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Bénigne Gagneraux, Satyre, bacchante et amour, circa 1784

Bénigne Gagneraux

Satyre, bacchante et amour, circa 1784
Plume et lavis d'encre
48 x 56 cm.
18 7/8 x 22 in.
Demande d'information
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Fig. 1. Bénigne Gagneraux. Autoportrait, Musée des Offices, Florence Né à Dijon, dans une famille modeste, rien ne le prédestinait à la carrière des Arts. Grâce à l’important mécénat artistique des princes de Condé, cousins du roi et gouverneurs de la Bourgogne, les apprentis-artistes dijonnais bénéficient depuis 1765 de l’implantation d’une école de dessin avec un enseignement d’une rare qualité. Le professeur François Desvoge (1732-1811) forme donc Gagneraux, mais aussi de futurs talents comme Jean-Claude Naigeon (1753-1832) Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823) ou François Rude (1784-1855). En 1774, Gagneraux fugue et parvient clandestinement à Rome mais la précarité extrême de sa situation le contraint à rentrer. Son professeur demande donc à l’administration de créer un Prix de Rome sur le même modèle que celui de Paris, permettant au lauréat de se rendre en voyage d’étude en Italie. Gagneraux est le premier lauréat de ce concours institué en 1776 et part la même année. A Rome, il fréquente avidement les chantiers archéologiques, les palais (Albani, Pamphilj, Borghese, Ottoboni, etc.) et les musées du Vatican. En 1783, la carrière de Gagneraux prend un véritable envol lorsque le roi de Suède Gustave III (1746-1792) visite son atelier, accompagné de sa suite, et lui passe commande de trois tableaux (Fig. 2). Cette commande marque le début d’une relation constante et soutenue avec la Suède et ses aristocrates mécènes. Gagneraux recevra même un brevet de « peintre d’histoire de sa Majesté le roi de Suède », en 1794. Fig. 2. Bénigne Gagneraux. Visite du roi Gustave III de Suède au Musée Pie-Clémentin, en compagnie du pape Pie VI, Galerie Nationale de Prague. En 1787, Gagneraux est sollicité pour le décor du Palais Borghese, que le prince Marc-Antoine IV (1730-1800) souhaite rénover à la mode néoclassique. Il jouit maintenant d’une solide réputation qui lui attire l’estime de tous les collectionneurs de passage à Rome. En 1793, les habitants de Rome forment des émeutes pour protester contre les événements révolutionnaires en France. Tout ce qui est français, jacobin ou non, est menacé. Gagneraux est contraint à quitter cette ville qu’il aime tant pour Florence. Il se suicide par défenestration en 1795, alors que de nombreux artistes français l’avaient encouragé à rejoindre Paris pour y poursuivre l’ascension de sa carrière. De nos jours, la grande majorité du corpus d’œuvres de Gagneraux est en collections publiques. Le Musée des Beaux-Arts de Dijon a bénéficié de nombreux legs des descendants de l’artiste (tableaux, dessins, carnets de croquis, calques, lettres) et présente donc un ensemble incomparable. Les musées suédois possèdent également de très beaux morceaux de l’artiste, notamment le château de Löfstad (Ostrogothie) qui en compte une dizaine. Bénigne Gagneraux a fait l’objet, en 1983, d’une rétrospective organisée par l’Académie de France à Rome et le Musée des Beaux-Arts de Dijon. Notre dessin est préparatoire pour le tableau du même sujet, conservé au Musée de Stockolm et anciennement dans la collection du sculpteur Sergel (Fig.3). B. Sandstrom en 1981, identifie ce tableau avec celui que Gagnereaux décrit ainsi dans son catalogue parmi les tableaux faits à Florence. (« Une bacchanale de deux figures, un enfant et deux chèvres »). Le tableau a été gravé en sens inverse par l’auteur et doit dater de 1792, avec de notables variantes. Nous connaissons un autre dessin à la plume et au bistre, provenant de la vente Amédée Constantin., 3 mars 1816, N°565. Premier exemple daté de toute une série de tableaux anacréontiques, cette gracieuse composition chante les douceurs de l’amour et du vin. Fig. 3. Bénigne Gagneraux. Satyre, bacchantes et amour, huile sur toile, 55 x 68cm, National Museum, Stockholm
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Fig. 1. Bénigne Gagneraux. Self-portrait, Florence, Uffizi Museum Born in Dijon, in a modest family, nothing predestined him for the career of the Arts. Thanks to the important artistic patronage of the princes of Conde, cousins ​​of the King and governors of Burgundy, apprentice artists from Dijon have benefited since 1765 from the establishment of a drawing school with a teaching of rare quality. Professor François Desvoge (1732-1811) thus formed Gagneraux, but also future talents like Jean-Claude Naigeon (1753-1832) Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823) or François Rude (1784-1855). In 1774, Gagneraux runs away and arrives clandestinely in Rome, but the extreme precariousness of his situation forces him to return. His teacher asks the administration to create a Prix de Rome on the same model as that of Paris, allowing the winner to go on a study trip to Italy. Gagneraux is the first laureate of this competition established in 1776 and leaves the same year. In Rome, he avidly frequents archaeological sites, palaces (Albani, Pamphilj, Borghese, Ottoboni, etc.) and the Vatican Museums. In 1783, Gagneraux's career took a real flight when the King of Sweden Gustav III (1746-1792) visited his studio, accompanied by his suite, and ordered three paintings (Fig. 2). This order marks the beginning of a constant and sustained relationship with Sweden and its patrician aristocrats. Gagneraux will even receive a certificate of "History Painter of His Majesty the King of Sweden" in 1794. Fig. 2. Bénigne Gagneraux. Visit of King Gustav III of Sweden to the Pie-Clementine Museum, accompanied by Pope Pius VI, National Gallery of Prague In 1787, Gagneraux was asked for the decor of the Borghese Palace, which Prince Marc-Antoine IV (1730-1800) wanted to renovate in neoclassical fashion. He now enjoys a solid reputation that attracts the esteem of all collectors passing through Rome. In 1793, the inhabitants of Rome form riots to protest revolutionary events in France. All that is French, Jacobin or not, is threatened. Gagneraux is forced to leave this city he loves so much for Florence. He committed suicide by defenestration in 1795, while many French artists had encouraged him to join Paris to continue the rise of his career. Today, the vast majority of Gagneraux's works are in public collections. The Museum of Fine Arts of Dijon has benefited from many legacies of the descendants of the artist (paintings, drawings, sketchbooks, layers, letters) and therefore has an incomparable set. Swedish museums also have some very fine pieces by the artist, including Löfstad Castle (Ostrogothie), which has a dozen. Benigne Gagneraux was the subject, in 1983, of a retrospective organized by the Academy of France in Rome and the Museum of Fine Arts of Dijon. Our drawing is preparatory for the painting of the same subject, preserved in the Museum of Stockolm and formerly in the collection of the sculptor Sergel (Fig.3). B. Sandstrom in 1981, identifies this painting with the one that Gagnereaux describes in his catalog among the paintings made in Florence. ("A bacchanal of two figures, a child and two goats"). The painting has been engraved in reverse by the author and must date from 1792, with notable variants. We know another drawing pen and bistre, from the sale Amedee Constantin, March 3, 1816, No. 565. First example dated from a whole series of anacreontic paintings, this graceful composition sings the sweets of love and wine. Fig. 3. Bénigne Gagneraux. Satyre, bacchante and love, oil on canvas, 55 x 68cm, National Museum, Stockholm
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Provenance

collection Carl Axel Armfelt 1925.

Literature

Sandstrom, Birgitta, Bégnigne Gagneraux 1756-1796. Education, inspiration, œuvre, Stocckholm, l’auteur 1981, p.208 : n°434b. Laveissière, Sylvain, Bégnigne Gagneraux (1756-1795). Un peintre bourguignon dans la rome Néo-classique, catalogue de l’exposition, Rome, gallerie Borghese 529 avril – 12 juin 1983), et dijon, Musée des Beaux-Arts (1er juillet – 26 septembre 1983). Roma, de Luca, 1983 (catalogue billingue, avec essais par B.Sandstrom, S.Staccioli, P.Hoffmann.)
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