Jacob Frères
Fauteuil de bureau « aux béliers », Paris, période Consulat, vers 1800
Acajou, bronze patiné, roulettes en laiton
H. 92 cm ; L. 62 cm ; P. 60 cm
H. 36 1/4 in ; W. 24 3/8 in ; D. 23 5/8 in
H. 36 1/4 in ; W. 24 3/8 in ; D. 23 5/8 in
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Ce fauteuil en acajou présente une assise ample et confortable. Le dossier cintré est ajouré de croisillons réunis par des rosaces. Des volutes formant consoles soutiennent la planche du dossier....
Ce fauteuil en acajou présente une assise ample et confortable. Le dossier cintré est ajouré de croisillons réunis par des rosaces. Des volutes formant consoles soutiennent la planche du dossier. Les accotoirs cintrés se terminent par une tête de bélier patinée, toutes deux sculptées avec une grande précision. La gueule, les cornes et la toison des animaux sont décrites avec un luxe de détails. Les consoles d'accotoirs sont rehaussées de feuilles d'acanthe patinées au-dessus du dé de raccordement, lui-même orné de bustes de personnages orientaux patinés de noir et de rosaces. Ces profils, très finement ouvragés, ont été ciselés dans du bronze puis rapportés sur la face principale des dés de raccordement. Les visages sont très caractérisés grâce à un modelé ferme et vigoureux. Supportant l'assise, les pieds antérieurs sont tournés en balustre et sculptés à l'épaulement d'écailles patinées de noir. À l'arrière, les pieds sabres, tout comme les pieds antérieurs, sont munis d'une roulette en laiton. La patine noire, ponctuant ici et là les montants antérieurs, insuffle un grand rythme décoratif et ajoute à la préciosité du fauteuil.
Ce modèle unique anticipe sur le nouveau style qui se développera à Paris sous le Consulat et l'Empire. Il mêle différents langages décoratifs modernes pour créer un siège au dessin entièrement neuf. Le dossier à croisillons est inspiré de celui imitant des sangles, inventé par Hubert Robert en 1787 pour la laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet. Les pieds fuselés antérieurs, ornés d'une rosace au dé, et les pieds postérieurs en sabre appartiennent au style « à l'étrusque ». Apparu à la fin du XVIIIe siècle sous l'influence du néoclassicisme, ce répertoire ornemental était inspiré des décors géométriques des vases grecs. Les pieds antérieurs décorés d'écailles à l'épaulement empruntent leur dessin au mobilier égyptien et témoignent de l'engouement suscité par l'expédition d'Égypte de Bonaparte. Enfin, l'accotoir se terminant par une tête de bélier deviendra un motif privilégié des ébénistes sous l'Empire. Seuls les frères Jacob possédaient la maîtrise technique, les qualités inventives et le sens décoratif pour réaliser un fauteuil de cette qualité.
Jacob Frères
Les Jacob forment la famille d'ébénistes la plus célèbre de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Reçu maître en 1765, Georges Jacob (1739-1814) travaille dès 1773 essentiellement pour le Garde-Meuble de la Couronne, fournissant ainsi les principales résidences royales. Sous la Révolution, il bénéficie de la protection du peintre Jacques-Louis David, avec lequel il collabore étroitement. Parmi ses cinq enfants, l'aîné Georges II (1768-1803) et le cadet François-Honoré-Georges (1770-1841) deviennent tous deux menuisiers et ébénistes, secondant brillamment leur père dans son entreprise. En 1796, Georges Jacob cède son fonds à ses deux fils qui créent alors la raison sociale JACOB FRÈRES. Leur père leur loue ses ateliers et continue à les conseiller. La mort de son fils aîné, en 1803, incite Georges Jacob à reprendre une part plus active dans l'entreprise. Il s'associe avec François-Honoré-Georges et crée une nouvelle société dénommée JACOB-DESMALTER ET Cie. Constituée pour neuf années, celle-ci n'est pas renouvelée à son expiration le 23 octobre 1812. Elle fait faillite l'année suivante. Georges Jacob se retire alors ; il meurt en 1814.
Ce modèle unique anticipe sur le nouveau style qui se développera à Paris sous le Consulat et l'Empire. Il mêle différents langages décoratifs modernes pour créer un siège au dessin entièrement neuf. Le dossier à croisillons est inspiré de celui imitant des sangles, inventé par Hubert Robert en 1787 pour la laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet. Les pieds fuselés antérieurs, ornés d'une rosace au dé, et les pieds postérieurs en sabre appartiennent au style « à l'étrusque ». Apparu à la fin du XVIIIe siècle sous l'influence du néoclassicisme, ce répertoire ornemental était inspiré des décors géométriques des vases grecs. Les pieds antérieurs décorés d'écailles à l'épaulement empruntent leur dessin au mobilier égyptien et témoignent de l'engouement suscité par l'expédition d'Égypte de Bonaparte. Enfin, l'accotoir se terminant par une tête de bélier deviendra un motif privilégié des ébénistes sous l'Empire. Seuls les frères Jacob possédaient la maîtrise technique, les qualités inventives et le sens décoratif pour réaliser un fauteuil de cette qualité.
Jacob Frères
Les Jacob forment la famille d'ébénistes la plus célèbre de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Reçu maître en 1765, Georges Jacob (1739-1814) travaille dès 1773 essentiellement pour le Garde-Meuble de la Couronne, fournissant ainsi les principales résidences royales. Sous la Révolution, il bénéficie de la protection du peintre Jacques-Louis David, avec lequel il collabore étroitement. Parmi ses cinq enfants, l'aîné Georges II (1768-1803) et le cadet François-Honoré-Georges (1770-1841) deviennent tous deux menuisiers et ébénistes, secondant brillamment leur père dans son entreprise. En 1796, Georges Jacob cède son fonds à ses deux fils qui créent alors la raison sociale JACOB FRÈRES. Leur père leur loue ses ateliers et continue à les conseiller. La mort de son fils aîné, en 1803, incite Georges Jacob à reprendre une part plus active dans l'entreprise. Il s'associe avec François-Honoré-Georges et crée une nouvelle société dénommée JACOB-DESMALTER ET Cie. Constituée pour neuf années, celle-ci n'est pas renouvelée à son expiration le 23 octobre 1812. Elle fait faillite l'année suivante. Georges Jacob se retire alors ; il meurt en 1814.
