Méridienne en acier
La méridienne, entièrement démontable, présente une structure tubulaire en acier poli à deux chevets de hauteurs différentes, ajourés à quatre tiges verticales, et flanqués de deux montants, d’un diamètre supérieur, couronnés chacun d’un embout cylindrique disposé en crosse et ciselé de motifs dorés de rosaces, palmettes, perles et raies de cœur.
Perpendiculaire aux chevets, un fond « à grille » montre une traverse supérieure en doucine, dont les extrémités en forme de pattes sont vissées sur les crosses précédemment décrites. Celles de la traverse inférieure sont enchâssées et vissées dans des embouts rehaussés de corolles de raies de cœurs stylisés et dorés.
La traverse longitudinale du lit disposée en façade est soulignée au centre d’un « cul de lampe » doré, très richement orné à motifs de rosaces, palmettes et festons, le tout supporté par un pied tubulaire terminé à griffes et monté sur roulette, identique aux quatre pieds principaux de la méridienne.
Si le décor à dominante végétale de cet ensemble relève plutôt du répertoire décoratif usité sous la Restauration, les pieds à griffes appartiennent encore à celui en vogue sous l’Empire.
* * *
L’attrait pour les meubles en acier et fer poli connut son apogée en France sous la Révolution, le Consulat, l’Empire et la Restauration. La qualité des matériaux employés, mais surtout le goût dominant de l’époque pour le mobilier martial – véritable réaction aux formes d’expression de l’Ancien Régime – contribuèrent amplement au succès du mobilier en métal dont les mérites furent à plusieurs reprises reconnus aux différentes expositions des Produits de l’industrie française initiées dès 1798.
Pas moins de sept manufactures spécialisées furent recensées dans l’Almanach du Commerce de 1812, dont la manufacture de vernis sur métaux de la rue Martel ; celle de Blaise-Louis Deharme (dissident de la première), installée rue du Faubourg-Saint-Denis ; Hautin, rue Grange-Batelière ; Lehoux, rue du Maine ; Jolly, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois ; et Boulanger, au n° 144, rue du Faubourg-Saint-Denis, dont l’entreprise perdurera jusque sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). En France, l’essentiel de cette production resta concentrée à Paris[1].
[1] Voir Denise Ledoux-Lebard, « Noblesse de la tôle peinte », Connaissance des Arts, n° 308, octobre 1977, p. 70-74.




