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Pierre Prévost, Panorama de Paris vu depuis le Pavillon de Flore, circa 1810

Pierre Prévost

Panorama de Paris vu depuis le Pavillon de Flore, circa 1810
Aquarelle, gouache et crayon sur feuilles de papier marouflées sur toile
82.5 x 490.5 cm.
32 1/2 x 193 1/8 in.
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Ce dessin, réalisé par Pierre Prévost vers 1810, est le rare témoin de l’une des premières grandes attractions populaires du XIXe siècle : le panorama. Le principe, inventé à la toute fin du XVIIIe siècle par Robert Baker (1739 – 1806), consiste en une suite de très grandes toiles peintes ; pouvant atteindre plusieurs mètres de haut et jusqu’à trente mètres de long ; disposées dans une rotonde spécialement conçue pour les accueillir, provoquant, par la parfaite maîtrise de l’optique et de la perspective, l’immersion totale du spectateur dans le paysage représenté. Très peu de panoramas sont parvenus jusqu’à nous, leur grande fragilité, les déplacements au gré des expositions de villes en villes, provoquant leurs disparitions successives. Le plus célèbre des panoramas encore visibles aujourd’hui est celui de Mesdag à la Haye (du nom de son créateur). Il offre un point de vue sur la ville, son port, et la plage de Scheveningen (fig.1) ; mais il nous laisse surtout imaginer l’émerveillement que le public a dû éprouver lorsqu’il découvre en 1814, à Vienne, le Panorama de Paris vu depuis le Pavillon Flore réalisé par Prévost ; et dont notre dessin est la première étape du projet. Fig.1 : Le Panorama de Mesdag, La Haye, Pays-Bas. Pierre Prévost se forme auprès de Pierre-Henri de Valenciennes, et s’affirme comme un peintre de paysage émérite. En 1799, Robert Fulton (1765 – 1815) obtient le brevet d’exploitation des panoramas en France. Il embauche alors Prévost pour concevoir les toiles panoramiques, lui offrant un champ d’expression nouveau, où Prévost sera sans rival et pourra s’affirmer, à juste titre, comme maître incontesté du genre. Attraction au succès grandissant, Prévost voyage et se consacre à de nombreux projets, ainsi il réalise un panorama de Londres (fig.2), d’Athènes, Rome, Naples, Amsterdam, Anvers, Jérusalem, Constantinople (fig.3) …et Paris. Fig.2 : Pierre Prévost, Panorama de Londres, London Museum. Fig.3, Pierre Prévost, Vue de Constantinople (details), Musée du Louvre, Paris. En 1809, Prévost se trouve à Vienne pour préparer les premiers relevés du projet de panorama de la ville autrichienne qu’il voulait exposer à Paris. Il rencontre alors Mme Barton, entrepreneur, qui lui commande un panorama de Paris pour Vienne. Notre dessin est l’un des deux seuls travaux préparatoires connus de ce panorama aujourd’hui disparu. Pour son projet, Prévost choisi logiquement le Pavillon de Flore comme point d’observation. On distingue aisement les bâtiments qui composent Paris à cetté époque : Le Palais du Louvre, la Grande Galerie, le pont des Arts, Notre-Dame, l’Institut de France, le jardin des Tuileries, ou encore l’Arc de Triomphe. Notons que Prévost omet volontairement de représenter à gauche du dessin, le quartier du Caroussel du Louvre, qui existait encore en 1812, mais dont le projet de destruction, ne sera réalisé que sous le Second Empire. Afin de guider les visiteurs viennois, plongés dans un Paris qu’ils ne connaissent pas, Prévost et Burton imaginent une table d’orientation distribuée aux spectateurs, leur permettant de s’orienter, et d’identifier les momuments se dressant devant leurs yeux (fig.4). Fig.4, Table d’orientation du Panorama de Paris, gravure, collection particulière. Notre dessin, lumineux et d’une exceptionnelle qualité, est bien plus qu’une oeuvre artistique. Attraction disparue, éclipsée par le cinema à l’aube du XXe siècle, les panoramas permettaient aux spectateurs l’illusion d’un voyage à l’autre bout de l’Europe. Grâce à ce dessin et à son talent, c’est un voyage dans le temps que Pierre Prévost nous propose, quelques deux cents ans plus tôt, dans un Paris aujourd’hui métamorphosé.
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This drawing, made by Pierre Prévost circa 1810, is the rare testimony of one of the first great popular attractions of the 19th century: the panorama. The principle, invented at the very end of the 18th century by Robert Baker (1739 - 1806), consists of a series of very large painted canvases; up to several meters high and up to thirty meters long; arranged in a rotunda specially designed to accommodate them, causing, by the perfect mastery of optics and perspective, the total immersion of the spectator in the represented landscape. Very few panoramas have come down to us, their great fragility, displacements according to exhibitions from city to city, cause their successive disappearances. The most famous panorama still visible today is the panorama of Mesdag in The Hague (named after its creator). It offers a view of the city, its port, and the beach of Scheveningen (fig.1); but above all, it lets us imagine the wonder that the public must have experienced when they discovered in 1814, in Vienna, the Panorama of Paris seen from the Flore Pavilion realized by Prévost; our drawing is the first stage of the project. Fig.1: Mesdag Panorama, The Hague, Netherlands Pierre Prévost trained with Pierre-Henri de Valenciennes, and established himself as an eminent landscape painter. In 1799 Robert Fulton (1765 - 1815) obtained a license to operate panoramas in France. He then hired Prévost to design the panoramic canvases, offering him a new field of expression, where Prévost would be unrivaled and could assert himself, quite rightly, as the undisputed master of the genre. Attraction with growing success, Prévost travels and devotes himself to numerous projects, thus he realizes a panorama of London (fig.2), Athens, Rome, Naples, Amsterdam, Antwerp, Jerusalem, Constantinople (fig.3)… and Paris. Fig.2 , Pierre Prévost, View of London, London Museum Fig.3, Pierre Prévost, View of Constantinople (detail), Musée du Louvre, Paris. In 1809 Prévost was in Vienna to prepare the first sketches about the Austrian city panorama project, which he wanted to exhibit in Paris. He then meets Mrs. Barton, entrepreneur, who orders him a panorama of Paris for the city of Vienna. Our drawing is one of only two known preparatory works for this panorama that has disappeared today. For his project, Prévost logically chose the Pavillon de Flore as an observation point. We can easily distinguish the buildings in Paris at this time: The Palais du Louvre, the Grande Galerie, the Pont des Arts, Notre-Dame, the Institut de France, the Tuileries Garden, and even the Arc de Triomphe. Note that Prévost intentionally omits to represent on the left of the drawing, the Caroussel district of the Louvre, which still existed in 1812, but whose destruction project, will not be carried out until the Second Empire. In order to guide Viennese visitors, immersed in a Paris they do not know, Prévost and Burton imagine an orientation table distributed to spectators, allowing them to orient themselves, and identify the monuments standing before their eyes (fig.4). Fig.4, Orientation table of the Panorama of Paris, etching, private collection. Our drawing, bright and of exceptional quality, is much more than an artistic work. A vanished attraction, overshadowed by cinema at the dawn of the 20th century, the panoramas gave viewers the illusion of a trip to the other end of Europe. Thanks to this drawing and his talent, it is a trip back in time that Pierre Prévost offers us, some two hundred years earlier, in a Paris today transformed.
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Provenance

Purchased in Vienna during the 1930's by the grandfather of the last owners;
Thence by descent to the last owners;
Belgrade, private collection.

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