Charles Meynier
Phidias libérant les esclaves, 1832
Huile sur toile
69.5 x 93 cm.
27 3/8 x 36 5/8 in.
27 3/8 x 36 5/8 in.
Né à Paris en 1763, Charles Meynier se forma dans l’atelier de François André-Vincent (1746-1816). En 1789, il partagea avec Girodet le Grand Prix de l’Académie, avec Joseph reconnu par ses frères (Paris, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts). Il séjourna à Rome de 1790 à 1793 et passa ensuite une année à Florence avant de rentrer à Paris. À partir de 1795, il exposa régulièrement au Salon, essentiellement de la peinture d’histoire. Sous le Directoire et le Consulat, il travailla surtout pour une clientèle privée, mais dès les débuts de l’Empire, il répondit à de nombreuses commandes officielles, illustrant les grands évènements des campagnes militaires, tels les Soldats du 76ème régiment de ligne retrouvant leurs drapeaux dans l’arsenal d’Innsbruck ou l’Entrée de Napoléon à Berlin, (Salons de 1808 et 1810, Versailles, Musée national du château) ; il fournit également les dessins pour les sculptures de l’arc de triomphe du Carrousel (Paris, musée du Louvre). Élu membre de l’Institut pendant les Cent-Jours, sa carrière fut sensiblement ralentie après la Restauration. Il fut cependant nommé professeur à l’École des Beaux-Arts en 1819, chevalier de la Légion d’honneur en 1822, puis officier en 1830. Peintre de décor, il exécuta cinq plafonds pour le Louvre et les Tuileries entre 1801 et 1827, et le plafond de l’ancienne salle de la corbeille, au palais Brongniart, en 1826, sa dernière grande commande, en collaboration avec Abel de Pujol. Peintre reconnu et dessinateur fécond, Meynier, victime de l’épidémie de choléra, mourut à Paris le 6 septembre 1832.
Cette esquisse, par son format et sa finesse, se rapproche plus d'un tableau achevé que d’un travail préparatoire. Avant de disparaître de 1832 à aujourd’hui, elle est décrite sous le n°7 dans la vente après décès de l'artiste comme "Esquisse terminée, du même sujet, avec quelques changements. Elle est exécutée avec soin et peut être regardée comme un tableau complet". Les dessins préparatoires - environ une dizaine -, dispersés en trois lots lors de cette vente, ont pour la plupart disparu (opus cité supra P89a, œuvres en rapport, n°6-35 et 47 de la vente) mais nous connaissons deux versions, avec de très nombreuses variantes, dessinées à la plume et rehaussées de gouache blanche (fig.2) (opus cité supra D.120) puis (fig.3). Au-delà de sa beauté picturale, la rareté de cette toile est aussi due à la date de sa création, 1832, année de la mort de Meynier. L’œuvre finale (environ H. 160 cm ; L. 300 cm) est resté quasiment vierge, à l'exception du groupe de personnages central (opus cité supra P89a, 89b, 89c), et se trouvait dans la collection de Louis Valtat avant d’être vendue, découpée et dispersée...
Notre étude peut donc être considérée comme la dernière œuvre complète de Charles Meynier, dans laquelle nous retrouvons ses visages si intrigants, si nobles et attirants.
Fig.2 : Plume et encre noire, lavis brun et rehauts de gouache blanche, H. 39 cm ; L. 59 cm, collection particulière.
Fig.3 : Plume et encre noire, lavis brun et rehauts de gouache blanche, H. 41 cm ; L. 63 cm, collection particulière
Born in Paris in 1763, Charles Meynier trained in the studio of François-André Vincent (1746-1816). In 1789, he shared the Grand Prix of the Academy with Girodet for his Joseph recognized by his Brothers (École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris). He was in Rome from 1790 to 1793 and then spent a year in Florence before returning to Paris. From 1795, he showed regularly at the Salon, mainly with history paintings. Under the Directoire and the Consulat, he worked principally for private patrons, but from the beginning of the Empire, he received numerous official commissions for depictions of the main events of the military campaigns, such as the Soldiers of the 7th regiment reclaiming their flags in the arsenal of Innsbruck or Napoleon’s entry to Berlin, (Salons of 1808 and 1810, both Musée national du château, Versailles); he also provided designs for the sculptures of the Arc de Triomphe of the Carrousel (Musée du Louvre). Elected member of the Institut de France during the ‘Cent- Jours’, his career slowed noticeably after the restoration of the Monarchy, however he was made professor at the Ecole des Beaux-Arts in 1819, knight of the Légion d’honneur in 1822 and officier in 1830. As a painter of decorative schemes, he executed the ceilings for the Louvre and the Tuileries between 1801 and 1827, and the ceiling of the former salle de la corbeille in the Palais de la Bourse, in 1826, his last major commission executed in collaboration with Abel de Pujol. A celebrated painter and prolific draughtsman, Meynier was a victim of the cholera epidemic and died in Paris on September 6, 1832.
This sketch, due both to its format and delicacy, is closer to an achieved painting than to a preparatory exercise. Before disappearing after 1832, it was described under n°7 in the artist’s posthumous sale as “Achieved sketch, of the same subject, with a few changes. It is executed with care and can be considered to be a finished painting”. Most of the preparatory drawings, of which there are about a dozen sold in three lots at the same sale, have disappeared (corpus supra P89a, related works, n°6-35 and 47 of the sale) but an earlier version is known, which includes a large number of variants, drawn in pen and ink and highlighted with white gouache (fig.2) (corpus referred to supra D.120) and (fig.3). Beyond its visual beauty, this painting is also rare due to its date of creation, 1832, the year of Meynier’s death. The final work (c. 160 x 300 cm) remained almost untouched, except for the central group of figures (corpus referred to supra P89a, 89b, 89c) and was in the collection of Louis Valtat before being sold, cut down and dispersed....
Our study can therefore be considered to be the last complete work by Charles Meynier, in which we find his faces that are so intriguing, noble and attractive.
Fig.2: Pen and black ink, brown wash and white gouache highlights, 39 x 59 cm, private collection.
Fig.3: Pen and black ink, brown wash and white gouache highlights, 41 x 63 cm, private collection.
