Rome, second quart du XVIIe siècle
Miroir en ébène, argent, bronze, cuivre doré et jaspe rouge de Sicile, Second quart du XVIIe siècle
Ébène ; argent ; bronze et cuivre doré ; jaspe rouge de Sicile
H. totale : 67,5 cm ; H. du cadre : 53 cm
Total H. 26 5/8 in ; frame H. 20 7/8 in
Total H. 26 5/8 in ; frame H. 20 7/8 in
Le cadre présente une bordure interne ornée de plaques en argent à motifs stylisés, travaillés au repoussé, et agrémentée de huit plaques en jaspe rouge fleuri de Sicile alternant avec...
Le cadre présente une bordure interne ornée de plaques en argent à motifs stylisés, travaillés au repoussé, et agrémentée de huit plaques en jaspe rouge fleuri de Sicile alternant avec huit fleurons en argent doré. Un registre de feuilles d'argent ponctué de quatre feuilles dorées aux angles orne la doucine de la bordure extérieure. Le tout est couronné d'un fronton triangulaire à tête de chérubin flanquée de volutes stylisées.
La production de cadres précieux, comme celui étudié ici, très souvent en ébène enrichi de décorations en argent, bronze, cuivre doré et pierres rares, est caractéristique de la Rome de la première moitié du XVIIe siècle, et tout particulièrement du règne du pape Urbain VIII Barberini (1623-1644). Ces cadres étaient presque toujours destinés à contenir de précieux objets de dévotion: peintures sur cuivre ou sur pierres dures, comme le lapis-lazuli, plaques d'argent travaillées au repoussé ou encore intailles d'ivoire.
Les exemplaires complets encore existants sont peu nombreux: un cadre en ébène, pierres dures et argent, avec une plaque représentant L’Adoration des Mages, est aujourd'hui conservé au palais Pallavicini (Rome); un second cadre, agrémenté d'une plaque en améthyste illustrant la Fuite en Egypte, appartient aux collections du Victoria and Albert Museum (Londres), toujours en ébène et pierres dures, rehaussé de décorations en argent; un troisième cadre, d'origine romaine, forme un petit autel portatif orné de motifs en argent et d'incrustations de pierres dures, avec au centre un bas-relief en argent repoussé (collection privée).
L'analyse des documents (dont beaucoup sont encore inédits) se rapportant à ce type d'objets nous permet de constater que ces derniers étaient pour la plupart exécutés par des ébénistes et des orfèvres, secondés, bien évidemment, par des lapidaires et des peintres. La plupart des tableaux constituaient des dons qui, au regard de leur caractère essentiellement religieux, étaient commandés spécialement par le Pape ou par des membres de sa famille. A cette époque, Urbain VIII et surtout son neveu, le cardinal Francesco Barberini envoyèrent de nombreux cadeaux de ce type. Souvent ces destinataires appartenaient aux membres de l'aristocratie espagnole avec laquelle la cour de Rome entretenait d'étroites relations. Plusieurs de ces objets subsistent encore en Espagne aujourd'hui. Un cadre reliquaire enfermant un petit cuivre peint représentant L’Adoration des Mages est conservée à Madrid, dans le monastère de l'Encarnación ; une œuvre similaire, ornée au centre d'une améthyste peinte montrant la scène de L’Annonciation, est visible à l'Institut Valencia de Don Juan; enfin dans ce même musée madrilène est exposé un cadre octogonal du même type, dépourvu (comme le nôtre) de la peinture centrale qu'il contenait sûrement à l'origine. Ce cadre en ébène, orné de filets en cuivre doré et d'incrustations en lapis-lazuli, présente un décor employant précisément le même type de jaspe rouge de Sicile que celui employé pour le nôtre, et ce qui est encore plus étonnant, affiche un fronton triangulaire en bronze doré identique, ce qui implique une provenance du même atelier.
Toujours en Espagne, dans l'église de Notre-Dame de l'Assomption de Pastrana, à Guadalajara, un cadre contenant un relief en ivoire présente des ornements stylistiques assez semblables à ceux du cadre étudié ici, enrichi de plaques ovoïdes en argent émaillé et encore décoré des abeilles héraldiques des Barberini, en or. L'œuvre est traditionnellement connue comme étant un don d'Urbain VIII au troisième duc de Pastrana, ambassadeur à Rome entre 1623 et 1626, et a été mise en corrélation avec un paiement effectué par l'administration pontificale à l'orfèvre Hans Keller en 16244. Hans Keller (ou Giovanni Cheller ou Chellero) compta parmi les nombreux artistes originaires du Nord, actifs à Rome au cours de cette période. Raniero de Bruch, orfèvre originaire de Bruges et documenté à Rome durant la première moitié du siècle, au moins à partir de 1604, fut un confrère bien connu de Keller, au même titre que Remigio Chilholze, associé à un ébéniste flamand, Gaspare Vanulese, qui lui donna, en 1629, les instruments du métier.
Mort en 1661, Chilholze (Chilazzi, Chilholtz ou Chioliis), sur l'activité duquel nous sommes bien renseigné, est régulièrement mentionné pour la production de cadres en ébène et pietra dura dans les comptes du Cardinal Francesco Barberini, au moins de 1632 à 16447. Nous connaissons encore d'autres noms d'artisans spécialisés dans ce type de production comme le flamand Ermanno, mais aussi Gasparo Mola, Ercole della Corte, flamand également, le français Tommaso Cortine, Francesco Monelli, Giovanni Battista Venturini, Francesco della Vecchia, Francesco Secapietre, Francesco Baldini, Nicolò Cavallini, et Domenico Mazzolini, ce dernier semblant surtout être un négociant spécialisé.
Nous noterons que beaucoup de ces artisans (certainement plus qu'on ne pourrait le supposer) travaillaient en étroite collaboration. La plupart venaient du Nord ce qui explique le caractère septentrional émanant des formes de ces cadres typiques des productions italiennes, mais avant tout romaines.
La production de cadres précieux, comme celui étudié ici, très souvent en ébène enrichi de décorations en argent, bronze, cuivre doré et pierres rares, est caractéristique de la Rome de la première moitié du XVIIe siècle, et tout particulièrement du règne du pape Urbain VIII Barberini (1623-1644). Ces cadres étaient presque toujours destinés à contenir de précieux objets de dévotion: peintures sur cuivre ou sur pierres dures, comme le lapis-lazuli, plaques d'argent travaillées au repoussé ou encore intailles d'ivoire.
Les exemplaires complets encore existants sont peu nombreux: un cadre en ébène, pierres dures et argent, avec une plaque représentant L’Adoration des Mages, est aujourd'hui conservé au palais Pallavicini (Rome); un second cadre, agrémenté d'une plaque en améthyste illustrant la Fuite en Egypte, appartient aux collections du Victoria and Albert Museum (Londres), toujours en ébène et pierres dures, rehaussé de décorations en argent; un troisième cadre, d'origine romaine, forme un petit autel portatif orné de motifs en argent et d'incrustations de pierres dures, avec au centre un bas-relief en argent repoussé (collection privée).
L'analyse des documents (dont beaucoup sont encore inédits) se rapportant à ce type d'objets nous permet de constater que ces derniers étaient pour la plupart exécutés par des ébénistes et des orfèvres, secondés, bien évidemment, par des lapidaires et des peintres. La plupart des tableaux constituaient des dons qui, au regard de leur caractère essentiellement religieux, étaient commandés spécialement par le Pape ou par des membres de sa famille. A cette époque, Urbain VIII et surtout son neveu, le cardinal Francesco Barberini envoyèrent de nombreux cadeaux de ce type. Souvent ces destinataires appartenaient aux membres de l'aristocratie espagnole avec laquelle la cour de Rome entretenait d'étroites relations. Plusieurs de ces objets subsistent encore en Espagne aujourd'hui. Un cadre reliquaire enfermant un petit cuivre peint représentant L’Adoration des Mages est conservée à Madrid, dans le monastère de l'Encarnación ; une œuvre similaire, ornée au centre d'une améthyste peinte montrant la scène de L’Annonciation, est visible à l'Institut Valencia de Don Juan; enfin dans ce même musée madrilène est exposé un cadre octogonal du même type, dépourvu (comme le nôtre) de la peinture centrale qu'il contenait sûrement à l'origine. Ce cadre en ébène, orné de filets en cuivre doré et d'incrustations en lapis-lazuli, présente un décor employant précisément le même type de jaspe rouge de Sicile que celui employé pour le nôtre, et ce qui est encore plus étonnant, affiche un fronton triangulaire en bronze doré identique, ce qui implique une provenance du même atelier.
Toujours en Espagne, dans l'église de Notre-Dame de l'Assomption de Pastrana, à Guadalajara, un cadre contenant un relief en ivoire présente des ornements stylistiques assez semblables à ceux du cadre étudié ici, enrichi de plaques ovoïdes en argent émaillé et encore décoré des abeilles héraldiques des Barberini, en or. L'œuvre est traditionnellement connue comme étant un don d'Urbain VIII au troisième duc de Pastrana, ambassadeur à Rome entre 1623 et 1626, et a été mise en corrélation avec un paiement effectué par l'administration pontificale à l'orfèvre Hans Keller en 16244. Hans Keller (ou Giovanni Cheller ou Chellero) compta parmi les nombreux artistes originaires du Nord, actifs à Rome au cours de cette période. Raniero de Bruch, orfèvre originaire de Bruges et documenté à Rome durant la première moitié du siècle, au moins à partir de 1604, fut un confrère bien connu de Keller, au même titre que Remigio Chilholze, associé à un ébéniste flamand, Gaspare Vanulese, qui lui donna, en 1629, les instruments du métier.
Mort en 1661, Chilholze (Chilazzi, Chilholtz ou Chioliis), sur l'activité duquel nous sommes bien renseigné, est régulièrement mentionné pour la production de cadres en ébène et pietra dura dans les comptes du Cardinal Francesco Barberini, au moins de 1632 à 16447. Nous connaissons encore d'autres noms d'artisans spécialisés dans ce type de production comme le flamand Ermanno, mais aussi Gasparo Mola, Ercole della Corte, flamand également, le français Tommaso Cortine, Francesco Monelli, Giovanni Battista Venturini, Francesco della Vecchia, Francesco Secapietre, Francesco Baldini, Nicolò Cavallini, et Domenico Mazzolini, ce dernier semblant surtout être un négociant spécialisé.
Nous noterons que beaucoup de ces artisans (certainement plus qu'on ne pourrait le supposer) travaillaient en étroite collaboration. La plupart venaient du Nord ce qui explique le caractère septentrional émanant des formes de ces cadres typiques des productions italiennes, mais avant tout romaines.
Provenance
Collection particulière1
sur
110
