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Simon Denis, Éruption du Vésuve, 1805

Simon Denis

Éruption du Vésuve, 1805
huile sur toile
155 x 190 cm.
61 x 74 3/4 in.
Demande d'information
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« Il y a déjà dix ans que le Vésuve, en restant presque parfaitement calme, n'avait pas endommagé les campagnes environnantes ni perturbé les habitants voisins, mais dans ce calme, il devait préparer et disposer de nouveaux matériaux pour un jour montrer sa fureur primordiale » L'éruption du Vésuve de 1804 est décrite en détail dans le Rapport sur l'éruption du Vésuve (Relazione prima dell’eruzione del Vesuvio) du duc Giovanni Maria della Torre, qui, en décrivant les quatre rivières de lave qui ont dévasté la campagne napolitaine pendant deux mois, semble décrire le tableau de Simon Denis. Au cœur d'une nuit estivale, la rivière de lave s'est répandue le long du “formidable mont” jusqu'aux hameaux, détruisant sans délai les champs et les maisons des paysans. Brusquement réveillés au cœur de la nuit par le bruit sourd décrit par le duc della Torre, les paysans se précipitent dans les champs pour sauver ce qui peut l'être, pour arracher des arbres les fruits et les raisins des vignes, tandis que la rivière impétueuse avec ses fumées de soufre et d'ammoniac avance sans relâche. Malgré la force indomptable de la nature et le caractère tragique de cette nuit à l'air chaud et irrespirable, malgré la majestueuse présence du Vésuve, véritable protagoniste de la peinture, Simon Denis parvient à raconter des histoires, à exprimer le sentiment de l'époque qui oppose la petitesse de l'homme à la force redoutable de la nature. Si l'on parvient à détourner le regard de la sublime beauté du volcan, nous voyons le drame des paysans. Divers états d'esprit, différentes facettes de vivre un tel événement ; de la résignation et de la fatigue du groupe de gauche à la détermination tenace du couple qui, avec l'échelle, s'efforce de récolter les fruits, jusqu'à la retenue du jeune garçon discrètement placé à l'écart du chaos, recueilli et priant au pied d'un autel qui ne sera bientôt plus. En arrière-plan de ces malheurs humains, une nature magnifiquement peinte par Simon Denis sert de toile de fond, capturant les jeux de lumière difficiles d'une nuit éclairée par la faible lueur de la pleine lune et la chaleur du feu. La nuit et la flamme se rencontrent dans le passage habile de la lumière de la colonne de fumée à l'horizon qui s'élève à l'approche de la coulée de lave. Vers 1800, Denis s'installe à Naples, succédant à Jakob Philipp Hackert (1737-1807) en tant que peintre de la cour. Son compatriote, l'écrivain Adriaan van des Willigen, relate dans son Voyage de Paris à Naples et dans la notice qu'il consacre à notre peintre dans son Dictionnaire des artistes néerlandais que en 1805 Simon Denis travaillait à l'exécution d'une commande pour l'Espagne représentant l'éruption du Vésuve de septembre 1804 ; elle représentait la coulée de lave envahissant les cultures, que des paysans effrayés tentent de sauver au péril de leur vie : cette toile c'est la nôtre. Nous connaissons un tableau préparatoire de cette œuvre : Vésuve en éruption [fig.1], où nous voyons le Vésuve depuis le même point que notre tableau, un endroit près de la Villa Angelica, l'observatoire utilisé par William Douglas Hamilton (1731-1803) pour écrire ses Campi Phlegraeri entre 1776 et 1779. « Peindre avec sentiment » des plaines du Latium à la baie de Naples, de la douceur d'un ciel après la pluie, à celui plongé dans les ténèbres d'une nuit embrasée, c'est à la poursuite du Sublime que Simon Denis s'est élancé tout au long de sa vie. Son œuvre, dans son ensemble, pourrait être considéré comme une ode à la Nature, modèle absolu de ses inspirations. Théorisé au IIIe siècle ap. J.-C. par Longin, premier auteur à considérer que le « sublime » n'était pas seulement un instrument rhétorique de persuasion, le terme est de nouveau étudié au XVIIIe siècle. Relevant d'une esthétique du choc, il suscite chez celui qui l'expérimente une sorte de « terreur délicieuse », à la différence de la douceur que l'on ressent devant le beau. Plus que visuelle, c'est une expérience quasi philosophique à laquelle l'homme est invité. Simon Denis, dans l'une de ses notes, écrivait : « On devient bien petit et modeste quand on comprens [sic] la Nature » (Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, Paris, inv. 2000-A.77.). C'est cela même qu'il illustre, plaçant l'homme face à ses limites et sa perte de contrôle d'une nature qu'il essaie depuis toujours, de dompter. Dans la mise en scène des efforts vains de ces paysans, meus par le désespoir, sans clairvoyance aucune, le peintre renvoie l'homme à ses peurs primaires de la mort, de la souffrance et de son impuissance à ne pas s'y confronter. Renouvelant tout à la fois la tradition des vedute et du paysage classique, la thématique choisie est également symptomatique de l'intérêt scientifique au Siècle des Lumières pour les volcans, phénomène naturel seulement perçu au prisme de superstitions et croyances populaires. Nous remercions Valentina Branchini, spécialiste de l'artiste, d'avoir confirmé l'authenticité de l'oeuvre. Bibliographie relative : Roeland van Eijnden & Adriaan van der Willigen, Geschiedenis des Vaderlansche Schilderkunst, Haarlem, E. A. Loosjes, 1816-20, pp. 315-318.
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« It has already been ten years since Mount Vesuvius, by remaining almost perfectly calm, had not damaged the surrounding countryside or disturbed the neighboring inhabitants. However, in this calmness, it must have been preparing and accumulating new materials to one day reveal its primordial fury » The eruption of Mount Vesuvius in 1804 is described in detail in the Report on the Vesuvius Eruption (Relazione prima dell’eruzione del Vesuvio) by Duke Giovanni Maria della Torre. Describing the four lava rivers that devastated the Neapolitan countryside for two months, it seems to resemble Simon Denis’s painting. In the midst of a summer night, the lava river spread along the 'formidable mountain' to the hamlets, swiftly destroying the fields and peasants' houses. Awakened abruptly in the middle of the night by the deep sound described by Duke della Torre, the peasants rushed into the fields to save whatever they could, to pluck the fruits and grapes from the vines, while the impetuous river, with its sulfur and ammonia fumes, relentlessly advanced. Despite the indomitable force of nature and the tragic nature of that hot and stifling night, in the majestic presence of Mount Vesuvius, the true protagonist of the painting, Simon Denis manages to tell stories, to express the spirit of the era that pits the insignificance of man against the formidable power of nature. If one can divert their gaze from the sublime beauty of the volcano, we see the drama of the peasants. Different states of mind, different facets of experiencing such an event; from the resignation and exhaustion of the group on the left to the steadfast determination of the couple, using a ladder to harvest the fruits, and the restraint of the young boy discreetly placed away from the chaos, collected and praying at the foot of an altar that will soon be no more. In the background of these human miseries, the nature beautifully painted by Simon Denis serves as a backdrop, capturing the challenging play of light in a night illuminated by the faint glow of the full moon and the heat of the fire. Night and flame meet in the skillful transition of light from the column of smoke to the rising horizon as the lava flow approaches. Around 1800, Denis settled in Naples, succeeding Jakob Philipp Hackert (1737-1807) as the court painter. His compatriot, the writer Adriaan van des Willigen, recounts in his Journey from Paris to Naples and in the note he devotes to our painter in his Dictionary of Dutch Artists that in 1805, Simon Denis was working on a commission for Spain depicting the eruption of Mount Vesuvius in September 1804, portraying the lava flow invading the crops, which terrified peasants were trying to save at the risk of their lives. This painting is the one we have. We know of a preparatory painting for this work: Vesuvius in Eruption [fig.1], where we see Mount Vesuvius from the same vantage point as our painting, a location near Villa Angelica, the observatory used by William Douglas Hamilton (1731-1803) to write his Campi Phlegraeri between 1776 and 1779. « To paint with feeling » the plains of Latium to the Bay of Naples, from the gentleness of a sky after the rain to one plunged into the darkness of an ignited night, Simon Denis pursued the Sublime throughout his life. His work as a whole could be considered an ode to Nature, the absolute model of his inspirations. The concept of the Sublime, theorized in the 3rd century AD by Longinus, the first author to consider that the "sublime" was not just a rhetorical instrument of persuasion, was reexamined in the 18th century. It elicits in the experiencer a kind of “delightful terror”, in contrast to the sweetness felt in the presence of beauty. More than visual, it is an almost philosophical experience to which one is invited. In one of his notes, Simon Denis wrote, "One becomes very small and humble when one understands Nature" (Fondation Custodia, Frits Lugt Collection, Paris, inv. 2000-A.77.). This is what he illustrates, placing man face to face with his limits and his loss of control over a nature that he has been trying to tame for all time. In the staging of the futile efforts of these peasants, moved by despair, lacking foresight, the painter confronts man with his primal fears of death, suffering, and his impotence in avoiding them. Renewing both the tradition of vedute and classical landscapes, the chosen theme is also symptomatic of the scientific interest in the Age of Enlightenment in volcanoes, a natural phenomenon previously perceived through superstitions and popular beliefs. We thank Valentina Branchini, an expert on the artist, for confirming the authenticity of the work. Bibliography : Roeland van Eijnden & Adriaan van der Willigen, Geschiedenis des Vaderlansche Schilderkunst, Haarlem, E. A. Loosjes, 1816-20, pp. 315-318.
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Provenance

Commande espagnole

Literature

Roeland van Eijnden & Adriaan van der Willigen, Geschiedenis des Vaderlansche Schilderkunst, Haarlem, E. A. Loosjes, 1816-20, pp. 315-318.
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