Thomas Hope
Paire de guéridons néoclassiques inspirés du célèbre trépied antique en bronze du temple d'Isis à Pompéi, Angleterre, vers 1807
Bronze ciselé et patiné, marbre rosso antico, scagliola et marbre jaune de Sienne
H. 73,5 cm ; D. 53,5 cm
H. 29 in ; Diam. 21 in
H. 29 in ; Diam. 21 in
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Chaque guéridon est composé d'une large coupelle en marbre rosso antico, à fond plat et bordure moulurée, portée par un fût central balustre en scagliola imitant le marbre. Autour de...
Chaque guéridon est composé d'une large coupelle en marbre rosso antico, à fond plat et bordure moulurée, portée par un fût central balustre en scagliola imitant le marbre. Autour de celui-ci se développe un piètement tripode en bronze patiné, formé de trois sphinges ailées reposant sur des jarrets terminés par des griffes. Les supports sont ornés de masques d'hommes barbus, de palmettes, d'enroulements et de frises feuillagées. L'ensemble repose sur une base triangulaire à pans coupés en marbre jaune de Sienne.
À l'origine de cette composition se trouve un modèle antique particulièrement célèbre : le trépied provenant du temple d'Isis à Pompéi, découvert lors des fouilles menées au XVIIIe siècle et aujourd'hui conservé au Museo Archeologico Nazionale de Naples. Les découvertes d'Herculanum et de Pompéi, commencées à partir de 1738 et étroitement contrôlées par le roi de Naples, ne furent d'abord connues que grâce aux croquis rapidement exécutés par les rares visiteurs autorisés à accéder aux fouilles. Giovanni Battista Piranesi (1720–1778) contribua largement à la célébrité de ce trépied en le reproduisant dans la planche 44 du deuxième volume de ses Vasi, Candelabri, publié en 1778, l'année de sa mort. Dès 1764, le même objet avait déjà inspiré James Stuart pour un modèle de guéridon destiné à Spencer House. Devenu l'une des principales sources du vocabulaire néoclassique appliqué au mobilier, le trépied antique connut, du dernier tiers du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle, de nombreuses interprétations à travers toute l'Europe.
C'est directement de ce prototype que Thomas Hope tira le modèle de nos guéridons. Créé en Angleterre vers 1807, il apparaît dans un dessin intitulé Flat cup of rosso antico placed on a tripod of bronze, publié la même année dans son célèbre Household Furniture and Interior Decoration (pl. XI, fig. 5). Le dessin représente le guéridon installé sur un piédestal à ressauts en bois, enrichi d'ornements de bronze : des aigles entourés d'une guirlande de laurier enrubannée et des caducées placés aux angles. Hope conçut également une seconde variante de ce type de guéridon et un exemplaire de ce modèle, doté d'un piètement et d'une base en acajou ainsi que d'un plateau en marbre lumachella rossa, est aujourd'hui conservé dans une collection particulière. Il appartint à Henry Philip Hope (1774–1839), frère de Thomas, et se trouvait dans sa résidence londonienne de Seamore Place, aujourd'hui Seymour Place. Les créations en bronze de Hope comptent parmi les aspects les plus novateurs et expérimentaux de son œuvre. Pour leur exécution, il fit principalement appel au bronzier français Alexis Decaix, installé à Londres, dont la qualité d'exécution était comparable à celle des meilleurs ateliers parisiens de l'époque. Originaire de Picardie, où il naquit le 19 octobre 1734, Decaix obtint sa maîtrise de fondeur à Paris le 30 décembre 1778. Il s'établit à Londres au moment de la Révolution française ; son nom apparaît notamment sur une facture du 4 novembre 1791 adressée au prince de Galles, futur George IV. Il était alors installé au 15 Rupert Street et se présentait comme « bronze and ormolu manufacturer ». Entre 1799 et 1804, Decaix collabora étroitement avec la maison d'orfèvrerie Garrard, pour laquelle il livra de nombreux objets en bronze patiné et doré, parmi lesquels une paire de flambeaux ornés d'esclaves égyptiens et de caractères hiéroglyphiques correspondant à la figure 1 de la planche XIII du recueil de Hope.
Henry Philip Hope possédait plusieurs meubles exécutés d'après les dessins de son frère. Au moins deux guéridons du modèle précédemment évoqué furent ainsi inventoriés en 1874 à Somerley, dans le Hampshire, sous la description : « No. 821 round mahogany tables on Bronze legs. One removed to Central Lobby. Formerly in Seamore Place and the property of Mr. H. Hope ». Ils furent encore photographiés in situ à Somerley en 1958 pour illustrer un article de Hussey publié dans Country Life. Deux autres guéridons très proches se trouvaient alors dans la même demeure et provenaient probablement eux aussi de Seamore Place : l'un était décrit comme « Round Gilt Pedestal Inlaid table supported on 3 Griffins », le second comme « Rosewood Table with Gilt Ram's Heads ». Enfin, l'histoire ancienne de notre paire est documentée par une photographie prise dans les années 1930 par André Ocana, photographe à Bayonne, montrant les deux guéridons dans une propriété non identifiée du sud de la France.
À l'origine de cette composition se trouve un modèle antique particulièrement célèbre : le trépied provenant du temple d'Isis à Pompéi, découvert lors des fouilles menées au XVIIIe siècle et aujourd'hui conservé au Museo Archeologico Nazionale de Naples. Les découvertes d'Herculanum et de Pompéi, commencées à partir de 1738 et étroitement contrôlées par le roi de Naples, ne furent d'abord connues que grâce aux croquis rapidement exécutés par les rares visiteurs autorisés à accéder aux fouilles. Giovanni Battista Piranesi (1720–1778) contribua largement à la célébrité de ce trépied en le reproduisant dans la planche 44 du deuxième volume de ses Vasi, Candelabri, publié en 1778, l'année de sa mort. Dès 1764, le même objet avait déjà inspiré James Stuart pour un modèle de guéridon destiné à Spencer House. Devenu l'une des principales sources du vocabulaire néoclassique appliqué au mobilier, le trépied antique connut, du dernier tiers du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle, de nombreuses interprétations à travers toute l'Europe.
C'est directement de ce prototype que Thomas Hope tira le modèle de nos guéridons. Créé en Angleterre vers 1807, il apparaît dans un dessin intitulé Flat cup of rosso antico placed on a tripod of bronze, publié la même année dans son célèbre Household Furniture and Interior Decoration (pl. XI, fig. 5). Le dessin représente le guéridon installé sur un piédestal à ressauts en bois, enrichi d'ornements de bronze : des aigles entourés d'une guirlande de laurier enrubannée et des caducées placés aux angles. Hope conçut également une seconde variante de ce type de guéridon et un exemplaire de ce modèle, doté d'un piètement et d'une base en acajou ainsi que d'un plateau en marbre lumachella rossa, est aujourd'hui conservé dans une collection particulière. Il appartint à Henry Philip Hope (1774–1839), frère de Thomas, et se trouvait dans sa résidence londonienne de Seamore Place, aujourd'hui Seymour Place. Les créations en bronze de Hope comptent parmi les aspects les plus novateurs et expérimentaux de son œuvre. Pour leur exécution, il fit principalement appel au bronzier français Alexis Decaix, installé à Londres, dont la qualité d'exécution était comparable à celle des meilleurs ateliers parisiens de l'époque. Originaire de Picardie, où il naquit le 19 octobre 1734, Decaix obtint sa maîtrise de fondeur à Paris le 30 décembre 1778. Il s'établit à Londres au moment de la Révolution française ; son nom apparaît notamment sur une facture du 4 novembre 1791 adressée au prince de Galles, futur George IV. Il était alors installé au 15 Rupert Street et se présentait comme « bronze and ormolu manufacturer ». Entre 1799 et 1804, Decaix collabora étroitement avec la maison d'orfèvrerie Garrard, pour laquelle il livra de nombreux objets en bronze patiné et doré, parmi lesquels une paire de flambeaux ornés d'esclaves égyptiens et de caractères hiéroglyphiques correspondant à la figure 1 de la planche XIII du recueil de Hope.
Henry Philip Hope possédait plusieurs meubles exécutés d'après les dessins de son frère. Au moins deux guéridons du modèle précédemment évoqué furent ainsi inventoriés en 1874 à Somerley, dans le Hampshire, sous la description : « No. 821 round mahogany tables on Bronze legs. One removed to Central Lobby. Formerly in Seamore Place and the property of Mr. H. Hope ». Ils furent encore photographiés in situ à Somerley en 1958 pour illustrer un article de Hussey publié dans Country Life. Deux autres guéridons très proches se trouvaient alors dans la même demeure et provenaient probablement eux aussi de Seamore Place : l'un était décrit comme « Round Gilt Pedestal Inlaid table supported on 3 Griffins », le second comme « Rosewood Table with Gilt Ram's Heads ». Enfin, l'histoire ancienne de notre paire est documentée par une photographie prise dans les années 1930 par André Ocana, photographe à Bayonne, montrant les deux guéridons dans une propriété non identifiée du sud de la France.
