Entourage de Bernardo Buontalenti
Mascaron grotesque, Florence, fin du XVIe siècle
Marbre
H. 54 cm ; L. 38 cm
H. 21 1/4 in ; W. 15 in
H. 21 1/4 in ; W. 15 in
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Au XVIe siècle, l'art maniériste se met au service des plaisirs d'une société de cour avide de jeu d'esprit et de plaisir sensuel. Dans ce contexte, l'art des jardins allégoriques...
Au XVIe siècle, l'art maniériste se met au service des plaisirs d'une société de cour avide de jeu d'esprit et de plaisir sensuel. Dans ce contexte, l'art des jardins allégoriques et fantaisistes prend son essor, sous l'influence d'un roman allégorique très apprécié des lettrés de l'époque : Le Songe de Poliphile. Imprimé à Venise en 1499, ce récit onirique écrit par Francesco Colonna en 1467, nous conte le voyage initiatique de son héros en direction de l'île de Cythère. Tout au long de son périple, Poliphile traverse des cités merveilleuses, des mondes aquatiques, des jardins aux buissons sculptés à la rencontre d'êtres fabuleux et de sculptures. Les descriptions détaillées de cet ouvrage sont reprises par les artistes maniéristes soucieux de faire du jardin un lieu d'émerveillement intarissable au service de la célébration de son propriétaire. Le jardin maniériste fait dès lors le choix de l'espace, des grandes mises en scène sublimées par les jeux d'eau, et de la sculpture, qui orne à foison des grottes artificielles et de monumentales fontaines.
Cette bouche de fontaine florentine, revêtant l'aspect d'un mascaron grotesque mi-homme, mi-créature aquatique, constitue un vibrant témoignage de cet art. Son style imposant, à la fois puissant et sophistiqué, son éloquence ainsi que son caractère hybride conjuguent toutes les caractéristiques de cet art maniériste, friand de motifs issus du bestiaire marin, partisan d'un goût pour l'étrange et le mystère, prédicateur d'un art théâtral. D'un point de vue formel, notre mascaron peut être rapproché du Mascaron hurlant qui orne le monument funéraire de Giuliano, duc de Nemours (Michel-Ange Buonarroti, Tombeau de Giuliano de' Medici, 1526-1534, Florence, basilique San Lorenzo), ou encore de celui de la « Fonte dello Sperone », réalisé vers 1608 par Andrea di Michelangelo Ferrucci (1526-1626) à Florence, à la croisée de la via Maggio et de Borgo S. Jacopo.
L'aspect de notre sujet, mi-homme, mi-nénuphars, évoque quant à lui deux bouches de fontaine à motif végétal anthropomorphique dites Mascaron grotesque, attribuées à Bernardo Buontalenti (1531-1608) et conservées à ce jour dans des collections privées. Les inventaires de l'époque témoignent du succès que rencontrèrent ces réalisations décoratives singulières auprès de l'aristocratie de l'époque et sur la place publique florentine. Ainsi, Pietro Tacca (1577-1640) adopta de tels éléments pour réaliser à la fin du XVIe siècle ses célèbres fontaines de la place de l'Annunziata (Fontaine aux monstres marins, bronze, vers 1627-1641, Florence, Piazza della Santissima Annunziata) et de la cour du Palais della Stufa.
Cette bouche de fontaine florentine, revêtant l'aspect d'un mascaron grotesque mi-homme, mi-créature aquatique, constitue un vibrant témoignage de cet art. Son style imposant, à la fois puissant et sophistiqué, son éloquence ainsi que son caractère hybride conjuguent toutes les caractéristiques de cet art maniériste, friand de motifs issus du bestiaire marin, partisan d'un goût pour l'étrange et le mystère, prédicateur d'un art théâtral. D'un point de vue formel, notre mascaron peut être rapproché du Mascaron hurlant qui orne le monument funéraire de Giuliano, duc de Nemours (Michel-Ange Buonarroti, Tombeau de Giuliano de' Medici, 1526-1534, Florence, basilique San Lorenzo), ou encore de celui de la « Fonte dello Sperone », réalisé vers 1608 par Andrea di Michelangelo Ferrucci (1526-1626) à Florence, à la croisée de la via Maggio et de Borgo S. Jacopo.
L'aspect de notre sujet, mi-homme, mi-nénuphars, évoque quant à lui deux bouches de fontaine à motif végétal anthropomorphique dites Mascaron grotesque, attribuées à Bernardo Buontalenti (1531-1608) et conservées à ce jour dans des collections privées. Les inventaires de l'époque témoignent du succès que rencontrèrent ces réalisations décoratives singulières auprès de l'aristocratie de l'époque et sur la place publique florentine. Ainsi, Pietro Tacca (1577-1640) adopta de tels éléments pour réaliser à la fin du XVIe siècle ses célèbres fontaines de la place de l'Annunziata (Fontaine aux monstres marins, bronze, vers 1627-1641, Florence, Piazza della Santissima Annunziata) et de la cour du Palais della Stufa.
