Christophe Veyrier
Enlèvement d'une Sabine, France, vers 1683-1688
Terre cuite en ronde bosse
H. 58,5 cm ; L. 29 cm ; P. 36 cm
H. 23 in ; W. 11 3/8 in ; D. 14 1/8 in
H. 23 in ; W. 11 3/8 in ; D. 14 1/8 in
Cette terre cuite représente un jeune guerrier emportant une femme qui tente de se dégager de son étreinte. La composition est construite autour de l'opposition entre les deux corps :...
Cette terre cuite représente un jeune guerrier emportant une femme qui tente de se dégager de son étreinte. La composition est construite autour de l'opposition entre les deux corps : à l'élan du ravisseur répond le mouvement de recul de la jeune femme, dont le buste se détourne tandis que les bras cherchent à repousser son assaillant.
La torsion des figures et l'imbrication de leurs membres donnent au groupe une forte tension, accentuée par le mouvement des draperies et des cheveux. Veyrier porte une attention particulière à certains détails, notamment à la cuirasse du guerrier, aux languettes de cuir qui retombent sur son bras, ainsi qu'à son casque orné d'un masque de lion. Le contraste entre le visage énergique et naturaliste du ravisseur et les traits plus idéalisés de la jeune femme contribue à la force expressive de la scène.
Le groupe appartient à la longue tradition des scènes d'enlèvement, particulièrement propices, dans la sculpture du XVIIe siècle, au développement de compositions associant deux corps dans un mouvement complexe. Parmi les épisodes les plus célèbres de cette tradition figure l'enlèvement des Sabines : selon le récit légendaire des origines de Rome, les premiers Romains, manquant de femmes, organisèrent des jeux auxquels ils convièrent les peuples voisins et enlevèrent les jeunes Sabines venues assister aux célébrations. Le sujet connut une importante fortune artistique et permit aux sculpteurs d'explorer la lutte et l'entrelacement des figures masculine et féminine.
La présente terre cuite a toutefois été interprétée plus précisément comme L'Enlèvement d'Hélène par Pâris (cf. Pierre Puget, L'Enlèvement d'Hélène par Pâris, 1683-1686, Detroit Institute of Arts). Cette identification permettrait de la rapprocher du groupe consacré au même sujet conçu par Pierre Puget et de replacer l'œuvre dans les recherches menées autour de son atelier. Elle s'inscrit également dans un ensemble de compositions de Veyrier consacrées à des figures étroitement enlacées ou opposées. Une autre terre cuite, L'Enlèvement des Sabines, aujourd'hui au musée Granet d'Aix-en-Provence, est ainsi attribuée au sculpteur. La conception de notre groupe peut également être rapprochée de la grande tradition baroque du rapt, dont le Pluton et Proserpine du Bernin constitue l'un des précédents majeurs. La datation proposée, vers 1683-1688, correspond aux dernières années de la brève carrière de Veyrier et à une période où celui-ci travaillait en étroite relation avec Puget. Il participa notamment à l'exécution du Persée délivrant Andromède, commencé en 1679 et achevé par Puget en 1684, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Les sources du musée précisent que Veyrier avait dégrossi le bloc de marbre.
État de conservation : petites craquelures sur le socle et un petit manque ; panache du casque complété, poignet gauche de l'homme et index gauche de la femme complétés ; gros orteil du pied gauche manquant. Le groupe a été peint en couleur bronze ; cette couche sombre, enlevée à une date inconnue, est encore visible en quelques endroits.
Christophe Veyrier (1637-1689)
Né à Trets en Provence en 1637, Christophe Veyrier fut l'un des principaux collaborateurs et élèves de Pierre Puget. Il travailla à Gênes durant les années 1660, auprès de son maître, puis séjourna à Rome entre 1670 et 1672, expérience qui contribua à enrichir sa formation provençale au contact de la sculpture italienne. De retour en Provence, il poursuivit sa collaboration avec Puget tout en développant une activité indépendante. Sa carrière, interrompue par sa mort à Toulon en 1689 à l'âge de cinquante et un ans, demeure étroitement associée au développement de la sculpture baroque en Provence dans la seconde moitié du XVIIe siècle.
La torsion des figures et l'imbrication de leurs membres donnent au groupe une forte tension, accentuée par le mouvement des draperies et des cheveux. Veyrier porte une attention particulière à certains détails, notamment à la cuirasse du guerrier, aux languettes de cuir qui retombent sur son bras, ainsi qu'à son casque orné d'un masque de lion. Le contraste entre le visage énergique et naturaliste du ravisseur et les traits plus idéalisés de la jeune femme contribue à la force expressive de la scène.
Le groupe appartient à la longue tradition des scènes d'enlèvement, particulièrement propices, dans la sculpture du XVIIe siècle, au développement de compositions associant deux corps dans un mouvement complexe. Parmi les épisodes les plus célèbres de cette tradition figure l'enlèvement des Sabines : selon le récit légendaire des origines de Rome, les premiers Romains, manquant de femmes, organisèrent des jeux auxquels ils convièrent les peuples voisins et enlevèrent les jeunes Sabines venues assister aux célébrations. Le sujet connut une importante fortune artistique et permit aux sculpteurs d'explorer la lutte et l'entrelacement des figures masculine et féminine.
La présente terre cuite a toutefois été interprétée plus précisément comme L'Enlèvement d'Hélène par Pâris (cf. Pierre Puget, L'Enlèvement d'Hélène par Pâris, 1683-1686, Detroit Institute of Arts). Cette identification permettrait de la rapprocher du groupe consacré au même sujet conçu par Pierre Puget et de replacer l'œuvre dans les recherches menées autour de son atelier. Elle s'inscrit également dans un ensemble de compositions de Veyrier consacrées à des figures étroitement enlacées ou opposées. Une autre terre cuite, L'Enlèvement des Sabines, aujourd'hui au musée Granet d'Aix-en-Provence, est ainsi attribuée au sculpteur. La conception de notre groupe peut également être rapprochée de la grande tradition baroque du rapt, dont le Pluton et Proserpine du Bernin constitue l'un des précédents majeurs. La datation proposée, vers 1683-1688, correspond aux dernières années de la brève carrière de Veyrier et à une période où celui-ci travaillait en étroite relation avec Puget. Il participa notamment à l'exécution du Persée délivrant Andromède, commencé en 1679 et achevé par Puget en 1684, aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Les sources du musée précisent que Veyrier avait dégrossi le bloc de marbre.
État de conservation : petites craquelures sur le socle et un petit manque ; panache du casque complété, poignet gauche de l'homme et index gauche de la femme complétés ; gros orteil du pied gauche manquant. Le groupe a été peint en couleur bronze ; cette couche sombre, enlevée à une date inconnue, est encore visible en quelques endroits.
Christophe Veyrier (1637-1689)
Né à Trets en Provence en 1637, Christophe Veyrier fut l'un des principaux collaborateurs et élèves de Pierre Puget. Il travailla à Gênes durant les années 1660, auprès de son maître, puis séjourna à Rome entre 1670 et 1672, expérience qui contribua à enrichir sa formation provençale au contact de la sculpture italienne. De retour en Provence, il poursuivit sa collaboration avec Puget tout en développant une activité indépendante. Sa carrière, interrompue par sa mort à Toulon en 1689 à l'âge de cinquante et un ans, demeure étroitement associée au développement de la sculpture baroque en Provence dans la seconde moitié du XVIIe siècle.
