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Louis-Jean François Lagrenée, Callisto, jeune nymphe de Diane, sortant du bain, 1769

Louis-Jean François Lagrenée

Callisto, jeune nymphe de Diane, sortant du bain, 1769
huile sur toile
94 x 78 cm.
37 x 30 3/4 in.
Demande d'information
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Louis Jean-François Lagrenée, surnommé « l’Albane français », est à n’en pas douter le maître de la beauté féminine. Comme le souligne Marc Sandoz : « Il obtient des figures féminines que personne ne peut lui disputer ». Notre tableau, véritable redécouverte, est un exemple des plus éclatant. On ne sait que peu de choses sur les débuts de Jean-François Lagrenée. Les premières mentions datent de 1749, où il est cité parmi les élèves de Carl Von Loo ; et déjà les observateurs ne tarissent pas d’éloges à son propos. La même année il remporte le prix de Rome avec Joseph explique les rêves du Pharaon, et part donc pour l’Italie, bien avant les trois années d’enseignement habituellement prescrites. Il reste à Rome jusqu’en 1753. De retour à Paris il est agrée à l’académie en 1755, avec son morceau de réception L’enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus, qu’il présente au Salon de 1755, et qui est aujourd’hui conservé au musée du Louvre (fig.1). « C’est un parfait morceau de réception : influence de Guido Reni et de l’Albane, beaux morceaux de bravoure. Il n’y a peut-être pas de meilleur tableau que celui-ci du style souhaité par l’Académie royale. Les expressions et les passions sont rendues avec feu et avec évidence, quoique dans un coloris peut-être peu vigoureux, c’est un vrai tableau d’histoire, un vrai tableau de mythologie. ». Ainsi, comme le souligne Sandoz : « le tableau eut du succès et fonda immédiatement la réputation de Lagrenée comme grand artiste d’avenir ». Diderot, qui estimait beaucoup Lagrenée, nous laisse un précieux témoignage de sa considération pour l’artiste : « il y a des tableaux où l’œil le plus sévère ne trouve pas le moindre défaut à reprendre. […] Plus on regarde plus l’œil est satisfait. ». Cette éloge pourrait tout à fait s’adresser à notre œuvre, qui compte parmi les tableaux les plus importants de Lagrenée encore détenus en mains privées. L’artiste, connu pour son érudition, tire son sujet des Fastes d’Ovide (livre II, 155-174). La jeune nymphe Callisto, reconnue pour son extrême beauté, et faisant partie du chœur sacré de Diane, a rompu son vœu de chasteté séduite par Jupiter. C’est à la suite d’une chasse qu’elle est contrainte de révéler sa grossesse à Diane lors d’un bain pris dans un cours d’eau. Lagrenée décrit ici avec soin les traits singuliers de la beauté à la mode sous le règne de Louis XV, le teint laiteux, le corps potelé et généreux en courbes. Le traitement du nu féminin est particulièrement subtil et le modelé du corps d’une grande sensualité, quant à la touche elle est d’une magnifique préciosité. Notre tableau n’était jusqu’à présent connu que par une mauvaise photographie lors de son passage aux enchères en 1922. Désigné comme « Baigneuses », les récents travaux de Monsier Assémat-Tessandier, et notamment un croquis de Gabriel de Saint-Aubin sur un exemplaire du livret du Salon de 1769, permettent aujourd’hui d’affirmer qu’il s’agit bien de notre œuvre, apportant une certitude quant au sujet, et contribuant à l’étoffement du pédigrée d’une œuvre essentielle de l’un des artistes les plus admiré du XVIIIe siècle.
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Nicknamed "the French Albanian", whose talent was logically compared to the painter of graces, Francesco Albani, Louis Jean-François Lagrenée is undoubtedly the master of female beauty. As Marc Sandoz points out : "He obtains female figures that no one can compete with him". Our painting, a true rediscovery, is a most striking example. Little is known about Jean-François Lagrenée's early career. The first references to him date from 1749, when he is mentioned among the pupils of Carl Von Loo; and already observers are full of praise for him. That same year he won the Prix de Rome with Joseph Explains the Dreams of the Pharaoh, and thus left for Italy, well before the three years of teaching usually prescribed. He remained in Rome until 1753. On his return to Paris he was admitted to the academy in 1755, with his reception piece The Abduction of Dejanira by the Centaur Nessus, which he presented at the Salon of 1755, and which is now in the Louvre (fig.1). "It is a perfect reception piece: influence of Guido Reni and the Albanian, beautiful bravura pieces. There is perhaps no better painting than this one in the style desired by the Royal Academy. The expressions and passions are rendered with fire and evidence, although in a colouring that is perhaps not very vigorous, it is a true history painting, a true mythology painting. Thus, as Sandoz points out: "the painting was successful and immediately established Lagrenée's reputation as a great artist of the future ». Diderot, who held Lagrenée in high esteem, has left us a precious testimony of his consideration for the artist: "There are paintings where the most severe eye does not find the slightest defect to be corrected. [The more you look, the more your eye is satisfied". The more you look, the more the eye is satisfied." This praise could well apply to our work, which is among the most important paintings by Lagrenée still in private hands. The artist, known for his erudition, takes his subject from Ovid's Fastes (Book II, 155-174). The young nymph Callisto, renowned for her extreme beauty and part of the sacred choir of Diana, has broken her vow of chastity, seduced by Jupiter. Following a hunt, she is forced to reveal her pregnancy to Diana while bathing in a river. Lagrenée carefully depicts the singular features of the fashionable beauty of the reign of Louis XV, the milky complexion, the chubby body and generous curves. The treatment of the female nude is particularly subtle and the modelling of the body highly sensual, while the brushstrokes are of a magnificent preciousness. Until now, our painting was only known by a bad photograph when it was auctioned in 1922. Designated as "Baigneuses", recent work by Mr. Assémat-Tessandier, and in particular a sketch by Gabriel de Saint-Aubin on a copy of the 1769 Salon booklet, now allow us to affirm that it is indeed our work, bringing certainty as to the subject, and contributing to the development of the pedigree of an essential work by one of the most admired artists of the 18th century.
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Provenance

Peint pour M. Godfroy, pour la somme de 1200 livres ; sa vente, 15 novembre 1785, n° 52, adjugé 1000 livres avec son pendant ; vente, 6 avril 1791, n° 52, adjugé 642 livres avec son pendant ; vente, Paris, Hôtel Drouot, Me F. Lair Dubreuil, 17 mars 1922, n°32 Collection privée, Paris

Expositions

Salon de 1769, n°27

Literature

Lagrenée, Louis, Carnet d'études d'antiquités et de sujets de l'histoire ancienne (Diane au bain), p. 31 ; Lagrenée, Louis, État des Tableaux faits par Monsieur Lagrenée, p. 257, n° 175 ; Journal Encyclopédique, Tome VII, Partie I, 1er octobre 1769, p. 101 ; Deloynes, Tome IX, 120, p. 20 ; Deloynes, Tome IX, 135, p. 382 ; Deloynes, Tome XLIX, 1315, p. 394 ; Goncourt, 1877, p. 141 ; Goncourt, 1880, p. 342 ; Seznec et Adhémar, vol. IV, 1967, pp. 20, 22, 75, 80 ; Sandoz, 1983, pp. 219-220, 319 (YD œuvre probable) ; Dacier, II, 1993, p. 74 ; Bukdahl, Delon, Kahn, Lorenceau, 2009, pp. 31, 39 (fig. 1)
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