Jannis Kounellis
Sans titre, 2008
Fer, veste, verre et charbon
100 x 70 cm
39 3/8 x 27 1/2 in
39 3/8 x 27 1/2 in
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Figure fondatrice de l'Arte Povera, Jannis Kounellis a profondément renouvelé le langage artistique du XXe siècle en introduisant dans l'espace de la peinture des matériaux bruts, des objets industriels et...
Figure fondatrice de l'Arte Povera, Jannis Kounellis a profondément renouvelé le langage artistique du XXe siècle en introduisant dans l'espace de la peinture des matériaux bruts, des objets industriels et des fragments de la vie quotidienne.
Né en Grèce et installé à Rome dès 1956, il développe une œuvre nourrie par la tragédie antique, l'histoire européenne et les transformations de la société industrielle. Le fer, le charbon, le feu, le verre et les vêtements constituent les éléments récurrents d'un vocabulaire profondément personnel, où chaque matériau porte une mémoire et une charge symbolique.
Bien qu'il ait progressivement abandonné les supports traditionnels de la peinture à partir des années 1960, Kounellis s'est toujours considéré comme un peintre. Ses compositions obéissent à une véritable construction picturale, dans laquelle la matière remplace la couleur et les objets deviennent les protagonistes d'un espace dramatique.
Réalisée en 2008, cette œuvre appartient à la période de maturité de l'artiste, lorsqu'il revisite avec une remarquable économie de moyens les éléments fondateurs de son langage.
Sur une plaque de fer, une veste sombre enveloppe des fragments de verre et de charbon. Kounellis a régulièrement utilisé des vêtements, parfois les siens, dans ses compositions, introduisant ainsi une dimension profondément autobiographique. Le vêtement devient une empreinte du corps, une présence humaine suggérée plutôt que représentée. Dépouillé de sa fonction quotidienne, il conserve quelque chose de l'intimité et de l'identité de celui qui l'a porté.
Le charbon occupe une place fondamentale dans l'œuvre de Kounellis. Introduit dans son vocabulaire dès la fin des années 1960, il incarne la révolution industrielle, le travail ouvrier, l'énergie et la transformation de la matière. Mais il possède également une dimension plus archaïque : issu de la terre et associé au feu, il évoque les forces élémentaires de la nature et les origines mêmes de la civilisation.
Chez Kounellis, le charbon n'est jamais un simple matériau industriel. Sa noirceur, son poids et sa capacité à produire de l'énergie en font une matière chargée d'histoire, à la frontière entre la mémoire collective et l'expérience physique.
Cette confrontation entre le charbon et le verre est particulièrement significative. Tous deux sont des matériaux transformés par la chaleur : le premier est un combustible, tandis que le second naît de la fusion de matières minérales. Leur rapprochement évoque les processus de transformation, la puissance du feu et la tension permanente entre destruction et création.
Dans cette œuvre, le vêtement, le charbon et le verre ne sont pas simplement assemblés. Ils constituent les éléments d'une composition presque théâtrale, dans laquelle la fragilité de l'existence humaine dialogue avec la permanence de la matière.
Comme l'a souligné Germano Celant dans ses analyses de l'Arte Povera, l'importance de cette démarche réside dans la capacité des matériaux à exister pour leurs propriétés physiques et leur potentiel expressif, au-delà de toute représentation traditionnelle.
Cette œuvre de 2008 condense ainsi l'essence du langage de Kounellis : une peinture sans peinture, où la matière devient mémoire, où le vêtement évoque l'homme et où le charbon et le verre portent en eux l'histoire de la transformation du monde.
Principales expositions
1967 — Arte Povera – Im Spazio, Galleria La Bertesca, Gênes.
1972 — documenta 5, Cassel.
1982 — documenta 7, Cassel.
2019 — Jannis Kounellis, Fondazione Prada, Venise. Rétrospective organisée par Germano Celant.
Principales collections publiques
Museum of Modern Art (MoMA), New York ; Tate, Londres ; Centre Pompidou, Paris ; Solomon R. Guggenheim Museum, New York ; Museo Reina Sofía, Madrid ; Castello di Rivoli, Turin.
Né en Grèce et installé à Rome dès 1956, il développe une œuvre nourrie par la tragédie antique, l'histoire européenne et les transformations de la société industrielle. Le fer, le charbon, le feu, le verre et les vêtements constituent les éléments récurrents d'un vocabulaire profondément personnel, où chaque matériau porte une mémoire et une charge symbolique.
Bien qu'il ait progressivement abandonné les supports traditionnels de la peinture à partir des années 1960, Kounellis s'est toujours considéré comme un peintre. Ses compositions obéissent à une véritable construction picturale, dans laquelle la matière remplace la couleur et les objets deviennent les protagonistes d'un espace dramatique.
Réalisée en 2008, cette œuvre appartient à la période de maturité de l'artiste, lorsqu'il revisite avec une remarquable économie de moyens les éléments fondateurs de son langage.
Sur une plaque de fer, une veste sombre enveloppe des fragments de verre et de charbon. Kounellis a régulièrement utilisé des vêtements, parfois les siens, dans ses compositions, introduisant ainsi une dimension profondément autobiographique. Le vêtement devient une empreinte du corps, une présence humaine suggérée plutôt que représentée. Dépouillé de sa fonction quotidienne, il conserve quelque chose de l'intimité et de l'identité de celui qui l'a porté.
Le charbon occupe une place fondamentale dans l'œuvre de Kounellis. Introduit dans son vocabulaire dès la fin des années 1960, il incarne la révolution industrielle, le travail ouvrier, l'énergie et la transformation de la matière. Mais il possède également une dimension plus archaïque : issu de la terre et associé au feu, il évoque les forces élémentaires de la nature et les origines mêmes de la civilisation.
Chez Kounellis, le charbon n'est jamais un simple matériau industriel. Sa noirceur, son poids et sa capacité à produire de l'énergie en font une matière chargée d'histoire, à la frontière entre la mémoire collective et l'expérience physique.
Cette confrontation entre le charbon et le verre est particulièrement significative. Tous deux sont des matériaux transformés par la chaleur : le premier est un combustible, tandis que le second naît de la fusion de matières minérales. Leur rapprochement évoque les processus de transformation, la puissance du feu et la tension permanente entre destruction et création.
Dans cette œuvre, le vêtement, le charbon et le verre ne sont pas simplement assemblés. Ils constituent les éléments d'une composition presque théâtrale, dans laquelle la fragilité de l'existence humaine dialogue avec la permanence de la matière.
Comme l'a souligné Germano Celant dans ses analyses de l'Arte Povera, l'importance de cette démarche réside dans la capacité des matériaux à exister pour leurs propriétés physiques et leur potentiel expressif, au-delà de toute représentation traditionnelle.
Cette œuvre de 2008 condense ainsi l'essence du langage de Kounellis : une peinture sans peinture, où la matière devient mémoire, où le vêtement évoque l'homme et où le charbon et le verre portent en eux l'histoire de la transformation du monde.
Principales expositions
1967 — Arte Povera – Im Spazio, Galleria La Bertesca, Gênes.
1972 — documenta 5, Cassel.
1982 — documenta 7, Cassel.
2019 — Jannis Kounellis, Fondazione Prada, Venise. Rétrospective organisée par Germano Celant.
Principales collections publiques
Museum of Modern Art (MoMA), New York ; Tate, Londres ; Centre Pompidou, Paris ; Solomon R. Guggenheim Museum, New York ; Museo Reina Sofía, Madrid ; Castello di Rivoli, Turin.
