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Lucien Lévy-Dhurmer, Nocturne, 1896

Lucien Lévy-Dhurmer

Nocturne, 1896
pastel sur papier
48 x 42 cm.
18 7/8 x 16 1/2 in.
Demande d'information
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Peintre, céramiste, sculpteur, Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) est l'un des artistes les plus intéressants de la scène parisienne de la fin du siècle. Son art présente un caractère intimiste extrêmement raffiné, cultivé dans ses références et brillant dans sa technique. La formation variée que Lévy-Dhurmer reçoit dès l'âge de 14 ans explique la singularité de cet artiste, interprète original du tempérament culturel qui caractérise les dernières décennies du XIXe siècle. Après avoir appris les rudiments du métier à l'école communale supérieure de dessin et de sculpture du 11e arrondissement de Paris, il commence à suivre les cours d'Albert-Charles Wallet et de Raphaël Collin. Son talent est déjà remarqué et il reçoit ses premiers éloges lorsqu'il débute au Salon des artistes français en 1887 avec une copie de La Naissance de Vénus d'Alexandre Cabanel. En 1887, l'artiste s'installe à Golfe-Juan près de Cannes pour travailler comme décorateur de céramiques. Ici il devient directeur artistique de l'atelier de Clément Massier de 1887 à 1895 et entreprend avec ce dernier une production de céramiques d'inspiration mauresque et arabe très particulière. Le monde de l'art parisien découvre son talent en 1894, lorsque ses œuvres et celles d'autres artistes idéalistes sont exposées au Théâtre d'application de la Bodinière dans le cadre d'une exposition organisée par la revue L'Art et la vie, mais la consécration arrive deux ans plus tard quand la Galerie Georges Petit organise sa première personnelle. L'exposition est un succès et représente une étape importante dans la carrière de l'artiste ; parmi les 24 œuvres exposées à l'occasion de cette consécration par la critique, figure notre Nocturne, qui concentre dans son élégante beauté tous les traits qui caractérisent l'œuvre de Lévy-Dhurmer. Du sujet féminin interprété de manière allégorique, à la référence cultivée à l'art de Léonard de Vinci que nous voyons dans les traits séraphiques du visage de la femme, dans son sourire archaïque et dans le sfumato de la technique, à l'atmosphère de suspension et de rêve. La nocturne est le miroir de l'âme, un moment de silence, la figure rêveuse de la femme regarde vers le bas, un doux moment de recueillement pour ne pas chercher quelque chose à l'extérieur, mais pour essayer de se regarder à l'intérieur. C'est précisément à la sphère émotionnelle et intime que s'adressent les œuvres symbolistes de Lévy-Dhurmer, tentant de remettre l'homme en harmonie avec son intériorité. Dans ce pastel, dont nous connaissons le dessin préparatoire (fig.1), Lévy-Dhurmer interprète véritablement Léonard de Vinci dans une tonalité moderne, réussissant à créer une œuvre qui exerce la même fascination que La Vierge aux rochers, tant pour le visage de la femme que pour le paysage mystérieux qui se trouve derrière elle. Tous deux sont immergés dans les plus délicates nuances de bleu, animées ici et là par la lumière lointaine des étoiles. Cette union parfaite entre la figure humaine et la nature se retrouve également dans d'autres chefs-d'œuvre de l'artiste conservés au Musée d'Orsay tel que Le Silence (fig.2) un autre dessin au pastel où Lévy-Dhurmer arrive à créer de subtils jeux de lumière et de couleur qui font de lui l'un des virtuoses de cette technique. En 1900, Lévy-Dhurmer change de cap et abandonne progressivement ses sujets mystiques de ses débuts et il entame une phase de sa production partagée par d'autres artistes comme Hawkins et Cottet où, pour reprendre une expression de Bouyer, il se situe « contre le mysticisme qui délire et l'impressionnisme qui divague ». Il commence à produire des paysages et des portraits, souvenirs de ses voyages en Europe et en Afrique du Nord jusqu'en 1953, année de sa mort. *** Lucien Lévy-Dhurmer est né à Alger en 1865. Jeune homme, il s'installe à Paris où il entame une formation artistique particulière, d'abord à l'Ecole Supérieure du dessin et de la Sculpture, puis en suivant les cours de deux anciens élèves d'Alxandre Cabanel, Charles Wallet et Raphaël Collin : Charles Wallet et Raphaël Collin. En raison d'une situation économique précaire, il est contraint de travailler d'abord comme lithographe puis comme céramiste à Golfe-Juan où il entre dans la fabrique de Clément Massier (1844-1917) dont il devient codirecteur en 1892. Son engagement dans les arts appliqués ne le détourne pas de la peinture et du dessin, années au cours desquelles l'artiste développe une technique reconnaissable et raffinée, notamment dans l'utilisation du pastel. En 1894, il expose avec d'autres artistes idéalistes et en 1896, il présente sa première exposition personnelle à la prestigieuse galerie Georges Petit. L'exposition est un succès, Paris découvre dans son intégralité l'œuvre originale d'un artiste symboliste (jusqu'alors presque inconnu), capable de créer des images intimistes et de mêler des références cultivées à l'art italien à la sensibilité décadente du début du siècle. Lévy-Dhurmer rejoint les cercles symbolistes de la capitale mais se tient toujours à l'écart des groupes militants comme le groupe Rose+Croix, dirigé par Joséphin Péladan (1858-1918), proche des courants catholiques et légitimistes. Il rencontre l'écrivain Georges Rodenbach (1855-1898) dont il fait un splendide portrait aujourd'hui conservé au musée d'Orsay, des peintres comme Émile Bernard (1868-1941) et Gustave Moreau (1826-1898). En 1914, il épouse Emmy Fournier (1874-1944), rédactrice en chef du journal féministe La Fronde. Dans les œuvres de sa maturité, le caractère symboliste s'estompe progressivement et son style évolue vers un plus fort réalisme avec lequel il élabore des sujets issus de ses voyages en Europe et en Afrique.
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Painter, ceramist and sculptor Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) was one of the most interesting artists on the Parisian scene at the end of the century. His art has an extremely refined, intimate character, cultivated in its references and brilliant in its technique. The varied formation that Lévy-Dhurmer received from the age of 14 explains the singularity of this artist, an original interpreter of the cultural temperament that characterised the last decades of the nineteenth century. After learning the rudiments of the trade at the Ecole Communale Supérieure de Dessin et de Sculpture in the 11th arrondissement of Paris, he began taking classes with Albert-Charles Wallet (1852-1918) and Raphaël Collin (1850-1916). His talent had already been noticed and he received his first accolades when he debuted at the Salon des artistes français in 1887 with a copy of The Birth of Venus by Alexandre Cabanel. In 1887, the artist moved to Golfe-Juan near Cannes to work as a ceramics decorator. Here he became artistic director of Clément Massier's studio from 1887 to 1895, and with Massier began a highly distinctive production of Moorish and Arab-inspired ceramics. The Parisian art world discovered his talent in 1894, when his works and those of other idealist artists were exhibited at the Théâtre d'application de la Bodinière as part of an exhibition organised by the magazine L'Art et la vie, but his consecration came two years later when the Galerie Georges Petit organised his first solo show. The exhibition was a success and represented a milestone in the artist's career; among the 24 works exhibited to mark this critical acclaim was our Nocturne, which in its elegant beauty encapsulates all the features that characterise Lévy-Dhurmer's work. From the female subject interpreted allegorically, to the cultivated reference to the art of Leonardo da Vinci that we see in the seraphic features of the woman's face, in her archaic smile and in the sfumato of the technique, to the atmosphere of suspension and dream. The nocturne is the mirror of the soul, a moment of silence, the dreamy figure of the woman looking down, a gentle moment of recollection, not to look for something outside, but to try to look inside. It is precisely to the emotional and intimate sphere that Lévy-Dhurmer's symbolist works are addressed, attempting to bring man back into harmony with his inner self. In this pastel, of which we know the preparatory drawing (fig.1), Lévy-Dhurmer truly interprets Leonardo da Vinci in a modern tone, succeeding in creating a work that exerts the same fascination as The Virgin of the Rocks, as much for the woman's face as for the mysterious landscape behind her. Both are immersed in the most delicate shades of blue, enlivened here and there by the distant light of the stars. This perfect union between the human figure and nature can also be seen in other masterpieces by the artist preserved at the Musée d'Orsay, such as Le Silence (fig.2), another pastel drawing in which Lévy-Dhurmer succeeded in creating subtle plays of light and colour, making him one of the virtuosos of this technique. In 1900, Lévy-Dhurmer changed direction and gradually abandoned his early mystical subjects, entering a phase of his production shared by other artists such as Hawkins and Cottet, where, to use Bouyer's expression, he positioned himself "against the mysticism that deludes and the impressionism that rambles". He began to produce landscapes and portraits, souvenirs of his travels in Europe and North Africa, until 1953, the year of his death. Lucien Lévy-Dhurmer was born in Algiers in 1865. As a young man, he moved to Paris, where he began a special artistic training, first at the École Supérieure du Dessin et de la Sculpture, then by taking classes with two of Alxandre Cabanel's former students, Charles Wallet and Raphaël Collin. Due to his precarious economic situation, he was forced to work first as a lithographer and then as a ceramist in Golfe-Juan, where he joined the factory of Clément Massier (1844-1917), becoming its co-director in 1892. His involvement in the applied arts did not distract him from painting and drawing, during which time the artist developed a recognisable and refined technique, particularly in the use of pastels. In 1894, he exhibited with other idealist artists and in 1896, he held his first solo show at the prestigious Georges Petit gallery. The exhibition was a success, with Paris discovering in its entirety the original work of a Symbolist artist (until then almost unknown), capable of creating intimate images and blending cultivated references to Italian art with the decadent sensibility of the turn of the century. Lévy-Dhurmer joined Symbolist circles in the capital, but stayed away from militant groups such as the Rose+Croix group, led by Joséphin Péladan (1858-1918), who was close to Catholic and legitimist currents. He met the writer Georges Rodenbach (1855-1898), whose splendid portrait he painted is now in the Musée d'Orsay, and painters such as Émile Bernard (1868-1941) and Gustave Moreau (1826-1898). In 1914, he married Emmy Fournier (1874-1944), editor-in-chief of the feminist newspaper La Fronde. In the works of his maturity, the symbolist character gradually faded and his style evolved towards a stronger realism with which he developed subjects from his travels in Europe and Africa.
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Provenance

Lillian Nassau, New York, avant 1966 ; Collection Françoise Legrand-Kapferer, Paris, acquis du précédent vers 1966, jusque 2023.

Expositions

Paris, Galerie Georges Petit, 1896, n° 9 ; Paris, Société de pastellistes français, 1897, n° 80 ; Paris, Galerie Ollendorf, December 1899 ; Rotterdam, Museum Boymans-Van Beuningen, 'Le symbolisme en Europe', 14 novembre 1975- 11 janvier 1976, n° 95 ; Brussels, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1976 ; Baden-Baden, Staatliche Kunsthalle, 1976 ; Paris, Grand Palais, 1976 ; Saint-Germain-en-Laye, 'Célébration en bleu', 1979 ; Tokyo, Musée d'Art Isetan, 'Terres d'inspiration des peintres de Pont-Aven, Nabis et Symbolistes', 2-14 avril 1987, n° 120 ; Niigata, City Art Museum 1987 ; Osaka, Daimaru Museum, 1987 ; Shizuoka, Prefectural Museum of Art 1987 ; Himeji, City Museum of Art, 1987 ; Tamanashi, Prefectural Museum of Art, 1987
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