Joseph Chinard
Persée délivrant Andromède, France, après 1786
Groupe en plâtre patiné terre cuite
H. 44.5 cm ; L. 24 cm ; P. 24 cm
H. 17 1/2 in ; W. 9 1/2 in ; D. 9 1/2 in
H. 17 1/2 in ; W. 9 1/2 in ; D. 9 1/2 in
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Cette réduction en plâtre patiné représente Persée délivrant Andromède. Les deux figures sont réunies dans une composition resserrée : Persée, debout auprès de la jeune femme, intervient au terme du...
Cette réduction en plâtre patiné représente Persée délivrant Andromède. Les deux figures sont réunies dans une composition resserrée : Persée, debout auprès de la jeune femme, intervient au terme du combat pour la libérer de ses liens. Dans cette version réduite, le héros porte un casque ailé et sa nudité est partiellement dissimulée, tandis qu'un anneau apparaît au pied gauche d'Andromède. Le revers, particulièrement travaillé, complète la narration par la présence du monstre marin et du profil de Méduse, invitant le spectateur à considérer le groupe sous plusieurs angles. Ces variantes distinguent la réduction du groupe original de 1786 tout en préservant l'essentiel de sa composition.
L'œuvre trouve son origine dans le concours Balestra organisé par l'Accademia di San Luca à Rome en 1786. Le sujet imposé aux concurrents était précisément Persée délivrant Andromède, tiré du livre IV des Métamorphoses d'Ovide. Chinard remporta le premier prix avec un groupe en terre cuite de 85 cm de hauteur, toujours conservé à l'Accademia di San Luca. Les archives de l'Académie indiquent qu'en 1791, lors d'un nouveau séjour romain, le sculpteur demanda et obtint l'autorisation de reproduire son œuvre. Plusieurs versions témoignent de la fortune du modèle : une grande terre cuite datée de 1791 est aujourd'hui conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon, de même qu'une version monumentale en marbre commandée par l'ancien intendant de Lyon Antoine Jean Terray et demeurée inachevée.
Notre réduction appartient à cette diffusion du modèle qui suivit le succès romain de Chinard. Son inscription rappelle explicitement le premier prix de 1786, mais elle ne désigne pas l'œuvre comme le groupe original présenté au concours. Une autre réduction en terre cuite, aujourd'hui au Detroit Institute of Arts, reprend également la composition et porte la même inscription commémorative. Cette succession de versions montre l'importance que Chinard accorda à une composition qui avait joué un rôle décisif dans l'affirmation de sa carrière.
Le sujet est emprunté au livre IV des Métamorphoses d'Ovide. Andromède, fille du roi Céphée et de Cassiopée, est condamnée à expier les paroles orgueilleuses de sa mère et se trouve attachée à un rocher, offerte à un monstre marin. Revenant de son combat contre Méduse, Persée aperçoit la jeune femme et s'éprend immédiatement d'elle. Il propose à ses parents de la sauver en échange de sa main, affronte et tue le monstre, puis délivre Andromède avant de l'épouser. Chinard choisit ainsi non pas le moment violent du combat, mais son dénouement : l'instant où la menace est écartée et où Persée se tourne vers Andromède pour la libérer. La tension héroïque du récit laisse alors place à la proximité des deux personnages, dont les gestes et les regards donnent au groupe une dimension à la fois narrative et sensible.
Joseph Chinard (1756–1813)
Joseph Chinard naît à Lyon le 12 février 1756 et y meurt le 20 juin 1813. Formé à Lyon, notamment à l'École de dessin et dans l'atelier de Barthélemy Blaise, il se rend pour la première fois à Rome en 1784, où l'étude de l'Antiquité joue un rôle déterminant dans sa formation. Son succès au concours Balestra de 1786 lui apporte une reconnaissance immédiate et il est élu membre de mérite de l'Accademia di San Luca en 1788. Lors d'un second séjour romain, commencé en 1791, il est emprisonné au château Saint-Ange en 1792 en raison d'œuvres jugées séditieuses, avant d'être libéré et de regagner la France. Actif principalement à Lyon, mais également à Rome et à Paris, Chinard s'imposa ensuite comme l'un des principaux sculpteurs français de la période néoclassique, particulièrement apprécié pour ses portraits. Ses effigies de Juliette Récamier et de membres de l'entourage napoléonien comptent parmi ses œuvres les plus connues. En 1807, il fut nommé professeur de sculpture à l'École spéciale de dessin de Lyon, fonction qu'il conserva jusqu'à sa mort.
L'œuvre trouve son origine dans le concours Balestra organisé par l'Accademia di San Luca à Rome en 1786. Le sujet imposé aux concurrents était précisément Persée délivrant Andromède, tiré du livre IV des Métamorphoses d'Ovide. Chinard remporta le premier prix avec un groupe en terre cuite de 85 cm de hauteur, toujours conservé à l'Accademia di San Luca. Les archives de l'Académie indiquent qu'en 1791, lors d'un nouveau séjour romain, le sculpteur demanda et obtint l'autorisation de reproduire son œuvre. Plusieurs versions témoignent de la fortune du modèle : une grande terre cuite datée de 1791 est aujourd'hui conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon, de même qu'une version monumentale en marbre commandée par l'ancien intendant de Lyon Antoine Jean Terray et demeurée inachevée.
Notre réduction appartient à cette diffusion du modèle qui suivit le succès romain de Chinard. Son inscription rappelle explicitement le premier prix de 1786, mais elle ne désigne pas l'œuvre comme le groupe original présenté au concours. Une autre réduction en terre cuite, aujourd'hui au Detroit Institute of Arts, reprend également la composition et porte la même inscription commémorative. Cette succession de versions montre l'importance que Chinard accorda à une composition qui avait joué un rôle décisif dans l'affirmation de sa carrière.
Le sujet est emprunté au livre IV des Métamorphoses d'Ovide. Andromède, fille du roi Céphée et de Cassiopée, est condamnée à expier les paroles orgueilleuses de sa mère et se trouve attachée à un rocher, offerte à un monstre marin. Revenant de son combat contre Méduse, Persée aperçoit la jeune femme et s'éprend immédiatement d'elle. Il propose à ses parents de la sauver en échange de sa main, affronte et tue le monstre, puis délivre Andromède avant de l'épouser. Chinard choisit ainsi non pas le moment violent du combat, mais son dénouement : l'instant où la menace est écartée et où Persée se tourne vers Andromède pour la libérer. La tension héroïque du récit laisse alors place à la proximité des deux personnages, dont les gestes et les regards donnent au groupe une dimension à la fois narrative et sensible.
Joseph Chinard (1756–1813)
Joseph Chinard naît à Lyon le 12 février 1756 et y meurt le 20 juin 1813. Formé à Lyon, notamment à l'École de dessin et dans l'atelier de Barthélemy Blaise, il se rend pour la première fois à Rome en 1784, où l'étude de l'Antiquité joue un rôle déterminant dans sa formation. Son succès au concours Balestra de 1786 lui apporte une reconnaissance immédiate et il est élu membre de mérite de l'Accademia di San Luca en 1788. Lors d'un second séjour romain, commencé en 1791, il est emprisonné au château Saint-Ange en 1792 en raison d'œuvres jugées séditieuses, avant d'être libéré et de regagner la France. Actif principalement à Lyon, mais également à Rome et à Paris, Chinard s'imposa ensuite comme l'un des principaux sculpteurs français de la période néoclassique, particulièrement apprécié pour ses portraits. Ses effigies de Juliette Récamier et de membres de l'entourage napoléonien comptent parmi ses œuvres les plus connues. En 1807, il fut nommé professeur de sculpture à l'École spéciale de dessin de Lyon, fonction qu'il conserva jusqu'à sa mort.
