Michelangelo Pistoletto
Color and Light, 2024
Miroir noir et argenté, jute, bois, cadre doré. Œuvre unique
180 x 120 x 6 cm
70 7/8 x 47 1/4 x 2 3/8 in
70 7/8 x 47 1/4 x 2 3/8 in
Figure majeure de l'Arte Povera, Michelangelo Pistoletto a fait du miroir l'un des instruments les plus radicaux de l'art contemporain. En 1962, il inaugure ses célèbres Quadri specchianti (Tableaux-miroirs), substituant...
Figure majeure de l'Arte Povera, Michelangelo Pistoletto a fait du miroir l'un des instruments les plus radicaux de l'art contemporain.
En 1962, il inaugure ses célèbres Quadri specchianti (Tableaux-miroirs), substituant à la toile traditionnelle une surface d'acier inoxydable poli. En intégrant le spectateur et l'espace environnant à la composition, Pistoletto transforme la peinture en une réalité mouvante, où l'image fixe dialogue avec le présent. Le miroir devient ainsi le lieu de rencontre entre l'art et la vie, entre la représentation et le temps qui passe.
Après plusieurs décennies consacrées à l'exploration du reflet, l'artiste introduit un geste apparemment paradoxal : briser le miroir, ce support devenu emblématique de son œuvre.
Avec ses performances Breaking of the Mirror, initiées en 2009, la destruction de la surface réfléchissante prend une dimension philosophique. Loin de renier ses recherches précédentes, Pistoletto les prolonge : chaque fragment conserve sa capacité à refléter le monde, multipliant les points de vue et suggérant qu'une unité nouvelle peut naître de la fragmentation.
Cette réflexion s'inscrit dans une démarche plus ancienne. Dès 1967, avec La Vénus aux chiffons, Pistoletto confrontait la beauté idéale de la statuaire classique aux matériaux modestes et abandonnés de la société contemporaine. Cette tension entre héritage artistique et transformation demeure au cœur de sa pratique.
Dans Color and Light (2024), cette évolution trouve une expression particulièrement subtile. Issue d'une série commencée en 2014, l'œuvre associe des miroirs noirs et argentés aux découpes organiques à une toile de jute d'un turquoise lumineux. Le cadre doré, richement ornementé, rappelle la formation de Pistoletto auprès de son père, peintre et restaurateur, ainsi que son intérêt précoce pour la peinture ancienne.
La surface réfléchissante n'est plus continue : elle se fragmente en formes abstraites qui semblent se répondre et se prolonger. Le miroir cesse d'être une simple fenêtre sur le réel pour devenir un élément de composition à part entière.
Pour Pistoletto, briser un miroir revient également à défier la superstition qui entoure ce geste. Si son unité matérielle disparaît, sa capacité à refléter demeure intacte dans chacun de ses fragments. Cette multiplication des reflets devient une métaphore de la société, où chaque individu conserve son identité tout en participant à un ensemble collectif.
En 1962, il inaugure ses célèbres Quadri specchianti (Tableaux-miroirs), substituant à la toile traditionnelle une surface d'acier inoxydable poli. En intégrant le spectateur et l'espace environnant à la composition, Pistoletto transforme la peinture en une réalité mouvante, où l'image fixe dialogue avec le présent. Le miroir devient ainsi le lieu de rencontre entre l'art et la vie, entre la représentation et le temps qui passe.
Après plusieurs décennies consacrées à l'exploration du reflet, l'artiste introduit un geste apparemment paradoxal : briser le miroir, ce support devenu emblématique de son œuvre.
Avec ses performances Breaking of the Mirror, initiées en 2009, la destruction de la surface réfléchissante prend une dimension philosophique. Loin de renier ses recherches précédentes, Pistoletto les prolonge : chaque fragment conserve sa capacité à refléter le monde, multipliant les points de vue et suggérant qu'une unité nouvelle peut naître de la fragmentation.
Cette réflexion s'inscrit dans une démarche plus ancienne. Dès 1967, avec La Vénus aux chiffons, Pistoletto confrontait la beauté idéale de la statuaire classique aux matériaux modestes et abandonnés de la société contemporaine. Cette tension entre héritage artistique et transformation demeure au cœur de sa pratique.
Dans Color and Light (2024), cette évolution trouve une expression particulièrement subtile. Issue d'une série commencée en 2014, l'œuvre associe des miroirs noirs et argentés aux découpes organiques à une toile de jute d'un turquoise lumineux. Le cadre doré, richement ornementé, rappelle la formation de Pistoletto auprès de son père, peintre et restaurateur, ainsi que son intérêt précoce pour la peinture ancienne.
La surface réfléchissante n'est plus continue : elle se fragmente en formes abstraites qui semblent se répondre et se prolonger. Le miroir cesse d'être une simple fenêtre sur le réel pour devenir un élément de composition à part entière.
Pour Pistoletto, briser un miroir revient également à défier la superstition qui entoure ce geste. Si son unité matérielle disparaît, sa capacité à refléter demeure intacte dans chacun de ses fragments. Cette multiplication des reflets devient une métaphore de la société, où chaque individu conserve son identité tout en participant à un ensemble collectif.
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