Francesco Righetti
Bacchus et Ampélos, Rome, 1787
Bronze
H. 33,5 cm ; L. 12,5 cm
H. 13 1/4 in ; W. 4 7/8 in
H. 13 1/4 in ; W. 4 7/8 in
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Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le développement du Grand Tour favorisa à Rome l'essor d'un véritable marché des bronzes de réduction. Destinées à une clientèle internationale...
Au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le développement du Grand Tour favorisa à Rome l'essor d'un véritable marché des bronzes de réduction. Destinées à une clientèle internationale fortunée, ces œuvres reproduisaient, dans des dimensions adaptées au transport et aux intérieurs privés, les sculptures antiques les plus célèbres admirées dans les grandes collections de Rome et de Florence. Bien plus que de simples souvenirs de voyage, elles constituaient de véritables objets de luxe, recherchés pour la qualité de leur fonte, de leur ciselure et de leur patine. Les ateliers de Giovanni et Giacomo Zoffoli et de Francesco Righetti comptèrent parmi les principaux producteurs de ces réductions, particulièrement appréciées des voyageurs étrangers. Formé dans l'atelier de Luigi Valadier, Francesco Righetti ouvrit son propre atelier à Rome vers 1779 et acquit rapidement une réputation considérable grâce à la qualité de ses fontes et à sa capacité à transposer les modèles monumentaux dans des dimensions plus modestes tout en conservant la justesse de leurs proportions et la précision de leurs détails. Ses catalogues proposaient ainsi de nombreuses réductions d'après des sculptures célèbres conservées à Rome et à Florence.
Notre bronze, signé et daté 1787, appartient pleinement à cette production. Il reprend le célèbre groupe antique de Bacchus et Ampélos, aujourd'hui conservé à la Galleria degli Uffizi à Florence (IIe siècle apr. J.-C., marbre). Bacchus, reconnaissable à sa couronne de pampres et de raisins, enlace son jeune compagnon, qui se tient étroitement contre lui et porte un canthare. La proximité des deux corps, leurs regards croisés et le geste protecteur du dieu donnent à la composition une dimension particulièrement intime, qui traduit avec élégance la relation amoureuse unissant les deux personnages.
Ampélos occupe une place singulière dans la mythologie dionysiaque. Les sources antiques transmettent plusieurs versions de son histoire. Dans les Fastes d'Ovide, le jeune satyre, aimé de Bacchus, trouve la mort après une chute alors qu'il cueille des grappes de raisin, avant d'être placé parmi les astres. Nonnos de Panopolis développe plus longuement le récit dans les Dionysiaques. Ampélos y apparaît comme un jeune satyre d'une grande beauté dont Dionysos tombe éperdument amoureux. Après avoir été désarçonné et tué par un taureau, il est pleuré par le dieu, inconsolable devant la disparition de son compagnon. Les Moires lui accordent alors une nouvelle existence : son corps se métamorphose en vigne, ses doigts deviennent des vrilles et ses cheveux des grappes de raisin. De cette transformation naît le vin, qui deviendra l'attribut essentiel de Dionysos.
Le canthare tenu par Ampélos acquiert dès lors une valeur presque prophétique, annonçant le destin du jeune homme et sa future assimilation à la plante sacrée de Dionysos. La tendresse de leur étreinte donne en outre à la composition une tonalité profondément humaine, particulièrement sensible dans le contraste entre le corps adolescent d'Ampélos et la stature plus imposante du dieu.
Par la finesse de la fonte, le soin apporté au rendu des chevelures, de la musculature et des attributs, ainsi que par l'équilibre parfaitement conservé entre les deux figures malgré la réduction d'échelle, notre bronze illustre pleinement la maîtrise de Francesco Righetti. Il constitue un exemple particulièrement représentatif de ces objets raffinés produits à Rome pour une clientèle cosmopolite, dans lesquels la fascination pour l'Antiquité se conjugue au goût du XVIIIe siècle pour les œuvres précieuses, savantes et aisément transportables.
Francesco Righetti (1738-1819)
Righetti s'est formé auprès du célèbre orfèvre-sculpteur Luigi Valadier, auprès duquel il a acquis une maîtrise de la fonte et de la finition qui lui a permis de s'installer à son compte à Rome en 1779. Aujourd'hui, Righetti est surtout connu pour ses réductions en bronze d'après des modèles antiques, mais sa réputation précoce a été renforcée par une prestigieuse commande internationale pour un ensemble de 12 statues en plomb grandeur nature. Commandées en 1781 par le banquier anglo-néerlandais Henry Hope (1735-1811) pour Welgelegen, sa grande résidence située à la lisière de Haarlemmerhout, la forêt à l'extérieur de Haarlem, sept de ces grandes et impressionnantes statues sont aujourd'hui conservées dans le grand atrium du Rijksmuseum, à Amsterdam, et ont été récemment publiées par Frits Scholten. Righetti a conservé une réputation pour sa capacité à mouler à grande échelle et plus tard dans sa carrière, en 1808, Antonio Canova lui confie la fonte de son bronze monumental représentant Napoléon sous les traits de Mars le pacificateur (aujourd'hui dans la cour de la Pinacothèque de Brera, à Milan), puis de la statue équestre de Napoléon à Naples, qui, après 1815, a été modifiée pour représenter Charles III et se trouve toujours sur la Piazza del Plebiscito, à Naples, toujours d'après le modèle de Canova.
Notre bronze, signé et daté 1787, appartient pleinement à cette production. Il reprend le célèbre groupe antique de Bacchus et Ampélos, aujourd'hui conservé à la Galleria degli Uffizi à Florence (IIe siècle apr. J.-C., marbre). Bacchus, reconnaissable à sa couronne de pampres et de raisins, enlace son jeune compagnon, qui se tient étroitement contre lui et porte un canthare. La proximité des deux corps, leurs regards croisés et le geste protecteur du dieu donnent à la composition une dimension particulièrement intime, qui traduit avec élégance la relation amoureuse unissant les deux personnages.
Ampélos occupe une place singulière dans la mythologie dionysiaque. Les sources antiques transmettent plusieurs versions de son histoire. Dans les Fastes d'Ovide, le jeune satyre, aimé de Bacchus, trouve la mort après une chute alors qu'il cueille des grappes de raisin, avant d'être placé parmi les astres. Nonnos de Panopolis développe plus longuement le récit dans les Dionysiaques. Ampélos y apparaît comme un jeune satyre d'une grande beauté dont Dionysos tombe éperdument amoureux. Après avoir été désarçonné et tué par un taureau, il est pleuré par le dieu, inconsolable devant la disparition de son compagnon. Les Moires lui accordent alors une nouvelle existence : son corps se métamorphose en vigne, ses doigts deviennent des vrilles et ses cheveux des grappes de raisin. De cette transformation naît le vin, qui deviendra l'attribut essentiel de Dionysos.
Le canthare tenu par Ampélos acquiert dès lors une valeur presque prophétique, annonçant le destin du jeune homme et sa future assimilation à la plante sacrée de Dionysos. La tendresse de leur étreinte donne en outre à la composition une tonalité profondément humaine, particulièrement sensible dans le contraste entre le corps adolescent d'Ampélos et la stature plus imposante du dieu.
Par la finesse de la fonte, le soin apporté au rendu des chevelures, de la musculature et des attributs, ainsi que par l'équilibre parfaitement conservé entre les deux figures malgré la réduction d'échelle, notre bronze illustre pleinement la maîtrise de Francesco Righetti. Il constitue un exemple particulièrement représentatif de ces objets raffinés produits à Rome pour une clientèle cosmopolite, dans lesquels la fascination pour l'Antiquité se conjugue au goût du XVIIIe siècle pour les œuvres précieuses, savantes et aisément transportables.
Francesco Righetti (1738-1819)
Righetti s'est formé auprès du célèbre orfèvre-sculpteur Luigi Valadier, auprès duquel il a acquis une maîtrise de la fonte et de la finition qui lui a permis de s'installer à son compte à Rome en 1779. Aujourd'hui, Righetti est surtout connu pour ses réductions en bronze d'après des modèles antiques, mais sa réputation précoce a été renforcée par une prestigieuse commande internationale pour un ensemble de 12 statues en plomb grandeur nature. Commandées en 1781 par le banquier anglo-néerlandais Henry Hope (1735-1811) pour Welgelegen, sa grande résidence située à la lisière de Haarlemmerhout, la forêt à l'extérieur de Haarlem, sept de ces grandes et impressionnantes statues sont aujourd'hui conservées dans le grand atrium du Rijksmuseum, à Amsterdam, et ont été récemment publiées par Frits Scholten. Righetti a conservé une réputation pour sa capacité à mouler à grande échelle et plus tard dans sa carrière, en 1808, Antonio Canova lui confie la fonte de son bronze monumental représentant Napoléon sous les traits de Mars le pacificateur (aujourd'hui dans la cour de la Pinacothèque de Brera, à Milan), puis de la statue équestre de Napoléon à Naples, qui, après 1815, a été modifiée pour représenter Charles III et se trouve toujours sur la Piazza del Plebiscito, à Naples, toujours d'après le modèle de Canova.
