Gustave Moreau
Le Triomphe de Bacchus, vers 1875-1876
huile sur bois
23.2 x 17.8 cm.
9 1/8 x 7 in.
9 1/8 x 7 in.
Symboliste de premier plan, Gustave Moreau a peint des sujets fantastiques et mythologiques dans un style pictural et sensuel. Moreau a été influencé par le romantisme d'Eugène Delacroix et Théodore Chassériau (son professeur), mais s'est concentré sur les femmes-fatales et les vierges souvent associées à la peinture symboliste. Salomé dansant devant Hérode (1876), l'une des œuvres les plus célèbres de Moreau (Fig.2), a pris sept ans à l'artiste pour la peindre, en construisant lentement la surface riche et incrustée de la peinture. Moreau était également connu pour ses aquarelles semi-abstraites, et comme professeur à l'École des Beaux-Arts, où ses élèves comprenaient Albert Marquet, Henri Matisse et Georges Rouault. André Breton considérait Moreau comme un important précurseur du surréalisme.
En 1876, Gustave Moreau fait son retour triomphal au Salon, n'ayant pas exposé son travail depuis 1869. Dans les années intermédiaires Moreau était resté dans son atelier à Paris. Il a également combattu dans la guerre franco-prussienne, où il avait vu les horreurs de la guerre et du siège de Paris, la chute soudaine du Second Empire, la violence de la Commune de Paris et sa répression sanglante. Homme extrêmement patriote, Moreau fut profondément ébranlé à la fois par la rapidité et la brutalité de la guerre moderne et par l'inhumanité sauvage qu'il estimait avoir dévasté sa « noble France ». Il passa plusieurs années dans cette période sans rien peindre. Au milieu des années 1870, cependant, un penchant idéaliste avait commencé à se glisser dans l'œuvre de l'artiste. Il avait l'intention de représenter et d'inspirer une renaissance, à la fois spirituelle et morale, en France. Le triomphe de Bacchus, peint par Gustave Moreau au cours de cette même période d'optimisme et d'idéalisme, ne représente pas une idée plus petite pour l'artiste que cette même renaissance.
Bien que la figure de la peinture soit en effet Bacchus - identifiable par son char tiré par des panthères, une couronne de feuilles de vigne, et le thyrsus qu'il porte, Moreau veut donner une autre symbolique. Finis les satyres et les bacchantes ivres qui accompagnent habituellement le groupe, Bacchus en état d'ébriété dans sa procession, versant du vin et jouant de la musique. Au lieu de cela, le jeune dieu noble et mince monte héroïquement seul dans son char, déclenché de façon spectaculaire par son vêtement rouge gonflé et son halo doré. Cette figure juvénile, baignée de lumière, est plus en rapport avec les représentations d'Apollon que de Bacchus, comme en témoigne la description par Odilon Redon du char d'Apollon, qui doit beaucoup à l'influence de Moreau. Bien que les deux dieux soient considérés dans des traditions plus contemporaines comme étant l'antithèse l'un de l'autre, les Grecs considéraient Apollon et Dionysos, qui sont frères, comme complémentaires l'un de l'autre. Moreau, un étudiant dévoué de la tradition classique et de la mythologie, était très au courant de ce fait. Il est facile de voir comment l'union de ces deux dieux différents et de leur symbolisme associé ont fait échos à Moreau à ce moment de sa vie. Bacchus devait avoir un attrait particulier à cause de l'association mythologique du dieu avec la renaissance. Il y a plusieurs versions différentes de la naissance de Bacchus, mais toutes impliquent que le dieu meurt peu de temps après la naissance et qu'il est ressuscité en étant cousu dans la cuisse de Zeus et né de nouveau ; un thème que Moreau lui-même reprendra dans son dernier tableau, Jupiter et
A prominent symbolist, Gustave Moreau has painted fantastic and mythological subjects in a pictorial and sensual style. Moreau was influenced by the romanticism of Eugène Delacroix and Théodore Chassériau (his teacher) but focused on the femme fatales and virgins often associated with Symbolist painting. Salome dancing before Herod (1876), one of the most famous works of Moreau (fig.2), took the artist seven years to paint, slowly building the rich and encrusted surface of the painting. Moreau was also known for his semi-abstract watercolors, and as a professor at the École des Beaux-Arts, where his students included Albert Marquet, Henri Matisse and Georges Rouault. André Breton considered Moreau an important precursor of surrealism. In 1876 Gustave Moreau made his triumphant return to the Salon, having not exhibited his work there since 1869. In the intervening years Moreau had remained at his home and studio in Paris and also fought in the Franco-Prussian War, where he had seen the horrors of the War and the Siege of Paris, the sudden fall of the Second Empire, and the violence of the Paris Commune and its bloody repression firsthand. An extremely patriotic man, Moreau was deeply shaken by both the speed and brutality of modern warfare and by the savage inhumanity that he felt had lain waste to his ‘noble France,’ and went several years in this period without painting anything. By the middle years of the 1870s though, an idealist bent had begun to creep back into the artist’s work, which he intended to represent and inspire a rebirth, both spiritual and moral, in France. The triumph of Bacchus, painted by Gustave Moreau during this same period of optimism and idealism, represented no smaller idea for the artist than this very rebirth.
Though the figure in the painting is indeed Bacchus – identifiable by his chariot pulled by panthers, wreath of grape leaves, and the thyrsus he carries – Moreau has also imbued the god with distinctly Apollonian characteristics. Gone are the drunken satyrs and bacchantes which usually accompany the heavyset, inebriated Bacchus in his procession, pouring wine and playing music. Instead, the young, thin, noble god rides heroically in his chariot alone, set off dramatically by his billowing red garment and golden halo. This youthful figure, bathed in light, is more in line with depictions of Apollo than Bacchus, as seen in Odilon Redon’s depiction of Apollo’s chariot, which owes much to Moreau’s influence. Though the two gods are considered in more contemporary traditions to be the antithesis of one another, the Greeks considered Apollo and Dionysus, who are brothers, to be complimentary to one another. Moreau, a devoted student of the classical tradition and mythology, was very likely aware of this fact.
It is easy to see how the joining of these two different gods and their associated symbolism would appeal to Moreau at this moment in his life. Bacchus must have held particular appeal because of the god’s own mythological association with rebirth. There are several different versions of Bacchus’s birth, but all involve the god dying shortly after birth and being revived by being sewn into Zeus’s thigh and born again; a theme Moreau himself would take up in his final painting, Jupiter and Semele, 1894-95. The Apollonian attributes are also important because Moreau had long associated the noble and poetic figure of Apollo with France and the French people. In Louis Ménard’s book Du polytheisme hellénique, a copy of which is conserved in Moreau’s library, Mé
