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Oskar Bergman, Le Lagan depuis Laholm, 1925

Oskar Bergman

Le Lagan depuis Laholm, 1925
aquarelle et gouache sur papier
7 1/2 x 12 in
19 x 30.5 cm
Demande d'information
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Il y a des artistes qui, au cours de leur vie, se jettent à corps perdu dans les différents courants, suivant le rythme effréné des modes, devenant les icônes d'un moment historique ou d'un groupe particulier. D'autres, en revanche, font vœu de fidélité à leur nature, loin du déroulement éphémère de l'art, travaillant et méditant comme dans une sorte de réclusion sur un sujet auquel ils consacrent toute leur œuvre. Oskar Bergman appartient à cette dernière catégorie. Sa longue et prolifique carrière n'est qu'une variation sur le thème du paysage interprété avec un style très personnel et reconnaissable au premier coup d'œil, résultat d'une formation autodidacte et de peu d'influences extérieures. La fascination exercée par les œuvres de Bergman réside dans le fait que ses paysages témoignent d'une grande attention aux données visuelles, qui ressortent de la précision calligraphique de sa main, et en même temps d'un effet d'aliénation, d'une atmosphère irréelle de suspension. Rien ne détourne l’attention de l’image, la présence humaine ne perturbe pas une nature silencieusement immergée dans le rythme éternel des jours et des saisons. Il n'y a pas de prise narrative, ce sont des images faites pour être contemplées, tout comme les arbres, la mer, les ruisseaux, les collines, les couchers de soleil dont elles sont le portrait. En analysant le style de Bergman au microscope, il est possible de découvrir les éléments qui composent son art naïf en apparence seulement. La précision de la main, le travail de synthèse de l'œil qui dépouille la forme d'une branche ou d'une fleur du superflu proviennent de l'influence de l'art oriental qui a trouvé un terrain fertile en Suède notamment. Dans une revue française de l'Exposition Internationale des Beaux-Arts de Rome en 1912, Bergman est décrit comme "un japonisant raffiné" dont les aquarelles se distinguent par une "facture subtile et aristocratique". À l'élégance du style s'ajoute un sentiment romantique pour le paysage que Bergman a découvert en 1901, lors d'un voyage en Europe, quand il rencontre pour la première fois l'art de Caspar David Friedrich (1744-1840). L'attention portée aux effets de la lumière, l'idée d'une nature qui peut guérir l'homme et en même temps en limitant ses prétentions, qui caractérisent l'art de Friedrich, s'accordent parfaitement avec les besoins expressifs de Bergman. Enfin, à l'origine de l'atmosphère onirique qui imprègne les œuvres de l'artiste, on trouve l'influence d'Arnold Böcklin (1827-1901), qu’il a découvert à Florence grâce aux conseils d'Armand Point (1861-1932). Tels sont les éléments qui fondent le style d'un artiste si particulier, formé pratiquement seul en regardant les œuvres des grands maîtres dans les musées d'Europe. Notre aquarelle, avec cette aube sur le fleuve Lagan, en est un exemple éloquent. Chez Bergman, la nature s’inscrit toujours dans un double rythme : celui du jour, marqué par les jeux de lumière, et celui des saisons. Ici, les premières fleurs du printemps s’imprègnent de la lumière matinale, tandis que les arbres encore dépouillés semblent se préparer à accueillir le soleil. Tout au long de sa vie, Bergman a peint les paysages suédois avec une immédiateté et une simplicité qui constituent sa signature la plus reconnaissable. Oskar Bergman est né à Stockholm en 1879 dans une famille plutôt modeste. À la maison, personne ne remarque ses aptitudes pour le dessin et le jeune garçon apprend donc ce qu'il peut en autodidacte, recevant occasionnellement quelques leçons de dessin de la part d'une amie de sa mère. La mort soudaine de son père met la famille dans une situation financière compliquée et Bergman doit déjà travailler comme coursier pour un tailleur à l'âge de 13 ans. Il réussit à trouver du temps chaque dimanche pour visiter le Musée national où il est particulièrement attiré par les peintres romantiques suédois tels que Marcus Larson (1825-1864) et Nils Blommér (1816-1853). Après avoir suivi des cours d’Anders Forsberg (1871-1914) à l'École Technique, il décide, avec ses petites économies, de voyager à travers l'Europe à la découverte des musées et des collections. En 1901 il se rend en Allemagne, où il découvre, outre les maîtres anciens, l'art de Caspar David Friedrich. Une nouvelle conception du paysage s'ouvre à lui, Bergman est fasciné par les œuvres du peintre allemand, où la nature est libérée des frénésies de l'art romantique. Son retour en Suède est marqué par sa rencontre avec le banquier Ernest Thiel (1859-1947), grand mécène de la scène artistique suédoise, qui l'encourage en lui achetant un dessin pour 30 francs. La relation avec le banquier se poursuit et Bergman est invité dans sa résidence d'artistes à Saltsjöbaden. Par l'intermédiaire de Thiel et de sa femme, il rencontre en 1904 l'artiste symboliste Armand Point, qui est tellement impressionné par le talent de Bergman qui lui conseille de le rejoindre à Florence pour suivre ses cours. Thiel finance le voyage en Italie et Bergman en profite pour visiter Berlin, Munich, Vérone et Rome. Arrivé à Florence, il montre à Point les dessins et les notes qu'il a pris pendant le voyage et ce dernier décide de lui donner des cours gratuitement. Ses années d'apprentissage chez Point sont marquées par la découverte d'Arnold Böcklin, dont l'influence est très forte dans les œuvres de la première décennie du XXe siècle et s'atténuera ensuite, sans jamais disparaître complètement, au fil du temps. De retour dans son pays en 1906, il organise avec le sculpteur Peter David Edstrom (1873-1938) et le peintre Ivar Arosenius (1878-1909) une exposition qui sera la première véritable vitrine de notre artiste. En 1909, la scène artistique suédoise est secouée par le scandale du groupe moderniste "Les hommes 1909", qui introduit dans le pays les révolutions de l'avant-garde artistique expressionniste/fauve. Ici, les paysages placides de Bergman apparaissent aux yeux des critiques et du public comme des exemples de la peinture suédoise traditionnelle. C'est le début d'une période faste dans la carrière de l'artiste, qui participe à diverses expositions nationales et internationales. En 1917, le Musée National de Stockholm achète l'aquarelle Au bord de la mer. Ce succès s'interrompt en 1930 lorsque des peintres comme ceux de "Les hommes 1909" ne scandalisent plus, mais commencent à séduire un public plus cultivé. Bergman ne se laisse cependant pas tenter par les courants et les nouvelles libertés expressives, mais poursuit ses recherches. Chaque jour, après une promenade dans la nature, il s'enferme dans son atelier où il travaille sur deux aquarelles en même temps. Sa ténacité et son témoignage sur le paysage suédois font de lui un artiste national tel qu'il reçoit en 1957 la médaille Egron Lunagren des mains du roi Gustave VI Adolphe. Lorsqu'Oskar Bergman s'éteint en 1963, à l'âge de 84 ans, il est l'un des artistes les plus titrés du pays.
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There are artists who, in the course of their lives, throw themselves wholeheartedly into the various currents, following the frenetic rhythm of fashions, becoming the icons of an historical moment or a particular group. Others, on the other hand, take a vow of fidelity to their nature, far removed from the ephemeral unfolding of art, working and meditating as if in a kind of reclusion on a subject to which they devote their entire work. Oskar Bergman belongs to the latter category. His long and prolific career is nothing more than a variation on the theme of landscape, interpreted in a highly personal style that is instantly recognizable, the result of self-taught training and few outside influences. The fascination of Bergman's work lies in the fact that his landscapes show great attention to visual data, which emerges from the calligraphic precision of his hand, and at the same time an alienating effect, an unreal atmosphere of suspension. Nothing distracts our attention from the image, the human presence does not disturb a nature silently immersed in the eternal rhythm of the days and seasons. These are images made to be contemplated, just like the trees, the sea, the streams, the hills and the sunsets they portray. By analyzing Bergman's style under a microscope, it is possible to discover the elements that make up his seemingly naive art. The precision of the hand, the work of synthesis of the eye that strips the shape of a branch or a flower of the superfluous come from the influence of oriental art that found fertile ground in Sweden in particular. In a French review of the 1912 Exposition Internationale des Beaux-Arts in Rome, Bergman was described as "a refined Japanese artist" whose watercolors were distinguished by a "subtle and aristocratic style". Added to the elegance of the style is a romantic feeling for landscape that Bergman discovered in 1901, during a trip to Europe, when he first encountered the art of Caspar David Friedrich (1744-1840). The attention paid to the effects of light, the idea of a nature that can heal man and at the same time limit his pretensions, which characterize Friedrich's art, fit in perfectly with Bergman's expressive needs. Lastly, the dreamlike atmosphere that pervades the artist's works is influenced by Arnold Böcklin (1827-1901), whom he discovered in Florence under the guidance of Armand Point (1861-1932). These are the elements that form the basis of the style of such a distinctive artist, trained almost single-handedly by looking at the works of the great masters in the museums of Europe. Our watercolour, with this sunrise over the Lagan River, is a telling example. In Bergman’s work, nature is always embedded in a double rhythm: that of the day, with its shifting light, and that of the seasons. Here, the first spring flowers are bathed in the morning glow, while the bare trees above them seem ready to receive the sun. Throughout his life, Bergman depicted the Swedish landscape with a sense of immediacy and simplicity that is the unmistakable hallmark of his art. Oskar Bergman was born in Stockholm in 1879 into a rather modest family. At home, no one noticed his aptitude for drawing and so the young boy taught himself what he could, occasionally receiving a few drawing lessons from a friend of his mother. The sudden death of his father in 1888 left the family in a difficult financial situation, and Bergman was already working as a courier for a tailor at the age of 13. During the week, he made deliveries in the streets of Stockholm, but every Sunday he visited the National Museum, where he was particularly attracted by Swedish Romantic painters such as Marcus Larson (1825-1864) and Nils Blommér (1816-1853). It was in this way that he forged a personal knowledge of art history. At the age of 16, he enrolled at the Technical School and studied under Anders Forsberg (1871-1914). Not dreaming of continuing his studies at the Academy, he decided, with his small savings, to travel around Europe discovering museums and collections. In 1901, he went to Germany, where, in addition to the Old Masters, he discovered the art of Caspar David Friedrich. Bergman was fascinated by the German painter's works, in which nature was freed from the frenzy of Romantic art. His return to Sweden was marked by his meeting with the banker Ernest Thiel (1859-1947), a great patron of the Swedish art scene, who encouraged him by buying him a drawing for 30 francs. The relationship with the banker continued and Bergman was invited to his artists' residence in Saltsjöbaden. In 1904, through the intermediary of Thiel and his wife, he met the Symbolist artist Armand Point, who was so impressed by Bergman's talent that he advised him to join him in Florence to follow his courses. Thiel financed the trip to Italy and Bergman took the opportunity to visit Berlin, Munich, Verona and Rome. On arriving in Florence, he showed Point the drawings and notes he had made during the trip and the painter agrees to give him free lessons. His years as an apprentice at Point were marked by the discovery of Arnold Böcklin, whose influence was very strong in the works of the first decade of the twentieth century and would later diminish, though never completely disappear, over time. Returning to his homeland in 1906, he organized an exhibition with the sculptor Peter David Edstrom (1873-1938) and the painter Ivar Arosenius (1878-1909), which was the first real showcase for our artist. In 1909, the Swedish art scene was rocked by the scandal of the modernist group "The 1909 Men", which introduced the revolutions of the Expressionist/Fauvist avant-garde to the country. Here, Bergman's placid landscapes appeared to critics and the public as examples of traditional Swedish painting. This was the start of a flourishing period in the artist's career, and he took part in various national and international exhibitions. In 1917, the National Museum in Stockholm bought the watercolor By the Sea. This success came to an end in 1930, when painters such as those in "Men 1909" were no longer scandalizing, but were beginning to appeal to a more cultivated public. Bergman did not, however, allow himself to be tempted by the trends and the new expressive freedoms, but continued his research. Every day, after a walk in nature, he locked himself in his studio where he worked on two watercolors at the same time. His tenacity and his testimony to the Swedish landscape made him such a national artist that in 1957 he was awarded the Egron Lunagren medal by King Gustav VI Adolphe. When Oskar Bergman died in 1963 at the age of 84, he was one of the country's most celebrated artists.
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collection privée
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