of Fine Arts) (Fig.7) Fig.1: The Tasso in captivity, at the salon of 1814, engraving by C. Normand published in the booklet of the Salon of 1814. Fig.4: Louis Ducis : The Tasso and his sister Fig.5 : Louis Ducis : The Tasso reading his verses exhibited at the salon in 1812 to Princess Leonore d’Este the episode of Olindre (kept in Arenenberg castel) and Sophronie, at the Salon of 1814, (kept in the Arenenberg castle) Fig.6: Louis Ducis : The Tasso in captivity, Fig.7 : Louis Ducis : The death of the Tasso, at the salon of 1814 (our painting) at the salon of 1819 (Blois, Musée des Beaux- Arts) Our painting illustrates the episode in which the Tasso, considered mad and recluse at the hospice Sainte - Anne of Ferrara, received the visit of Montaigne in 1581, a visit which he will relate in his Essays: "I had more despite than It was a pity to see him in Ferrara in such a pitiful way, surviving in his own way, mescognizing and so, and his works, which, without his sire, and yet at his sight, were brought to light both incorrectly and informally. ". "The disorder of my beard and my hair," wrote the Tasso, "the want of clothes and the horrible uncleanliness that surrounds me are only part of my ills, loneliness, my natural boredom, loneliness, that I abhor, aggravate the burden of my suffering and make my situation dreadful. " The Salon of 1814 reveals other troubadour subjects, such as the painting of Jean-Auguste-Dominique Ingres: Don Pedro of Toledo kissing the sword of Henry IV (this version is gone but another version is kept at the Château de Pau) (Fig. 8). But also, the painting of Baron Gros, Charles V received by Francis I at the abbey of Saint-Denis in 1540 (Preserved at the Louvre Museum) (Fig. 9) In 1822, Louis Ducis resumed the composition of the Tasso reading his verses to Princess Leonore d'Este the episode of Olindre and Sophronie, to embody "The poetry", in a series devoted to “Arts under the Empire of Love”: Van Dyck symbolized 'The Painting', Propertia de Rossi 'The Sculpture', while Mary Stuart and David Rizzio play 'The Music'. The painter made a reduced replica of this series to be presented in one frame, for the Duchess of Berry (Museum of Fine Arts of Montreal).
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Provenance

Collection privée

Expositions

Salon de 1814 n°352
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