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Pierre-Jacques Volaire, L'Éruption du Vésuve depuis l'Atrio del Cavallo, circa 1771

Pierre-Jacques Volaire

L'Éruption du Vésuve depuis l'Atrio del Cavallo, circa 1771
huile sur toile
H. 84 cm (33 1/8 in.) ; L. 167,5 cm ; (66 in.)
Demande d'information
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Avant d’être reconnu par ses contemporains comme le peintre incontesté de la représentation des phénomènes volcanologiques, Pierre-Jacques Volaire se forme à Toulon dans l’atelier familial, puis devient élève et collaborateur du peintre Joseph Vernet (1714-1789) pour la série des Ports de France, entre 1755 et 1762. Comme son maître, il succombe à l’appel de l’Italie séjournant à Rome de 1763 à 1768. Lorsqu’il s’installe à Naples en 1768, les représentations de cascades ou de bords de mer inspirés de Vernet, cèdent leur place à celle presque exclusive des vues de volcan. Devenant Chevalier de la congrégation de Saint-Luc, il jouit alors d’une reconnaissance quasi institutionnelle qui se double rapidement de succès commerciaux. En effet, les vues souvenirs dont sont friands les voyageurs du Grand Tour, en particulier anglais, et que Volaire multiplie, lui assurent une grande fortune tant financière qu’artistique. C’est dans son atelier situé dans le quartier alors à la mode de la Riviera di Chiaia, que Volaire reçoit ses prestigieux clients issus de la noblesse napolitaine et étrangère. La visite de son atelier, comme celui de son collègue allemand Philipp Hackert (1737-1807), est presque invariablement incluse dans le parcours des voyageurs de passage à Naples. Le peintre y négocie directement avec le client, lui offrant ainsi une entière liberté quant au choix des sujets, des formats et des prix. La longévité de la carrière napolitaine de Volaire doit autant à sa capacité à s’adapter à l’évolution des goûts de sa clientèle, qu’à celle de restituer l’énergie, les effets atmosphériques et la beauté des paysages, le hasard ayant voulu qu’il soit le témoin privilégié de l’activité du Vésuve à trois reprises du 19 au 27 octobre 1767, du 1er au 11 mai 1771 et du 8 au 15 août 1779. Fig.1 : Pierre Jacques Volaire, Eruption du Vesuve, 1782, 130 x 229 cm, Museo del Real Bosco di Capodimonte. Dans notre vue de la célèbre éruption du Vésuve survenue en 1771, Volaire a adopté un format horizontal panoramique. Des empâtements et des traits de brosse chargés de matières, dont les couleurs varient du jaune au brun, décrivent les projections de pierres enflammées, qui illuminent les alentours plongés dans l’obscurité de la nuit. Volaire, enchaînant de puissants contrastes d’ombre et de lumière, transperce les épais nuages de fumée par des lueurs bleutées. L’attention accordée aux valeurs tonales et au rendu de l’atmosphère, comme le choix d’une mise en page sobre, ne dément pas l’héritage de Vernet. Comme lui, Volaire aime à disposer ses figures au premier plan, mais les situe de dos et à contre-jour. Ses clients pouvaient d’autant plus aisément s’identifier à ces spectateurs anonymes en "pèlerinage" devant l'éruption du Vésuve qui suscitait autant de passion que d’effroi. Au cours du XVIIIe siècle, le spectacle de la matière en fusion, de la puissance de son incandescence rougeoyante, est l’affaire de la volcanologie, une discipline alors balbutiante, et de la philosophie, en particulier du théoricien du Sublime, Edmund Burke (1729-1797). Si des artistes, comme Joseph Wright of Derby (1734-1797), se plaisent à suggérer le phénomène éruptif, Volaire préfère le décrire, car il ne dépeint que des évènements volcaniques auxquels il a assisté́ et répond à la demande d’une vue qui soit une représentation fidèle à la réalité. A partir d’une observation directe, que favorise la pratique en plein-air, tel un topographe, il élabore ses toiles en atelier. Fig.2 : Pierre Jacques Volaire, Eruption du Vésuve, 1767, 116 x 110 cm, Paris Musée du Louvre.
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Before being recognized by his contemporaries as the uncontested painter of volcanic phenomena, Pierre--Jacques Volaire was trained in Toulon in the family workshop and then became a pupil and assistant of Joseph Vernet (1714-1789) for the series of the Ports of France between 1755 and 1762. Like his master, he succumbed to the call of Italy and lived in Rome from 1763 to 1768. When he moved to Naples in 1768, the depictions of waterfalls and coastlines inspired by Vernet were replaced almost exclusively by views of the Volcano. As Cavaliere of the congregation of St. Luke, he enjoyed institutional recognition which was soon met with commercial success. In fact, the souvenir views that were popular among tourists on the Grand Tour, especially the English, and which Volaire created in large numbers, brought him a large fortune and artistic fame. It was in his workshop located in the area that was fashionable at the time, the Riviera di Chiaia, that Volaire hosted his prestigious clients from Neapolitan and foreign nobility. A visit to his studio and that of his German colleague, Philipp Hackert (1737-1807) was almost invariably included in the itinerary of travelers passing through Naples. There he negotiated directly with his clients, offering in this way full freedom in the choice of subject, format and price. The longevity of Volaire’s Neapolitan career owes as much to his ability to adapt to changes in taste among his clients as that of recreating the energy, the atmospheric effects and the beauty of the landscape, luck allowing him to be the privileged witness to eruptions of Vesuvius three times, from 19 to 27 October 1767, from 1 to 11 May 1771 and from 8 to 15 August 1779. Fig.1 : Pierre Jacques Volaire, Eruption du Vesuve, 1782, 130 x 229cm, Museo del Real Bosco di Capodimonte. In our view of the famous eruption of Vesuvius in 1771, Volaire has used a horizontal panoramic format. Rich impasto and thick brushstrokes full of paint with colors varying from yellow to brown have been used to describe the projecting flaming stones that illuminate the surrounds plunged into the darkness of night. Volaire has created several areas of powerfully contrasting light and dark, penetrating the thick clouds of smoke with a blue glow. The attention paid to the tonal values and the rendering of the atmosphere, as well as the choice of a restrained layout, shows Vernet’s heritage. Like him, Volaire arranges figures in the foreground, but places them seen from the back and against the light. His clients could just as easily identify with these anonymous viewers making a “pilgrimage” to the eruption of Vesuvius that aroused as much passion as terror. During the 18th century, the spectacle of fusing matter, the power of its glowing incandescence, was the business of volcanology, a discipline that was in its infancy at the time, and philosophy, especially of the theoretician of the sublime, Edmund Burke (1729-1797). Artists such as Joseph Wright of Derby (1734- 1797) liked to suggest the eruptive phenomenon, while Volaire preferred to describe, as he only depicted volcanic events that he had seen and responded to demand for views that were a faithful representation of reality. From direct observation, favored by the practice of work “en plein air”, like a topographer, he developed his canvases in the studio. Fig.2 : Pierre Jacques Volaire,, Eruption du Vesuve, 1767, 116 x 110 cm, Paris Musée du Louvre.
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Provenance

Collection Emile Doumet (1798-1869), officier, député maire de Sète en Languedoc, grand maître du Grand Orient, fils de la femme de lettres et botaniste Aglaé Adanson ; son fils Paul-Napoléon Doumet-Adanson (1834-1897) au château de Balaine à Villeneuve-sur-Allier ; sa fille Louise Doumet-Adanson (1863-1892) ; ses enfants, Hugues, François et Cécile de Rocquigny-Adanson ; Vente de l'indivision, 7-8 décembre 1923, Hôtel Drouot ; Racheté par Hugues de Rocquigny-Adanson (1888-1959) ; sa fille Catherine, épouse Guy de Maumigny ; puis par descendance à ce jour.

Literature

Emilie Beck Saillo, Pierre Jacques Volaire (1729-1799), dit le Chevalier Volaire, Paris, Arthéna, 2010, P. 48-49 ; 51-62 ; 64-68 ; 75 et 84.
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