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The Nomadic Eye II: Perrin x Cueto — Rome, The Eternal Interior

En cours exhibition
18 Octobre 2026 - 9 Janvier 2027
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Rome, probablement Ier–IIe siècle après J.-C., Portrait en buste de l'impératrice Livie en Cérès, Probablement Ier–IIe siècle après J.-C.

Rome, probablement Ier–IIe siècle après J.-C.

Portrait en buste de l'impératrice Livie en Cérès, Probablement Ier–IIe siècle après J.-C.
Marbre blanc
H. 83,5 cm ; L. 54 cm ; P. 13,8 cm
H. 32 7/8 in ; W. 21 1/4 in ; D. 5 3/8 in
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Ce buste représente Livie sous les traits de Cérès, la couronne végétale qui surmonte sa coiffure établissant directement le lien avec la déesse. L'œuvre associe ainsi deux registres : le...
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Ce buste représente Livie sous les traits de Cérès, la couronne végétale qui surmonte sa coiffure établissant directement le lien avec la déesse. L'œuvre associe ainsi deux registres : le portrait d'une femme de la famille impériale et l'image d'une divinité. Cette coexistence impose un langage particulièrement mesuré, dans lequel l'individualisation du visage ne doit ni dominer l'image divine, ni s'effacer derrière une représentation impersonnelle de la déesse. Le traitement ordonné du drapé, la symétrie générale de la composition, la légère torsion de la tête et la qualité du modelé participent à cet équilibre entre portrait et idéalisation, caractéristique de la statuaire impériale romaine.

L'identification traditionnelle avec Livie Drusilla (58 av. J.-C.–29 apr. J.-C.), épouse d'Auguste et mère de Tibère, s'inscrit dans une iconographie bien attestée sous les Julio-Claudiens. Dès le règne d'Auguste, Livie occupa une place nouvelle dans la représentation publique de la famille impériale ; après la mort du princeps en 14 apr. J.-C., elle reçut le titre d'Augusta et devint prêtresse du culte de Divus Augustus. Elle fut finalement divinisée sous Claude en 42. À partir de la période tibérienne, et plus encore dans les représentations posthumes, son image fut fréquemment associée à des divinités féminines et à leurs attributs. L'assimilation à Cérès, déesse de la fertilité, des récoltes et de l'abondance, permettait d'associer la figure de l'impératrice à des notions de prospérité, de continuité dynastique et d'ordre. La coiffure constitue un élément essentiel de cette évolution iconographique. Dans ses premiers portraits, Livie apparaît généralement avec le célèbre nodus, formé par une masse de cheveux ramenée au-dessus du front puis rejetée vers l'arrière. Après la mort d'Auguste, ses portraits adoptent progressivement une formule plus classicisante : les cheveux sont séparés par une raie médiane, disposés en bandeaux ondulés et ramenés vers un chignon postérieur. Cette coiffure, inspirée de modèles idéaux grecs, accompagne souvent l'apparition d'attributs à caractère sacré ou divin. Le diadème, attesté dans l'iconographie de Livie dès l'époque tibérienne et particulièrement caractéristique de ses portraits tardifs et posthumes, renforce cette assimilation au monde divin.

Dans la société romaine, le portrait impérial n'était pas conçu comme une simple restitution physionomique. Il constituait un instrument essentiel de représentation dynastique et politique. Les types officiels étaient reproduits et diffusés à travers l'Empire afin de rendre immédiatement reconnaissables l'empereur et les membres de sa famille. Dans le cas des femmes de la maison impériale, l'image associait généralement des traits individuels à des modèles de comportement et à des vertus publiques : la jeunesse idéalisée, la dignité, la pietas et la pudicitia pouvaient ainsi participer à la construction visuelle de la dynastie. Les coiffures elles-mêmes jouaient un rôle dans cette identification et furent imitées par les femmes de l'élite romaine. Le portrait de Livie conservé au J. Paul Getty Museum, par exemple, représente l'impératrice déjà âgée sous des traits volontairement rajeunis et insiste précisément sur les valeurs de stabilité et de modestie attachées à son image publique.

Le parallèle le plus significatif pour notre buste demeure le portrait de Livie en Cérès conservé dans la Sala degli Imperatori des Musei Capitolini à Rome, inv. S 444. Les Musei Capitolini le datent de 14–37 apr. J.-C. et le présentent explicitement comme Livie sous les traits de Cérès. La tête, en marbre de Carrare, est couronnée d'éléments végétaux associés à la déesse ; elle est aujourd'hui montée sur un buste antique en albâtre qui ne lui appartenait pas à l'origine. Un autre terme de comparaison important est fourni par les statues de Livie sous les traits de Cérès conservées au Louvre, notamment une œuvre datée du deuxième quart du Ier siècle apr. J.-C., où l'impératrice porte une coiffure en bandeaux et une couronne d'épis de blé. La Cérès Borghèse, également au Louvre et datée de 20–40 apr. J.-C., associe elle aussi le portrait de Livie à une couronne végétale et au costume grec de la déesse.

Par la frontalité du visage, la régularité du modelé, la coiffure classicisante et surtout la présence d'une couronne à caractère céréalien, notre buste s'inscrit pleinement dans la tradition des portraits impériaux associant l'image de Livie à celle d'une divinité. Les parallèles conservés dans les collections publiques, conjugués à la qualité de la sculpture, permettent de situer l'œuvre à l'époque impériale romaine, très probablement au Ier siècle apr. J.-C.
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