France, époque Louis XIV
Table aux quatre putti et feston, Vers 1670
Bois sculpté et doré, marbre Campan rouge et vert
H. 80,5 cm ; L. 113 cm ; P. 67 cm
H. 31 3/4 in ; W. 44 1/2 in ; D. 26 1/2 in
H. 31 3/4 in ; W. 44 1/2 in ; D. 26 1/2 in
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Notre Table aux quatre putti et feston se distingue par l'exceptionnelle richesse de son décor sculpté. Le plateau rectangulaire repose sur une ceinture droite ornée, sur la face et les...
Notre Table aux quatre putti et feston se distingue par l'exceptionnelle richesse de son décor sculpté. Le plateau rectangulaire repose sur une ceinture droite ornée, sur la face et les côtés, d'un décor de guillochis formant un réseau losangé, rythmé aux angles par des motifs feuillagés. Sur la face antérieure, une remarquable guirlande ajourée de feuillages, de croisillons et de fleurs prolonge ce décor, tandis qu'un masque féminin couronné d'une palme en occupe le centre. Le piètement est constitué de quatre figures de putti, richement sculptées et accompagnées de feuillages d'acanthe. Elles sont reliées par une importante entretoise en X convergeant vers un élément central finement sculpté de godrons losangés et de motifs floraux. L'ensemble est surmonté d'un plateau en marbre Campan rouge et vert.
Par la richesse de son architecture et l'importance accordée au décor sculpté, ce meuble constitue un exemple particulièrement raffiné et rare d'un type développé durant la seconde moitié du XVIIe siècle, dont le piètement annonce déjà les grandes consoles du siècle suivant. L'iconographie des enfants ou des anges soutenant une corniche ou un entablement orné de guirlandes appartient pleinement au vocabulaire décoratif de l'époque. Le motif apparaît notamment dans les recueils de Jean Lepautre et de Daniel Marot, mais aussi dans les boiseries, panneaux sculptés et dessus-de-porte de résidences prestigieuses, parmi lesquelles les Grands Appartements de Versailles et l'Hôtel de Lauzun. André Félibien (1619-1695) en donne un exemple particulièrement significatif dans sa Description sommaire du Château de Versailles, lorsqu'il évoque le « Cabinet des Termes », ainsi nommé en raison des « vingt figures de jeunes enfants en forme de termes, soutenant les festons dorés » qui ornaient une sorte d'attique élevé au-dessus de la corniche.
Notre exemplaire peut également être rapproché d'une grande table soutenue par quatre figures d'enfants-caryatides, connue par une gravure ancienne (d'après Claude Ballin, Table d'argent, fin du XVIIe siècle, Stockholm, Nationalmuseum). Réalisée vers 1670 par Claude Ballin (1615–1678), elle appartenait au célèbre mobilier d'argent de Versailles et ornait probablement la Grande Galerie. Comme l'essentiel de ce mobilier, elle a aujourd'hui disparu. Un autre parallèle important est fourni par la remarquable table ronde à termes d'enfants conservée au musée du Louvre (Philippe Caffieri, Table à plateau de porphyre, piètement de 1669), commandée par Louis XIV à Philippe Caffieri afin de recevoir un plateau de porphyre acquis par le souverain lors de la vente du mobilier de Nicolas Fouquet. Enfin, une gravure de Sébastien Leclerc réalisée à l'occasion de l'inauguration de la Galerie des Glaces en 1684 (New York, The Metropolitan Museum of Art) montre un meuble dont le piètement composé de termes présente d'étroites analogies avec notre modèle. Une autre gravure contemporaine de la Grande Galerie, illustrant l'ouvrage de Félibien, laisse également apparaître une structure et des proportions comparables, rapprochement que vient conforter l'Inventaire du Mobilier Royal sous Louis XIV.
Par la richesse de son architecture et l'importance accordée au décor sculpté, ce meuble constitue un exemple particulièrement raffiné et rare d'un type développé durant la seconde moitié du XVIIe siècle, dont le piètement annonce déjà les grandes consoles du siècle suivant. L'iconographie des enfants ou des anges soutenant une corniche ou un entablement orné de guirlandes appartient pleinement au vocabulaire décoratif de l'époque. Le motif apparaît notamment dans les recueils de Jean Lepautre et de Daniel Marot, mais aussi dans les boiseries, panneaux sculptés et dessus-de-porte de résidences prestigieuses, parmi lesquelles les Grands Appartements de Versailles et l'Hôtel de Lauzun. André Félibien (1619-1695) en donne un exemple particulièrement significatif dans sa Description sommaire du Château de Versailles, lorsqu'il évoque le « Cabinet des Termes », ainsi nommé en raison des « vingt figures de jeunes enfants en forme de termes, soutenant les festons dorés » qui ornaient une sorte d'attique élevé au-dessus de la corniche.
Notre exemplaire peut également être rapproché d'une grande table soutenue par quatre figures d'enfants-caryatides, connue par une gravure ancienne (d'après Claude Ballin, Table d'argent, fin du XVIIe siècle, Stockholm, Nationalmuseum). Réalisée vers 1670 par Claude Ballin (1615–1678), elle appartenait au célèbre mobilier d'argent de Versailles et ornait probablement la Grande Galerie. Comme l'essentiel de ce mobilier, elle a aujourd'hui disparu. Un autre parallèle important est fourni par la remarquable table ronde à termes d'enfants conservée au musée du Louvre (Philippe Caffieri, Table à plateau de porphyre, piètement de 1669), commandée par Louis XIV à Philippe Caffieri afin de recevoir un plateau de porphyre acquis par le souverain lors de la vente du mobilier de Nicolas Fouquet. Enfin, une gravure de Sébastien Leclerc réalisée à l'occasion de l'inauguration de la Galerie des Glaces en 1684 (New York, The Metropolitan Museum of Art) montre un meuble dont le piètement composé de termes présente d'étroites analogies avec notre modèle. Une autre gravure contemporaine de la Grande Galerie, illustrant l'ouvrage de Félibien, laisse également apparaître une structure et des proportions comparables, rapprochement que vient conforter l'Inventaire du Mobilier Royal sous Louis XIV.
