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Paris, époque Consulat, Guéridon à plateau de porphyre rouge, Époque Consulat (1799-1804)
Paris, époque Consulat, Guéridon à plateau de porphyre rouge, Époque Consulat (1799-1804)

Paris, époque Consulat

Guéridon à plateau de porphyre rouge, Époque Consulat (1799-1804)
Porphyre rouge, marbre jaune de Sienne, marbre rose, marbre vert antique, bronze doré et patiné, acajou (piètement)
H. 84 cm ; Diam. 69 cm
H. 33 1/8 in ; Diam. 27 1/8 in
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Ce guéridon repose sur une base hexagonale légèrement surélevée par une plinthe en acajou. Celle-ci présente une marqueterie de marbres polychromes d'inspiration néoclassique, ornée en son centre d'une étoile inscrite...
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Ce guéridon repose sur une base hexagonale légèrement surélevée par une plinthe en acajou. Celle-ci présente une marqueterie de marbres polychromes d'inspiration néoclassique, ornée en son centre d'une étoile inscrite dans un cercle de marbre vert antique, sur fond de marbre jaune de Sienne. Des motifs en marbre vert antique et en marbre jaune de Sienne rythment le pourtour de ce plateau à pans coupés, alternant avec des motifs de draperies retenues par des embrasses, empruntés au répertoire des passementeries alors très en vogue. L'ensemble se détache sur un fond de marbre rose. Le guéridon repose sur six pieds en bronze patiné et cannelé, couronnés de chapiteaux en forme de palmettes et terminés par des sabots en pattes de lion en bronze doré et ciselé. Ces pieds sont reliés horizontalement, dans leurs parties inférieure et supérieure, par des traverses rectilignes en bronze doré mat, associées à des entretoises en X en bronze patiné. Un plateau circulaire en porphyre rouge, soutenu par cette structure, est enchâssé dans une ceinture en bronze doré, sobrement soulignée de moulures.

Notre guéridon provient de la célèbre collection de Salomon Grumbach (Hattstatt, Haut-Rhin, 1884-1952), grand collectionneur et vice-président de la commission des Affaires étrangères de 1936 à 1940 (voir M. Prévost, Roman d'Amat et H. Tribout de Morembert, Dictionnaire de biographie française, vol. 16, Paris, 1985, p. 1378). Grumbach autorisa Guillaume Janneau à reproduire ce meuble dans son ouvrage consacré au style Directoire (voir bibliographie).

Notre guéridon constitue la version à piètement métallique d'un autre guéridon, de dimensions plus réduites (48,3 cm de diamètre), datant de la même époque et reposant sur des pieds en bois doré, dont le dessin est rigoureusement identique au nôtre. Ce dernier est aujourd'hui conservé dans les collections du musée des Arts décoratifs de Paris (reproduit dans Marie-Noëlle de Grandry, Le Mobilier français. Directoire / Consulat / Empire, Paris, 1996, p. 66 ; voir également Guillaume Janneau, Le Meuble léger en France, Paris, 1952, pl. 275). Ces deux guéridons constituent des créations distinctes, très certainement exécutées par un même artisan d'après un dessin commun. Le guéridon du musée des Arts décoratifs repose sur des pieds peints en noir imitant le métal. La forme de son plateau et celle de sa base, respectivement octogonale et circulaire, sont inversées par rapport à notre exemplaire. Son plateau est constitué d'une épaisse plaque de corsite, tandis que sa base, plaquée de citronnier et incrustée d'amarante, présente également un décor rayonnant inscrit dans un cercle, centré d'une rosace et accompagné d'ornements floraux.

Ces rares guéridons, réalisés à Paris sous le Consulat (1799-1804), illustrent parfaitement les propos publiés dans le Journal de la mode et du goût en août 1790 : « La liberté consolidée en France a ramené le goût antique et pur ». Renoncer à toute ornementation superflue et conjuguer élégance et sobriété des formes devint alors le leitmotiv des artisans parisiens les plus en vogue : « Honneur aux artistes distingués, qui animés de l'amour du Beau et guidés par l'étude de l'Antique, nous rendent d'un visage familier ces formes élégantes, ces contours sévères, ces belles proportions qu'on ne cesse d'admirer dans les ouvrages de l'Antiquité » (Tableau général du goût, des modes et costumes de Paris, Paris, 1797, tome I, p. 89).

Directement inspirés de ces petits guéridons appelés « athéniennes », eux-mêmes conçus d'après des modèles antiques en bronze découverts entre 1738 et 1765 lors des fouilles d'Herculanum et de Pompéi, les guéridons présentés ici traduisent une conception plus « masculine » de l'Antiquité. Leurs pieds rigoureusement rectilignes se substituent aux supports courbes, aux pattes animales, aux sphinges féminines ou encore aux cygnes qui caractérisaient les modèles antérieurs. Ils témoignent ainsi de l'aboutissement d'une conception du mobilier défendue par les puristes de la Première République, particulièrement actifs sous le Directoire (1795-1799) et le Consulat. Pour ces derniers, le rationalisme du répertoire antique, et plus particulièrement celui de la Rome républicaine, constituait une référence fondamentale. Ce nouveau vocabulaire formel connut son triomphe avec le Recueil de décorations intérieures de Percier et Fontaine, dont les premières planches gravées furent publiées à Paris en 1801. L'association particulièrement raffinée de somptueuses pierres dures polychromes, dont l'art avait connu un regain de faveur dès le règne de Louis XVI, et d'un piètement en bronze aux lignes sobres fait de notre guéridon l'une des plus remarquables interprétations du répertoire antique réalisées à Paris dans les premières années du XIXe siècle.
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Provenance

Ancienne collection Salomon Grumbach Collection particulière, New York, États-Unis

Literature

Guillaume Janneau, Le Style Directoire. Mobilier et Décoration, Paris, 1938, pl. 18, fig. 3.
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