Jean-Léon Gérôme
Carnet de voyage en Italie, Rome, novembre-décembre 1843
Graphite, encre, lavis et aquarelle, quelques ajouts contrecollés ; reliure souple, dos en demi-cuir, 27 pages
H. 10 cm ; L. 14 cm
H. 4 in ; W. 5 1/2 in
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Important carnet de voyage comprenant environ 27 pages de dessins réalisés par Jean-Léon Gérôme lors de son séjour en Italie en 1843. Études de personnages, animaux, architecture et jardins, avec...
Important carnet de voyage comprenant environ 27 pages de dessins réalisés par Jean-Léon Gérôme lors de son séjour en Italie en 1843. Études de personnages, animaux, architecture et jardins, avec plusieurs vues identifiées : Rome (Saint-Jean-de-Latran, Porta Maggiore), la campagne romaine, Civita Vecchia, le tombeau de Cecilia Metella, la Villa Pamphili, etc.
En 1843, le très jeune Jean-Léon Gérôme, alors âgé de dix-huit ans, décide de suivre son maître Paul Delaroche, auquel il est profondément attaché, dans le voyage d'études qu'il entreprend en Italie. Ce séjour, qui constituera l'une des expériences fondatrices de sa formation artistique, s'inscrit dans la grande tradition du voyage italien, étape presque obligée pour les artistes français désireux de se confronter aux modèles de l'Antiquité et aux chefs-d'œuvre de la Renaissance.
Les différentes étapes de ce parcours sont consignées dans ce carnet de voyage, sur lequel Gérôme travaille avec une remarquable assiduité tout au long de son séjour. Architectures, paysages, monuments antiques, figures populaires, animaux ou études prises sur le vif s'y succèdent, composant un véritable journal visuel de son apprentissage. Dans ses souvenirs autobiographiques, l'artiste évoquera lui-même l'importance capitale de cette expérience : « À 18 ans j'étais donc en Italie. Je ne m'étais fait aucune illusion sur mes études d'atelier qui, en effet, étaient très faibles. Je ne savais rien, j'avais tout à apprendre. (…) Je me mets au travail avec ardeur. Je fais des études d'architecture, de paysage, de figures d'animaux. Je sens que je m'éveille au contact de la nature. Cette année est une des plus heureuses et des mieux remplies de ma vie, et j'ai, à ce moment, fait assurément de sérieux progrès » (J.-L. Gérôme, Notes autobiographiques, 1876, édition présentée par G. Ackerman, Vesoul, SALSA, 1981, p. 8).
En feuilletant les pages de ce carnet, le spectateur a l'impression de suivre les pas de l'artiste à travers l'Italie : des vues de Rome et de ses environs aux silhouettes de paysans et de modèles populaires rencontrés dans les campagnes. Plusieurs de ces figures annoncent déjà l'univers des œuvres qui précèdent ses débuts triomphants au Salon de 1847 avec Jeunes Grecs faisant battre des coqs (Paris, musée d'Orsay), tableau fondateur du courant néo-grec, ainsi que certaines compositions comme les Deux paysannes italiennes et un enfant ou la série des Pifferari. Plus profondément encore, ce carnet révèle la découverte par Gérôme d'une Italie où l'Antiquité semble demeurer vivante. Les ruines, les paysages et les habitants participent d'un même continuum historique, où le passé monumental se mêle au quotidien le plus humble. Cette perception d'une histoire incarnée, nourrie de détails familiers et d'observations prises sur le vif, annonce déjà ce qui constituera l'une des caractéristiques essentielles de l'œuvre de Gérôme : non pas seulement la représentation des grands événements de l'Histoire, mais celle d'une histoire vécue, humaine et profondément tangible.
Jean-Léon Gérôme (Vesoul, 1824 – Paris, 1904)
Né le 11 mai 1824 à Vesoul, en Haute-Saône, dans une famille d'orfèvres, Jean-Léon Gérôme monte à Paris en 1841 pour entrer dans l'atelier de Paul Delaroche, dont il devient l'un des élèves les plus proches. Il accompagne son maître en Italie de 1843 à 1844, séjour déterminant pour sa formation. À son retour, il passe brièvement par l'atelier de Charles Gleyre avant de fréquenter l'École des beaux-arts. En 1846, il échoue à l'épreuve finale du prix de Rome. Il se révèle au Salon de 1847 avec Jeunes Grecs faisant battre des coqs (aujourd'hui au musée d'Orsay), toile saluée par Théophile Gautier et récompensée d'une médaille. L'œuvre fait de lui le chef de file du courant néo-grec, aux côtés de peintres comme Jean-Louis Hamon et Henri-Pierre Picou. Les années suivantes, il expose régulièrement au Salon et obtient une deuxième médaille en 1848. À partir de 1856, ses voyages en Égypte et au Proche-Orient orientent durablement son œuvre vers l'orientalisme, genre auquel il doit une grande partie de sa renommée. Il devient en 1863 professeur à l'École des beaux-arts, poste qu'il occupe pendant près de quarante ans et où il forme plus de deux mille élèves. Membre de l'Institut à partir de 1865, il est promu grand officier de la Légion d'honneur. À partir de 1878, Gérôme se tourne également vers la sculpture, souvent polychrome, dans laquelle il transpose les mêmes sujets historiques et orientalistes que dans sa peinture. Il meurt à Paris le 10 janvier 1904. Considéré de son vivant comme l'un des artistes français les plus célèbres, son œuvre tombe dans un relatif oubli après sa mort, éclipsée par la montée de l'art moderne, avant d'être redécouverte à partir de la fin du XXe siècle, notamment grâce aux travaux de l'historien d'art Gerald Ackerman.
En 1843, le très jeune Jean-Léon Gérôme, alors âgé de dix-huit ans, décide de suivre son maître Paul Delaroche, auquel il est profondément attaché, dans le voyage d'études qu'il entreprend en Italie. Ce séjour, qui constituera l'une des expériences fondatrices de sa formation artistique, s'inscrit dans la grande tradition du voyage italien, étape presque obligée pour les artistes français désireux de se confronter aux modèles de l'Antiquité et aux chefs-d'œuvre de la Renaissance.
Les différentes étapes de ce parcours sont consignées dans ce carnet de voyage, sur lequel Gérôme travaille avec une remarquable assiduité tout au long de son séjour. Architectures, paysages, monuments antiques, figures populaires, animaux ou études prises sur le vif s'y succèdent, composant un véritable journal visuel de son apprentissage. Dans ses souvenirs autobiographiques, l'artiste évoquera lui-même l'importance capitale de cette expérience : « À 18 ans j'étais donc en Italie. Je ne m'étais fait aucune illusion sur mes études d'atelier qui, en effet, étaient très faibles. Je ne savais rien, j'avais tout à apprendre. (…) Je me mets au travail avec ardeur. Je fais des études d'architecture, de paysage, de figures d'animaux. Je sens que je m'éveille au contact de la nature. Cette année est une des plus heureuses et des mieux remplies de ma vie, et j'ai, à ce moment, fait assurément de sérieux progrès » (J.-L. Gérôme, Notes autobiographiques, 1876, édition présentée par G. Ackerman, Vesoul, SALSA, 1981, p. 8).
En feuilletant les pages de ce carnet, le spectateur a l'impression de suivre les pas de l'artiste à travers l'Italie : des vues de Rome et de ses environs aux silhouettes de paysans et de modèles populaires rencontrés dans les campagnes. Plusieurs de ces figures annoncent déjà l'univers des œuvres qui précèdent ses débuts triomphants au Salon de 1847 avec Jeunes Grecs faisant battre des coqs (Paris, musée d'Orsay), tableau fondateur du courant néo-grec, ainsi que certaines compositions comme les Deux paysannes italiennes et un enfant ou la série des Pifferari. Plus profondément encore, ce carnet révèle la découverte par Gérôme d'une Italie où l'Antiquité semble demeurer vivante. Les ruines, les paysages et les habitants participent d'un même continuum historique, où le passé monumental se mêle au quotidien le plus humble. Cette perception d'une histoire incarnée, nourrie de détails familiers et d'observations prises sur le vif, annonce déjà ce qui constituera l'une des caractéristiques essentielles de l'œuvre de Gérôme : non pas seulement la représentation des grands événements de l'Histoire, mais celle d'une histoire vécue, humaine et profondément tangible.
Jean-Léon Gérôme (Vesoul, 1824 – Paris, 1904)
Né le 11 mai 1824 à Vesoul, en Haute-Saône, dans une famille d'orfèvres, Jean-Léon Gérôme monte à Paris en 1841 pour entrer dans l'atelier de Paul Delaroche, dont il devient l'un des élèves les plus proches. Il accompagne son maître en Italie de 1843 à 1844, séjour déterminant pour sa formation. À son retour, il passe brièvement par l'atelier de Charles Gleyre avant de fréquenter l'École des beaux-arts. En 1846, il échoue à l'épreuve finale du prix de Rome. Il se révèle au Salon de 1847 avec Jeunes Grecs faisant battre des coqs (aujourd'hui au musée d'Orsay), toile saluée par Théophile Gautier et récompensée d'une médaille. L'œuvre fait de lui le chef de file du courant néo-grec, aux côtés de peintres comme Jean-Louis Hamon et Henri-Pierre Picou. Les années suivantes, il expose régulièrement au Salon et obtient une deuxième médaille en 1848. À partir de 1856, ses voyages en Égypte et au Proche-Orient orientent durablement son œuvre vers l'orientalisme, genre auquel il doit une grande partie de sa renommée. Il devient en 1863 professeur à l'École des beaux-arts, poste qu'il occupe pendant près de quarante ans et où il forme plus de deux mille élèves. Membre de l'Institut à partir de 1865, il est promu grand officier de la Légion d'honneur. À partir de 1878, Gérôme se tourne également vers la sculpture, souvent polychrome, dans laquelle il transpose les mêmes sujets historiques et orientalistes que dans sa peinture. Il meurt à Paris le 10 janvier 1904. Considéré de son vivant comme l'un des artistes français les plus célèbres, son œuvre tombe dans un relatif oubli après sa mort, éclipsée par la montée de l'art moderne, avant d'être redécouverte à partir de la fin du XXe siècle, notamment grâce aux travaux de l'historien d'art Gerald Ackerman.
