France, époque Louis XIV
Mortier en porphyre à monture de bronze doré, Époque Louis XIV, vers 1660–1670
Porphyre, montures en bronze doré
H. 17 cm ; L. 14 cm
H. 6 3/4 in ; W. 5 1/2 in
H. 6 3/4 in ; W. 5 1/2 in
Dans l'Antiquité, la couleur pourpre était un signe de suprématie et de prestige, symbolisant le pouvoir civil et sacerdotal dans de nombreuses cultures méditerranéennes. Elle était largement utilisée dans l'habillement,...
Dans l'Antiquité, la couleur pourpre était un signe de suprématie et de prestige, symbolisant le pouvoir civil et sacerdotal dans de nombreuses cultures méditerranéennes. Elle était largement utilisée dans l'habillement, où elle renvoyait à l'opulence, à la richesse, voire à une forme de pacte avec la divinité. Le porphyre devint ainsi rapidement un symbole de rang et d'autorité, une « pierre royale » employée pour exprimer la souveraineté du pouvoir. Cette pierre extrêmement dure n'étant extraite que dans les déserts orientaux de l'Égypte, son transport était difficile et coûteux, ce qui contribua encore à son prestige. Les œuvres monumentales réalisées dans ce matériau, qu'elles aient un caractère sculptural, comme le groupe des Tétrarques de la Piazzetta San Marco à Venise, ou une fonction architecturale, comme la colonne de Constantin à Istanbul, furent presque toujours associées aux empereurs romains et à leurs programmes de construction.
Au début de la Renaissance, le porphyre connut un regain de faveur dans des villes telles que Florence, où les responsables politiques de la cour des Médicis utilisèrent son prestige royal à des fins diplomatiques : « cet intérêt renouvelé pour le porphyre au cours des années de la renovatio de la Renaissance semble avoir gagné tous les domaines artistiques, évoquant presque toujours la richesse et la splendeur, tout en obscurcissant en même temps l'inspiration symbolique originelle ». Progressivement cependant, l'art de sculpter le porphyre fut délaissé à Florence ainsi que dans de nombreuses autres villes du nord de l'Italie. À Rome, au contraire, où sculpteurs et artisans continuaient d'avoir accès à ce matériau grâce à sa présence dans les ruines et les monuments antiques, son commerce demeura florissant. Jusqu'à une date avancée du XVIIIe siècle, des objets décoratifs tels que statues, bustes-portraits et monuments, réalisés partiellement ou entièrement en porphyre, ornèrent les palais romains et les espaces publics. Parmi les exemples remarquables figurent les vases du palais Doria Pamphilj ainsi que ceux aujourd'hui conservés au musée du Louvre (inv. OA 9223 bis, OA 9223 et OA 9224). Des objets plus fonctionnels, tels que des baignoires, des terrines et des labra, étaient tout autant appréciés et recherchés.
La tradition et l'importance du porphyre se maintiennent tout au long du XVIIe siècle. On trouve ainsi à Versailles de nombreuses œuvres réalisées dans ce matériau, notamment toute une série de bustes représentant de prestigieuses figures de l'Antiquité, telles qu'Alexandre le Grand (inv. MV 8613) ou Jules César (inv. MV 7104). Le porphyre est volontiers associé à d'autres matériaux, comme le marbre de Levanto, mais surtout au bronze doré, qui met en valeur la beauté et la délicatesse des tonalités pourpres de la pierre. À sa symbolique royale et à sa rareté s'ajoute alors une nouvelle appréciation : sa valeur esthétique. Des vases et des urnes en porphyre ornent ainsi les demeures et les jardins des cardinaux de Richelieu (1585-1642) et Mazarin (1602-1661). Le roi Louis XIV (1638-1715) lui-même n'hésite pas à acquérir la collection Borghèse, l'une des plus importantes collections de porphyres antiques.
Notre mortier s'inscrit donc pleinement dans cette perspective, perdant sa fonction utilitaire au profit de sa valeur esthétique. Il reprend la forme des mortiers antiques, avec un pied circulaire mouluré surmonté d'une panse volumineuse et renflée, dont la courbe accentue les jeux de lumière sur la surface lisse du porphyre. Cette forme connaîtra un grand succès aux XVIIe et XVIIIe siècles, comme en témoigne notamment le mortier conservé au musée du Louvre.
Au début de la Renaissance, le porphyre connut un regain de faveur dans des villes telles que Florence, où les responsables politiques de la cour des Médicis utilisèrent son prestige royal à des fins diplomatiques : « cet intérêt renouvelé pour le porphyre au cours des années de la renovatio de la Renaissance semble avoir gagné tous les domaines artistiques, évoquant presque toujours la richesse et la splendeur, tout en obscurcissant en même temps l'inspiration symbolique originelle ». Progressivement cependant, l'art de sculpter le porphyre fut délaissé à Florence ainsi que dans de nombreuses autres villes du nord de l'Italie. À Rome, au contraire, où sculpteurs et artisans continuaient d'avoir accès à ce matériau grâce à sa présence dans les ruines et les monuments antiques, son commerce demeura florissant. Jusqu'à une date avancée du XVIIIe siècle, des objets décoratifs tels que statues, bustes-portraits et monuments, réalisés partiellement ou entièrement en porphyre, ornèrent les palais romains et les espaces publics. Parmi les exemples remarquables figurent les vases du palais Doria Pamphilj ainsi que ceux aujourd'hui conservés au musée du Louvre (inv. OA 9223 bis, OA 9223 et OA 9224). Des objets plus fonctionnels, tels que des baignoires, des terrines et des labra, étaient tout autant appréciés et recherchés.
La tradition et l'importance du porphyre se maintiennent tout au long du XVIIe siècle. On trouve ainsi à Versailles de nombreuses œuvres réalisées dans ce matériau, notamment toute une série de bustes représentant de prestigieuses figures de l'Antiquité, telles qu'Alexandre le Grand (inv. MV 8613) ou Jules César (inv. MV 7104). Le porphyre est volontiers associé à d'autres matériaux, comme le marbre de Levanto, mais surtout au bronze doré, qui met en valeur la beauté et la délicatesse des tonalités pourpres de la pierre. À sa symbolique royale et à sa rareté s'ajoute alors une nouvelle appréciation : sa valeur esthétique. Des vases et des urnes en porphyre ornent ainsi les demeures et les jardins des cardinaux de Richelieu (1585-1642) et Mazarin (1602-1661). Le roi Louis XIV (1638-1715) lui-même n'hésite pas à acquérir la collection Borghèse, l'une des plus importantes collections de porphyres antiques.
Notre mortier s'inscrit donc pleinement dans cette perspective, perdant sa fonction utilitaire au profit de sa valeur esthétique. Il reprend la forme des mortiers antiques, avec un pied circulaire mouluré surmonté d'une panse volumineuse et renflée, dont la courbe accentue les jeux de lumière sur la surface lisse du porphyre. Cette forme connaîtra un grand succès aux XVIIe et XVIIIe siècles, comme en témoigne notamment le mortier conservé au musée du Louvre.
