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Louis I Cresson, Fauteuil « à la reine », Paris, vers 1750

Louis I Cresson

Fauteuil « à la reine », Paris, vers 1750
Noyer naturel
H. 98 cm ; L. 72 cm ; P. 60 cm
H. 38 5/8 in ; W. 28 3/8 in ; D. 23 5/8 in
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Le fauteuil en bois naturel repose sur quatre pieds en console disposés en diagonale, et terminés par des enroulements reposant chacun sur un petit dé facetté à pans. Seuls les...
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Le fauteuil en bois naturel repose sur quatre pieds en console disposés en diagonale, et terminés par des enroulements reposant chacun sur un petit dé facetté à pans. Seuls les deux pieds antérieurs sont rehaussés sur toute leur hauteur d’une arrête principale à bords festonnés, ponctuée d’une large palmette en creux festonnée de même. L’ensemble du châssis – à garniture fixe – est mouluré. La ceinture du siège est sculptée en façade d’un cartouche festonné en creux, flanqué de part et d’autre de volutes feuillagés ou festonnées disposées en symétrie. Le dossier, légèrement incliné et chantourné, présente dans sa partie supérieure trois accolades ornées au centre d’un petit cartouche asymétrique de fleurs stylisées. Les supports d’accotoirs, en forme de consoles inversées, sont rehaussés à la base de feuilles d’acanthe.

Ce fauteuil constitue un remarquable exemple tant sur le plan structurel que sur celui du répertoire décoratif des sièges en vogue dans les années 1750. Après le rocaille asymétrique et foisonnant des années 1730 qui fut très vite condamné en France par les têtes pensantes de la société, à commencer par Voltaire dans son temple du goût (1733), puis Blondel (De la Distribution des maisons de plaisance, édité en 1737), la tendance fut en effet marquée, dès les années 1745-1750, par un très net retour à la mesure. Si les formes générales et les ornements restaient les mêmes qu’au début du rocaille (prédominance et fluidité de la ligne courbe, supports d’accotoirs en retrait, pieds en console, cartouches et volutes festonnées…), leur ordonnancement était désormais soumis à une rigoureuse symétrie. Ce principe, bien perceptible sur notre fauteuil à l’exception du petit cartouche couronnant la traverse supérieure du dossier, fut particulièrement sensible dans l’œuvre de Louis Cresson qui compta parmi les premiers menuisiers de la place parisienne à répondre ainsi à l’une des principales revendications des détracteurs du rocaille, critiquant « un dérèglement allant au-delà de celui qu’on trouve dans la nature ».

Louis I Cresson fit partie d’une des plus grandes familles de menuisiers en sièges parisiens du XVIIIe siècle. Fils du menuisier Jean Cresson, il était établi rue de Cléry, à l’enseigne de « L’image de Saint-Louis ». Il devint le menuisier attitré du prince de Condé et du duc d’Orléans. La qualité d’exécution de ses sièges, son style à la fois classique et élégant, parfois agrémenté, ainsi qu’il est possible de le constater sur notre fauteuil, de motifs d’inspiration Régence (cartouches et motifs festonnés), firent de Cresson un maître incontesté du siège Louis XV à son apogée. Il contribua résolument à en fixer les canons, au côté de ses contemporains les plus importants tels que Nicolas Heurtaut, Nicolas-Quinibert Foliot ou encore Jean-Baptiste Tilliard. Il répondit à l’ensemble du répertoire typologique en vigueur dans son domaine, créant non seulement des chaises, des fauteuils, des bergères, des fauteuils de bureau, mais aussi des chauffeuses, des canapés, des veilleuses, des duchesses, et même beaucoup plus insolite, un fauteuil roulant adapté au jeune duc de Bourgogne, aîné des petits-fils de Louis XV (1751-1760), prince handicapé qui mourut à l’âge de neuf ans.

Un fauteuil Louis XV « à la reine », estampillé L-CRESSON, fait partie de la collection James A. de Rothschild, à Waddesdon Manor (Geoffrey de Bellaigue, The James A. de Rothschild Collection at Waddesdon Manor. Furniture. Clocks and Gilt Bronze, II, London, 1974, cat. n°128, p. 602-605); un canapé et huit fauteuils Louis XV “à la reine”, également estampillés par notre ébéniste, et provenant du château de Juillenay, appartiennent aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Dijon.
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Provenance

Collection particulière
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